La tentative d’assassinat du chef des Forces libanaises à Meerab continue de soulever de nombreuses interrogations. L’enquête est d’ailleurs encore en cours et il faut sans doute en attendre les résultats pour se prononcer. Mais entre-temps, la scène politique reste divisée sur la question.
Trois hypothèses sont généralement évoquées, selon les appartenances politiques.
Pour les partisans du 14 Mars et des FL en particulier, Samir Geagea a réellement été victime d’une tentative d’assassinat visant à l’éliminer de la scène politique, en raison de l’envergure régionale qu’il est en train d’acquérir. Ces partisans font même un parallèle entre la tentative ayant visé le chef des FL et l’assassinat de Bachir Gemayel en 1982.
Le facteur palestinien (qui interférait alors directement sur la scène locale) ayant été éliminé par l’invasion israélienne de 1982, ce dernier était devenu président du Liban et avait été reçu en Arabie saoudite, tout comme le leader sunnite de l’époque, Saëb Salam, qui avait choisi d’ouvrir une nouvelle page dans ses rapports avec lui, donnant ainsi le ton d’une nouvelle ère de rapprochement entre les Libanais et entre le Liban et certains pays arabes jusque-là assez hostiles au camp dit chrétien.
Bachir Gemayel a été ensuite assassiné, pour montrer, selon les partisans de cette thèse, que le camp chrétien ne doit pas établir des liens avec d’autres composantes de la région, ni sortir du cadre dans lequel les assassins et leurs commanditaires voulaient l’enfermer. Ce serait donc le même scénario qui se serait reproduit à Meerab, avec pour objectif d’éliminer « le nouveau leader chrétien » et de montrer à cette communauté qu’elle ne doit pas dépasser certaines limites. Samir Geagea était donc censé payer pour son ouverture en direction de l’Arabie saoudite et le Qatar, ainsi que pour son quasi-leadership du 14 Mars au sein duquel il semble de plus en plus jouer le rôle qu’avait Walid Joumblatt entre 2005 et 2008, en l’absence de Saad Hariri et du chef druze, bien sûr.
Cette thèse ne convainc pas les partisans du 8 Mars qui mettent en doute à la fois « le scénario de la tentative » et sa justification politique.
Tout en affirmant vouloir attendre les résultats de l’enquête, ils soulignent le fait qu’il n’y a pas eu de communiqué officiel sur l’opération avortée, alors que la version développée dans les médias montre quelques lacunes.
D’abord, le chef des Forces libanaises a un solide dispositif de sécurité, qui passe régulièrement la région de Meerab et de ses environs au peigne fin. De plus, l’arme qui a été utilisée (un fusil de franc-tireur professionnel) a 30 % de chances d’atteindre sa cible sur une distance d’un kilomètre.
Par conséquent, ceux qui veulent vraiment assassiner quelqu’un n’utilisent pas un procédé qui leur laisse une probabilité d’échec à 70 %. Ils préfèrent en général mettre toutes « les chances » de leur côté. De même, les douilles présentées au cours de la conférence de presse semblent cassées en deux. Or on voit mal comment des douilles tirées à partir du fusil peuvent se retrouver dans cet état. Il faut encore ajouter le fait que selon des témoins des tirs nourris ont été entendus au moment où les deux balles ont été tirées sur la cible, sans que nul ne les évoque.
Ceux qui mettent en doute la thèse de la tentative d’assassinat s’étonnent encore du fait que les douilles tirées aient été remises au chef des FL, alors qu’elles constituent des pièces à conviction, et se demandent aussi pourquoi les Forces libanaises ont mis quelques heures avant d’alerter les services de sécurité... Pour eux, il n’y aurait donc pas eu de tentative d’assassinat, mais un coup monté, destiné à resserrer les rangs autour du chef des Forces libanaises, assez coincé par son affrontement indirect avec le patriarche maronite Mgr Béchara Raï, qui serait en train de se retourner contre lui, puisqu’une grande partie de la rue chrétienne ne semble pas comprendre l’utilité d’attaquer autant le patriarche maronite et de le boycotter, à une période délicate pour l’avenir des chrétiens dans la région...
Il existe encore une troisième thèse, selon laquelle les tirs auraient bel et bien eu lieu, mais qu’il s’agirait d’un message à l’adresse du chef des Forces libanaises plutôt que d’une véritable tentative d’assassinat.
Les partisans de cette thèse estiment en effet que lorsqu’on veut vraiment tuer, on n’utilise pas un fusil de tireur d’élite à une distance d’un kilomètre, qui même s’il peut atteindre la cible accuse en général une déviation de la balle, rendant le moyen peu sûr. Ils ne mettent donc pas en question les faits, précisant aussi que s’il y a eu deux balles tirées à une minute d’intervalle, cela signifie qu’il y avait deux fusils et deux tireurs, et estimant ainsi que les commanditaires voulaient s’assurer que le message était bien parvenu à destination. Mais pour assassiner, ajoutent-ils, il aurait fallu avoir recours à d’autres moyens plus efficaces. Quant à l’interprétation du message, elle est laissée au chef des Forces libanaises, mais il se pourrait bien là aussi que certaines parties, locales ou autres, soient dérangées par le rôle qu’il est en train de jouer actuellement, et par celui qu’il aspirerait à jouer.
Les hypothèses sont donc nombreuses, les lectures politiques aussi. Mais il est certain que cette affaire a encore plus radicalisé les positions locales à un moment où les Libanais ont surtout besoin de s’entendre entre eux pour éviter les répercussions de la crise syrienne sur leur territoire. Sans parler du fait qu’ils ont beaucoup souffert des assassinats entre 2004 et 2006 et qu’ils n’ont aucune envie de revivre cette sombre période de leur histoire...
Trois hypothèses sont généralement évoquées, selon les appartenances politiques.
Pour les partisans du 14 Mars et des FL en particulier, Samir Geagea a réellement été victime d’une tentative d’assassinat visant à l’éliminer de la scène politique, en raison de l’envergure régionale qu’il est en train d’acquérir. Ces partisans font même un parallèle entre la tentative ayant visé le chef des FL et l’assassinat de Bachir Gemayel en 1982.
Le facteur palestinien (qui interférait alors directement sur la scène...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Mme Haddad. Combien d'options avez-vous retenues concernant l'assassinat de Mr Hariri ? Suicide? Femme jalouse ou Israël comme l'on exigé mrs Émile Lahoud et Hassan Nasrallah? Votre démonstration ne vaut pas mieux que le ridicule montage vidéo présenté par Mr Nasrallah à la télévision. Et qu'il a ensuite enterré car ses admirateurs lui ont dit que c'était un peu gros. Allons Mme Haddad, un peu plus d'imagination , pardieu !
15 h 53, le 12 avril 2012