Ce début d’article paru dans L’Orient-Le Jour du samedi 24 mars 2012 reflète exactement la polémique politique, culturelle, sociale (et incompréhensible pour nous) entre les responsables de ce pays.
Il est étonnant, voire étrange et douloureux, de constater que les différends portent aussi sur le patrimoine libanais, sur la culture et la richesse historique du Liban, comme cela aussi sur le livre d’histoire.
Il est malheureux que des voix s’élèvent, « pour » ou « contre », selon les circonstances et selon la direction du vent qui tourne soit en faveur, soit en défaveur de l’une ou l’autre partie en présence. Quand l’un était au pouvoir, l’autre le critiquait ; et quand l’autre est arrivé au pouvoir, le premier l’a contredit avec les mêmes arguments. Comment sortir de cet engrenage si nos responsables ne pensent qu’à leur poche, leur parti, le pouvoir, le « piston » et non au Liban ?
Où étiez-vous, messieurs, quand le centre-ville a été détruit et rasé, et ses vestiges enfouis à jamais pour construire des tours et un souk aux architectures modernes qui nous font oublier le centre-ville d’antan ? Vous qui clamaient votre patriotisme, avez-vous accusé un jour nos voisins de voler notre culture phénicienne de Tyr et de Baalbeck, ou Anjar ?
Si vous voulez agir en responsables, il est grand temps encore de le faire, de reléguer au second plan vos différends politiques et de penser à la survie de ce pays.
Un pays sans histoire est un pays sans culture et sans avenir.

