Dès 1951, des géophysiciens entreprennent d’ausculter le sous-sol de cette commune rurale jusqu’à 4 000 mètres de profondeur, persuadés que tout est réuni pour qu’y soit découvert un gisement de pétrole dans et autour du lac local.
Le plus grand champ pétrolifère français, qui est aujourd’hui exploité par la société canadienne Vermilion Energy, est découvert en 1954 : il s’agit d’un pétrole de très bonne qualité, fluide et ne nécessitant qu’un raffinage modéré.
Les réserves étant suffisamment importantes, le groupe Esso y érigera ses premiers derricks sur terre et sur le lac pour ce qui constitua le premier champ pétrolifère lacustre d’Europe.
« Pour la première fois on parlait de Parentis-en-Born au-delà des frontières. Avec l’apport de populations nouvelles et la redevance des mines, ce fut un grand coup pour le développement de la commune », explique le maire UMP Christian Ernandorena.
Les Parentissois étaient 2 200 en 1954, ils sont aujourd’hui plus de 5 400.
Esso produira jusqu’à 25 000 barils par jour d’un pétrole conduit par un pipe-line jusqu’à la raffinerie d’Ambès située près de Bordeaux, là où la Dordogne se jette dans la Garonne pour faire naître l’estuaire de la Gironde.
La production va cependant baisser progressivement, au point qu’au milieu des années 1970, seulement 10 000 barils/jour sortent du sous-sol landais, pour atteindre un volume de 2 000 barils/jour aujourd’hui.
Sur les 122 puits mis en exploitation depuis 1954, il en reste aujourd’hui 62, dont 22 à terre et 40 sur le lac, où les plates-formes ont remplacé les derricks d’origine.
Production au moins jusqu’en 2031
En 1997, Vermilion Energy reprend les rênes, rachète les actifs d’Esso en Aquitaine puis dans le reste de la France pour devenir le premier opérateur pétrolier du pays.
Vermilion, dont le siège Europe est implanté à Parentis-en-Born, comme le pôle géosciences du groupe, vient d’acquérir en janvier six actifs de production d’hydrocarbures en France, lui permettant d’atteindre les 11 500 barils/jour, dont 52 % en Île-de-France et 48 % en Aquitaine, soit 75 % du pétrole français, l’équivalent de 0,5 % de la consommation nationale.
Parentis-en-Born n’est pas le seul site aquitain du groupe puisqu’au total Vermilion y exploite une dizaine de concessions et bénéficie de quatre permis d’exploration.
Mis à part le pétrole issu du gisement de Vic Bihl dans le Béarn, le pétrole aquitain a la particularité d’être entièrement acheminé par 170 kilomètres de pipe-line jusqu’au dépôt d’Ambès qui a remplacé la raffinerie Esso.
Vermilion s’est fait une spécialité de reprendre les gisements dits « matures » grâce à une technologie innovante.
« Les nouvelles technologies permettent d’optimiser et de prolonger la vie des gisements anciens », indique Jean-Pascal Simard, le directeur des relations publiques de Vermilion pour l’Europe.
À Parentis-en-Born, grâce à ces évolutions techniques, depuis le début d’exploitation, 226 millions de barils ont été extraits sur les 580 que le gisement contient, soit un taux de récupération de 39 %.
« Aujourd’hui, on espère encore récupérer 11 millions de barils, ce qui nous permettra de poursuivre l’exploitation au-delà du terme de la concession actuelle en 2031 », précise Jean-Pascal Simard.
Parentis-en-Born restera encore longtemps le « Texas landais » et la commune vit à l’heure du pétrole, un musée y étant consacré à la prospection et à la production de l’or noir.
Vermilion s’est investi dans le partenariat culturel et sportif, notamment dans le club de rugby dont les joueurs portant maillot noir sont communément appelés les « pétroliers ».
(Source : Reuters)


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