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À La Une - Droits De L'homme

L'ONU demande une enquête au Liban après le suicide de Alem Dechasa

Plusieurs experts indépendants ont exprimé leur condamnation des violences physiques imposées à la domestique éthiopienne.

Une image prise de la vidéo diffusée par la LBC début mars, montrant l'agression de l'employée de maison Éthiopienne, à Beyrouth, devant le consulat éthiopien.

La rapporteur spéciale des Nations Unies sur les formes modernes d'esclavagisme, Gulnara Shahinian, a demandé instamment mardi au gouvernement du Liban de mener une enquête sur la mort d'Alem Dechasa, une domestique éthiopienne de 34 ans, qui s'est suicidée le 14 mars, quelques jours après avoir été battue en pleine rue de Beyrouth, devant le consulat d’Ethiopie. Alem Dechasa, 34 ans, s'était pendue avec un drap dans l’hôpital psychiatrique du couvent de la Croix, où elle avait été amenée par la police après l'incident devant le consulat.

 

L’agression de la jeune Ethiopienne avait été filmée par un vidéaste amateur et diffusée par la chaîne de télévision LBC. La vidéo qui montre la victime en train de crier et de se débattre face à un homme qui la tire dans une voiture en l'attrapant par les cheveux avait enflammé les réseaux sociaux et suscité de vives réactions de la part des Libanais ainsi que des Ethiopiens.

 

"Comme beaucoup de gens dans le monde, j'ai regardé la vidéo montrant les violences physiques imposées à Alem Dechasa dans une rue de Beyrouth", a déclaré Mme Shahinian. "Ces images cruelles sur internet me font penser aux nombreuses femmes migrantes que j'ai rencontrées au Liban lors de ma visite dans ce pays l'année dernière", ajoute-t-elle. "Des femmes qui ont été victimes d'esclavagisme domestique m'ont raconté être sous le contrôle absolu de leur employeur" et "souffrir d'abus physiques, psychologiques et sexuels".

 

A la fin de sa visite au Liban en octobre 2011, Mme Shahinian avait demandé au gouvernement libanais de légiférer en faveur de la protection des quelque 200.000 travailleurs domestiques que compte le Liban. "Les travailleurs migrants domestiques, dont la plupart sont des femmes, sont légalement invisibles", avait-elle déclaré lors de cette visite et "cela les rend particulièrement vulnérables".

 

D'autres experts indépendants de l'ONU pour les droits de l'Homme se sont joints à l'appel de Mme Shahinian et ont exprimé leur condamnation des violences physiques imposées à Alem Dechasa. Il s'agit de François Crépeau (migrants), Rashida Manjoo, (violences faites aux femmes), Juan E. Mendez (torture et traitement dégradants, cruels et inhumains), et Kamala Chandrakirana (Groupe de travail sur la discrimination faite aux femmes).

 

 

Pour mémoire:

 

Le drame d’Alem, employée de maison éthiopienne, qui n’a pas eu droit à une seconde chance

 

"Regardez ces barbares de Libanais !"


La rapporteur spéciale des Nations Unies sur les formes modernes d'esclavagisme, Gulnara Shahinian, a demandé instamment mardi au gouvernement du Liban de mener une enquête sur la mort d'Alem Dechasa, une domestique éthiopienne de 34 ans, qui s'est suicidée le 14 mars, quelques jours après avoir été battue en pleine rue de Beyrouth, devant le consulat d’Ethiopie. Alem Dechasa, 34 ans, s'était pendue avec un drap dans l’hôpital psychiatrique du couvent de la Croix, où elle avait été amenée par la police après l'incident devant le consulat.
 
L’agression de la jeune Ethiopienne avait été filmée par un vidéaste amateur et diffusée par la chaîne de télévision LBC. La vidéo qui montre la victime en train de crier et de se débattre face à un homme qui la tire dans une voiture en l'attrapant par les cheveux...
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