La fermeture de sites Internet et des restrictions imposées aux microblogs en Chine illustrent la nervosité grandissante du régime avant la relève prévue au sommet du pouvoir à la fin de l’année, une transition qui a lieu pour la première fois à l’ère des médias sociaux, soulignent les analystes.
La campagne de répression s’est par exemple manifestée samedi par la fermeture de 16 sites, l’arrestation de six personnes accusées de propager des rumeurs et l’impossibilité pour trois jours d’utiliser la fonction « commenter » sur Sina et Tencent, les deux principaux services de microblogging du pays. Selon l’autorité gouvernementale chargée de l’Internet citée par l’agence officielle Chine nouvelle, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées depuis le mois de février pour toutes sortes de crimes et délits liés à l’Internet, et plus de 3 000 sites ont été rappelés à l’ordre.
Un contrôle accru devrait donc rester en place au moins jusqu’au 18e congrès du Parti communiste chinois qui verra cet automne une nouvelle génération de dirigeants accéder au pouvoir, selon les analystes. « Ce soi-disant nettoyage de l’Internet montre que la Chine devient de plus en plus un État policier qui dépend de la violence exercée par les forces de l’ordre pour contrôler l’opinion publique », a déclaré Li Datong, chercheur pour le groupe de presse du Zhongguo Qingnian Bao (Quotidien de la jeunesse de Chine). Le gouvernement « a fermé tellement de sites Internet, arrêté tellement d’internautes et pris des mesures d’intimidation pour contrôler les rumeurs. Mais plus il fait cela, plus tout le monde va croire que les rumeurs sont fondées », selon M. Li, qui voit dans ces mesures « le précurseur d’une crise encore plus importante ».
Plus encore, ces rappels à l’ordre font suite au limogeage le mois dernier de Bo Xilai, l’un des dirigeants chinois les plus en vue. Parmi les rumeurs circulant sur la Toile, l’une des plus explosives rapportait un coup d’État fomenté par Zhou Yongkang, le plus haut responsable de la sécurité du pays, suite au limogeage de M. Bo.
En fin de compte, l’éviction de ce dernier a exposé au grand jour des divisions internes à l’intérieur du parti, qui depuis le mouvement pour la démocratie de la place Tiananmen en 1989 tient absolument à présenter l’image d’un bloc monolithique. Le contrôle de l’Internet « aidera à augmenter la crédibilité et la cohésion (...) spécialement durant cette période sensible alors que se propagent des rumeurs, des bruits, la cacophonie », selon un commentaire publié hier par le Quotidien du Peuple, l’organe du Comité central. Ce texte est le quatrième en quatre jours à appeler l’ensemble des médias du pays à « unifier » l’opinion publique et à créer une « atmosphère propice » pour la transition politique à venir, tout en punissant ceux qui se rendent coupables de « mensonges et de spéculations ».
« Les autorités sont vraiment inquiètes », affirme David Bandurski, responsable du China Media Project à l’université de Hong Kong. « Elles disent aux gens de faire attention à leurs propos et soulignent qu’elles ne plaisantent pas avec le contrôle des médias et de l’opinion publique. » Car pour contrôler la Toile, la Chine bloque déjà des sites internationaux comme Facebook, Twitter ou YouTube. Mais malgré ces barrières, le passage de témoin à une nouvelle génération de dirigeants cet automne a lieu pour la première fois alors que l’Internet est devenu le lieu où s’exprime une opinion publique en Chine, notamment à travers plus de 300 millions de comptes de microblogs ouverts dans le pays.
« Je ne comprends pas vraiment pourquoi les rumeurs vous empêchent de dormir et vous coupent l’appétit. Résolvez les problèmes quotidiens des gens et ils vous soutiendront », affirme un microblog adressé aux dirigeants hier sur Sina Weibo. Mais Li Datong en est persuadé : les dirigeants « vont rester obsédés par la stabilité jusqu’au 18e congrès du parti ».
La campagne de répression s’est par exemple manifestée samedi par la fermeture de 16 sites, l’arrestation de six personnes accusées de propager des rumeurs et l’impossibilité pour trois jours d’utiliser la fonction « commenter » sur Sina et Tencent, les deux principaux services de microblogging du pays. Selon l’autorité gouvernementale chargée de l’Internet citée par l’agence officielle Chine nouvelle, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées depuis le mois de février pour toutes sortes de crimes et...

