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Liban - La Situation

Électricité, suite sans fin ...avant la pause des fêtes

La controverse sur l’équipement du pays en électricité, en principe à partir d’une source provisoire, à savoir des centrales flottantes, qui seront acheminées vers les côtes du Liban pour deux ou trois ans, et la construction, entre-temps, d’une nouvelle centrale terrestre restent au centre de l’actualité politique.
Une réunion est prévue aujourd’hui entre le chef du gouvernement et trois des ministres concernés, Gebran Bassil (Énergie), Mohammad Safadi (Finances) et Nazem Khoury (Environnement), pour débattre de la question. M. Mikati exige une réduction du tarif de l’unité d’énergie et menace de relancer l’appel d’offres, si les propositions actuelles ne sont pas dans l’intérêt du Trésor. Pour sa part, M. Khoury veut s’assurer que les usines flottantes ne nuiront pas à l’environnement.
La réunion d’aujourd’hui déterminera, d’une certaine manière, l’ordre du jour du Conseil des ministres qui se tiendra demain mardi au Sérail. Le reste de la semaine sera marqué par la pause attendue de la semaine sainte.
En fait, la controverse technique sur l’électricité cache mal la crise politique qui fait rage. Ainsi, selon un journal local, Nagib Mikati aurait protesté en privé contre des commissions présumées de 26 millions de dollars que les deux sociétés d’affrètement des centrales flottantes verseront à certains cercles politiques décideurs. Sous-entendre, Gebran Bassil.
Invité d’une station de télévision locale, ce dernier a mis en doute l’origine et l’exactitude de ces rumeurs, affirmant que « certains politiciens ont fait du mensonge un métier ». Il a rappelé que, lors d’une intervention publique, le Premier ministre a témoigné de sa compétence et précisé qu’il lui faisait confiance.
Mais M. Bassil a reproché à M. Mikati de ne pas avoir formellement démenti les propos qui lui ont été attribués. Il a donc, à son tour, accusé le Premier ministre de s’être départi de sa neutralité et de faire le jeu du 14 Mars.
« Fouad Siniora dispose toujours de tentacules au Sérail, et les ordres du jour du Conseil des ministres lui parviennent avant qu’ils ne nous soient communiqués », a-t-il laissé entendre. Il faut dire que l’ancien Premier ministre n’a pas ménagé hier ses critiques contre le CPL.
M. Bassil a également protesté contre la manière dont la construction d’une usine de production a été avancée comme une alternative aux centrales flottantes, pour faire croire que c’est le Premier ministre qui défend les intérêts du Trésor. Ces deux mesures sont indispensables et je suis le premier à l’avoir dit, a-t-il affirmé.

Le facteur temps
On sait que les deux compagnies à qui la production d’électricité adjuvante pourrait aller sont Waller Marine, une compagnie basée à Houston, et la société turque Karadeniz. Selon le ministre, l’énergie électrique produite par ces centrales coûtera 21 cents le kilowatt/heure à l’État, alors qu’en comparaison, l’électricité acheminée de Syrie coûte au Trésor, en moyenne, 25 cents.
Il a quand même averti qu’il est impossible de comprimer le tarif au-delà d’une certaine mesure, et que le Liban risque, en cherchant moins cher, de tomber sur des compagnies mal rodées dont les services risquent d’être aléatoires. Et, surtout, de retarder cette échéance, au risque de nuire à la saison touristique d’été.
Mais ce n’est pas sur le plan technique, mais sur le plan politique que le réquisitoire de M. Bassil s’est concentré. Le ministre a ainsi dénoncé un climat politique malsain, marqué par une rivalité acharnée, dans laquelle tout est mis en œuvre pour mettre des bâtons dans les roues au Courant patriotique libre, retarder ou compromettre ses projets, dans la perspective des prochaines législatives.
Le facteur temps, a conclu M. Bassil, joue un rôle essentiel dans la productivité du gouvernement.

Crises réglées... provisoirement
Par ailleurs, deux des crises sociales qui ont éclaté la semaine dernière sont en voie de résolution. Les employés et ouvriers de l’EDL ont publié samedi un communiqué annonçant la fin de leur mouvement de grève et la reprise du travail à tous les échelons, y compris à celui de la réparation des pannes qui se sont produites durant le débrayage. Leur syndicat a publié un communiqué remerciant les ministres de l’Énergie et des Finances d’avoir pris les initiatives nécessaires pour que les crédits nécessaires au paiement de leurs salaires soient débloqués. On en est donc là !
On sait par ailleurs que les syndicats des sociétés importatrices de combustibles, de propriétaires de stations d’essence et de camions-citernes ont également décidé de surseoir à leur grève de trois jours. Leurs représentants se réuniront aujourd’hui avec le ministre de l’Énergie pour examiner leurs revendications. Celles-ci se résument en la répartition d’un montant supplémentaire de 820 livres, par bidon d’essence, entre eux, pour amortir les effets de la récente majoration des salaires.
Pour sa part, M. Bassil met comme condition à la satisfaction de ces revendications le fait qu’aucune part du réajustement des bénéfices ne se répercute sur le consommateur.
 

 

F. N.

La controverse sur l’équipement du pays en électricité, en principe à partir d’une source provisoire, à savoir des centrales flottantes, qui seront acheminées vers les côtes du Liban pour deux ou trois ans, et la construction, entre-temps, d’une nouvelle centrale terrestre restent au centre de l’actualité politique. Une réunion est prévue aujourd’hui entre le chef du gouvernement et trois des ministres concernés, Gebran Bassil (Énergie), Mohammad Safadi (Finances) et Nazem Khoury (Environnement), pour débattre de la question. M. Mikati exige une réduction du tarif de l’unité d’énergie et menace de relancer l’appel d’offres, si les propositions actuelles ne sont pas dans l’intérêt du Trésor. Pour sa part, M. Khoury veut s’assurer que les usines flottantes ne nuiront pas à l’environnement.La...
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