Rechercher
Rechercher

À La Une - Crise

L’opposition syrienne se dit trahie par les Arabes

Annan demande à l’armée syrienne de cesser le feu en premier ; Damas s’acharne contre les rebelles ; au moins 55 morts.

« La conférence des Amis de la Syrie sera-t-elle un poisson d’avril ? » peut-on lire sur cette pancarte brandie à Dael.Ugarit News / Facebook

Le régime syrien a intensifié hier ses opérations militaires contre les villes rebelles malgré sa promesse de faire réussir la dernière mission de paix, suscitant l’impatience de l’émissaire international Kofi Annan qui a demandé un cessez-le-feu. « La date butoir, c’est maintenant », a ainsi déclaré le diplomate ghanéen par l’intermédiaire de son porte-parole à Genève, Ahmad Fawzi. « Nous attendons de lui qu’il mette en œuvre immédiatement ce plan. ». Le porte-parole du médiateur de l’Onu et de la Ligue arabe a levé les ambiguïtés sur la proposition de trêve en précisant qu’il incombait à l’armée syrienne d’agir la première en retirant ses blindés, son artillerie lourde et ses soldats des villes. Le plan Annan « demande spécifiquement au gouvernement de retirer ses troupes et de ne plus recourir aux armes lourdes dans les zones habitées », a insisté Ahmad Fawzi, ajoutant : « Ce qui veut dire très clairement que le gouvernement doit le premier s’arrêter, puis débattre d’une cessation des hostilités avec l’autre camp et le médiateur. » Rappelons que le président Bachar el-Assad avait posé comme condition à la réussite du plan Annan l’arrêt des violences commises selon lui par des « terroristes », soutenus par des pays de la région, allusion au Qatar et à l’Arabie saoudite, accusés par Damas de financer et d’armer l’opposition.
Parallèlement, les Nations unies envisagent de déployer une mission d’observateurs forte de 250 hommes pour surveiller un éventuel cessez-le-feu, ont indiqué des diplomates.
À Washington, les responsables n’ont pas caché leurs doutes concernant les intentions du régime syrien. « Nous n’avons encore absolument rien vu sur le terrain qui prouve que (la Syrie) répond aux appels demandant à ce que l’artillerie et les armes lourdes soient remisées dans les casernes et qu’un cessez-le-feu soit mis en place pour permettre à l’aide humanitaire d’être acheminée », a indiqué le département d’État. Washington a en outre annoncé des sanctions contre le ministre de la Défense et deux hauts gradés, après avoir estimé que l’armée n’avait rien fait pour se conformer au plan de sortie de crise.
Le Canada pour sa part a annoncé un renforcement des sanctions contre la Syrie visant, une semaine après l’Union européenne, l’épouse, la mère, la sœur et la belle-sœur du président Bachar el-Assad.
Lors d’une interview à la télévision officielle iranienne, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a de son côté affirmé que « le Baas ne peut pas satisfaire les revendications du peuple syrien », estimant que « le régime syrien doit obéir à la volonté de son peuple et à ses exigences démocratiques ». M. Assad n’est pas sincère, « parce que s’il l’était il aurait accepté le verdict des urnes. Pourquoi a-t-il peur d’élections libres ? » s’est-il interrogé, assurant que « le temps du parti unique était révolu ».

« Les musulmans et les Arabes nous ont lâchés... »
En dépit de ces appels internationaux et face à la poursuite de la répression, des milliers de Syriens à travers le pays ont dénoncé lors des manifestations hebdomadaires hier l’inaction et le « lâchage » des Arabes, au lendemain d’un sommet à Bagdad. « Arabes, cessez de nous ignorer, le peuple syrien veut vivre en paix », « Le lâchage des Arabes et le silence des musulmans sont les choses les plus difficiles auxquelles font face les Syriens », était-il écrit sur les pancartes brandies dans plusieurs provinces du pays. « Les musulmans et les Arabes nous ont lâchés (...) mais Dieu est avec nous (...) et notre détermination nous apportera la victoire », lit-on sur la page The Syrian Revolution 2011 qui a appelé à manifester. Les manifestations se sont déroulées notamment à Damas et en banlieue, à Alep, Deir ez-Zor, Idleb, Hama, Deraa, Rastan, Derbasiyeh, Kfar Soussa, Lattaquié, Harasta, Baraza, Homs, Qastoun, Zamalka, al-Ghantous, al-Dar al-Kabeeneh, Teir Maaleh, Kernaz, Maarat an-Naaman, Kfar Nobol, Kafrouma, Basqla, Kafr Oeuid, Kafrmous, Mazzeh, Darayaya, Douma, Binnich, Artouz et Yabroud.
Le sommet arabe de Bagdad a évité jeudi d’appeler M. Assad au départ et d’apporter son soutien à l’armement des rebelles, comme le réclament l’Arabie saoudite et le Qatar, qui ont finalement boudé la rencontre en n’y envoyant que des responsables de second rang.
Dans le même temps, des centaines de Syriens se sont réunis dans le centre de Damas à l’occasion de la Journée de la terre, scandant des slogans de soutien au président syrien.

L’acharnement
Malgré la mobilisation internationale, l’armée syrienne a continué de bombarder plusieurs quartiers de la ville de Homs où sont encore retranchés des rebelles, et intensifiait ses assauts dans la province d’Idleb en incendiant des maisons, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Au moins 55 personnes, en majorité des civils, ont ainsi été tuées dans les violences, selon la chaîne satellitaire al-Arabiya.
Au moins 15 obus de mortier se sont abattus sur les quartiers Bab Tadmor, Boustane al-Diwane, Hamidiyé et Safsafé à Homs. Les forces gouvernementales ont également mené des perquisitions et des arrestations dans le quartier al-Waar. Dans un message adressé aux rebelles, des véhicules de sécurité ont appelé à travers des haut-parleurs « ceux qui ont été leurrés à remettre leurs armes », avec la promesse de les libérer « immédiatement ».
Les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain, ont lancé de leur côté un appel aux organisations arabes et internationales pour aider au retrait des « nombreux cadavres » gisant encore dans les rues de Homs. « Arabes, où êtes-vous, venez voir ça », a affirmé un militant dans une vidéo montrant des hommes retirant à la va-vite un corps enseveli sous les décombres dans le quartier de Bab Dreib alors que des tirs nourris retentissaient. « En raison des snipers, personne n’ose retirer les corps », a commenté un autre militant filmant un corps gisant près d’une voiture portant les marques de balles à Bab Houd. Dans le quartier de Khaldiyé, un civil a été abattu par un sniper, et en province, deux autres ont été tués par des tirs contre leur voiture, selon l’OSDH.
Parallèlement, dans la province d’Idleb, l’armée a lancé une opération à Jarjanaz, près de la ville de Maarat an-Naaman, procédant à des perquisitions et incendiant quatre maisons, a ajouté l’ONG. Noureddine al-Abdo, un militant à Idleb, a affirmé que « l’hôpital de campagne et le centre de presse des militants ont été bombardés. Plus de 20 roquettes se sont abattues sur Deir Senbol », en province.
Près de Damas, à Erbine, un soldat a été tué dans une attaque contre un barrage militaire et dans la capitale, dans le quartier de Barzé, les services de sécurité ont mené des perquisitions dans les immeubles proches d’une place où sont organisées chaque vendredi des manifestations. De violents combats se déroulaient par ailleurs dans les provinces de Hama et Deir ez-Zor où un civil a péri et un bâtiment appartenant à l’État a explosé, selon les LCC. Des combats ont en outre eu lieu entre les forces loyalistes et l’Armée syrienne libre à Hama.
Enfin, les forces de sécurité et les chabbiha ont mené une grande campagne de perquisition dans le quartier Qaboun à Damas.
(Sources : agences et rédaction)
Le régime syrien a intensifié hier ses opérations militaires contre les villes rebelles malgré sa promesse de faire réussir la dernière mission de paix, suscitant l’impatience de l’émissaire international Kofi Annan qui a demandé un cessez-le-feu. « La date butoir, c’est maintenant », a ainsi déclaré le diplomate ghanéen par l’intermédiaire de son porte-parole à Genève, Ahmad Fawzi. « Nous attendons de lui qu’il mette en œuvre immédiatement ce plan. ». Le porte-parole du médiateur de l’Onu et de la Ligue arabe a levé les ambiguïtés sur la proposition de trêve en précisant qu’il incombait à l’armée syrienne d’agir la première en retirant ses blindés, son artillerie lourde et ses soldats des villes. Le plan Annan « demande spécifiquement au gouvernement de retirer ses troupes et de ne...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut