La production de pain atteint trois mille tonnes par jour, alors que normalement elle était de 2 142 tonnes, indique un responsable cité par l’agence SANA.Louaï Beshara/AFP
« Le coût de la vie m’empêche d’acheter fruits et légumes. Nous nous nourrissons uniquement de céréales et de pain » : avec l’envolée des prix depuis le début de la contestation il y a un an, le pain est devenu une denrée essentielle pour Khalil comme pour tous les Syriens, qui peinent à se la procurer. « Le pain est devenu un élément principal dans nos repas à cause de la hausse prodigieuse des autres denrées alimentaires », explique Oum Jihad. « Nous avons remplacé le riz, dont le prix a doublé, par le pain », se plaint cette mère de famille sexagénaire.
Le taux d’inflation a atteint 15 % entre juin et décembre 2011 en Syrie, selon le Bureau central des statistiques. Les autorités attribuent la hausse des prix aux sanctions économiques imposées par les États-Unis, l’Union européenne et certains pays arabes.
Oum Jihad compte les acheteurs dans la longue file d’attente devant une boulangerie du quartier historique de Roukneddine à Damas. « Il faut attendre longtemps notre tour. J’alterne avec mon mari. Il se met en rang dans la file consacrée aux hommes et celui dont le tour arrive en premier achète le pain. » Devant une autre boulangerie à Baramké, un quartier populaire de la capitale, des dizaines de personnes attendent également leur tour, l’air exaspéré. « L’affluence est au comble le matin, tôt, avant que les gens ne partent au travail, et les veilles du week-end », explique Ibrahim.
« La production atteint trois mille tonnes par jour, alors que nous produisions normalement 2 142 tonnes », indique le directeur général de la Compagnie publique des boulangeries électriques, Osmane Hamed, cité par l’agence SANA. Pour Chamseddine al-Khatib, boulanger à Deraa, le pays traverse « une crise générale du pain ». Il l’attribue à la hausse des prix des matières premières, la farine ayant augmenté de 200 %, et à l’absence de main-d’œuvre, les ouvriers ayant des difficultés pour circuler d’une région à l’autre en raison de la multiplication des barrages de contrôle. Les plus fortunés n’hésitent pas à acheter du pain plus cher, appelé pain touristique, pour éviter les files d’attente qui peuvent durer « une à deux heures », indique le boulanger. Un kilo et demi de pain traditionnel coûte 15 livres syriennes, alors que le pain touristique est vendu à 35 livres.
L’agence de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a exprimé récemment son inquiétude concernant la sécurité alimentaire de 1,4 million de Syriens.
(Source : AFP)
Le taux d’inflation a atteint 15 % entre juin et décembre 2011 en Syrie, selon le Bureau central des statistiques. Les autorités attribuent la hausse des prix aux sanctions économiques imposées par les États-Unis, l’Union européenne et...

