Cheikh Assir, religieux sunnite fondamentaliste libanais. Ali Hashisho/Reuters
Les ambassadeurs des États de l’Union européenne ont rendu visite dernièrement au chef du bloc du Futur, Fouad Siniora, pour écouter son point de vue sur les développements en Syrie et leurs répercussions sur la scène libanaise.
La discussion a porté essentiellement sur la montée des mouvements fondamentalistes islamiques. L’un des ambassadeurs a saisi l’occasion pour s’enquérir auprès de l’ancien Premier ministre du phénomène représenté par le cheikh Ahmad el-Assir, dont la notoriété a grimpé d’un coup lorsqu’il a quitté récemment la mosquée des environs de Saïda où il prêche depuis quelque temps pour venir manifester à Beyrouth, place des Martyrs, avec ses partisans, contre le régime syrien.
Le diplomate cherchait notamment à savoir si le mouvement du cheikh Assir pouvait à terme prendre la relève du courant du Futur dans la rue sunnite, le dignitaire se présentant d’ores et déjà comme une instance sunnite et effectuant des tournées dans les diverses régions du pays à l’heure où le chef du courant du Futur, lui, est absent.
L’inquiétude occidentale à l’égard du phénomène Assir est manifeste, d’autant qu’on considère qu’un tel phénomène n’est possible que s’il existe un soutien extérieur.
M. Siniora a cherché pour sa part à minimiser l’ampleur du phénomène tout en soulignant que le courant du Futur est la cible principale des mouvements fondamentalistes et qu’il est nécessaire de combattre ces derniers.
De fait, on sait que le discours prononcé par le cheikh Assir, place des Martyrs, particulièrement modéré notamment à l’égard des chrétiens, ne ressemble pas à ses prêches antérieurs à Saïda, dans lesquels il se posait en champion d’un islam rigoureux et triomphant sur le plan politique. En outre, ses partisans reconnaissent en lui un phénomène sunnite apparu suite au repli relatif du courant du Futur.
Cependant, de sources sidoniennes influentes, on estime que le phénomène Assir ne représente qu’une « bulle de savon » qui éclatera lorsqu’on n’en aura plus besoin. Mais d’aucuns pensent que des parties régionales, qui le financent, souhaitent l’utiliser contre le Hezbollah et, en quelque sorte, faire de lui un « Hassan Nasrallah sunnite ». D’autres encore, tout en accréditant ce dernier point de vue, craignent que le protégé ne se retourne un jour contre son protecteur, à la manière de Ben Laden avec les États-Unis.
Toujours est-il que l’un des ambassadeurs présents chez M. Siniora est sorti rassuré de l’entrevue et semble donc croire à la théorie selon laquelle le cheikh Assir ne représente qu’un phénomène passager.
Pour mémoire
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on prend pas garde, et il arrive ce qui c'est passer à Toulouse. Et en plus avec des gens qui supportent le criminel, crée un FB, des manifestations de soutient, et une femme voilée qui arrache une affiche pour une manifestation de soutient aux victimes
15 h 11, le 28 mars 2012