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Moyen Orient et Monde - Syrie

Annan reçoit l’appui de la Chine pour son plan

Pour Medvedev, le départ d’Assad est une idée « à courte vue » ; au moins 28 morts hier.

Alors que le président Bachar el-Assad s’est rendu à Baba Amr, Homs continuait d’être pilonnée par l’armée. Abu al-Zain al-Homsi/Shaam News Network/Reuters

Damas a dit accepter le plan de sortie de crise de l’émissaire international Kofi Annan, qui a reçu hier l’appui de Pékin. « Le gouvernement syrien a écrit à l’envoyé spécial conjoint Kofi Annan pour accepter son plan en six points », a précisé le porte-parole de M. Annan, Ahmad Fawzi. M. Annan, selon lui, considère cette décision comme une « étape initiale importante » pour mettre fin aux violences qui ont fait, selon l’OSDH, près de 10 000 morts en plus d’un an, et selon l’ONU, plus de 9 000 morts.
Les États-Unis ont salué ce « pas important » tout en appelant le régime syrien à « faire taire les canons » sans attendre. La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a en outre exhorté le président syrien à se conformer au plan Annan avec « des actions immédiates ». Les pays occidentaux du Conseil de sécurité de l’ONU ont de leur côté accueilli l’annonce avec prudence. « La Syrie a déjà eu par le passé des problèmes de crédibilité », a ainsi souligné l’ambassadeur allemand à l’ONU Peter Wittig.
La réponse du régime est intervenue alors que l’ancien secrétaire général de l’ONU demandait à la Chine « de l’aide et du soutien ». Le chef du gouvernement chinois Wen Jiabao a estimé que la déclaration de l’ONU appelant à la fin des violences, votée par Moscou et Pékin, reflétait « le niveau élevé d’inquiétude et l’important consensus auquel est parvenue la communauté internationale sur la question syrienne ». « Le gouvernement chinois soutient vos efforts de médiation en tant qu’envoyé spécial », a confirmé M. Wen à l’émissaire des Nations unies, qui a rencontré plus tôt un vice-ministre chinois des Affaires étrangères.
La veille, M. Annan avait déjà reçu le soutien de Moscou. Le départ du président Bachar el-Assad est une idée « à courte vue » qui ne réglerait pas la crise, a néanmoins affirmé hier le président russe, Dmitri Medvedev, ajoutant que « je voudrais que le devenir de la Syrie soit décidé par le peuple syrien et non par les respectables dirigeants d’autres pays étrangers ». Par ailleurs, la Russie a de nouveau refusé de se rendre à la réunion des « Amis de la Syrie », jugeant que les efforts du groupe sont « destructifs » concernant la mise en place du plan de Kofi Annan, a déclaré le porte-parole de la diplomatie russe.
La France de son côté a pris note de l’acceptation de Damas, se bornant à dire attendre des détails par l’ex-responsable des Nations unies. Le président américain Barack Obama a pour sa part exprimé son appui aux efforts de Kofi Annan.
Le plan Annan, approuvé le 21 mars par le Conseil de sécurité, préconise notamment la cessation de toute forme de violence par toutes les parties sous supervision de l’ONU, la fourniture d’aide humanitaire à toutes les zones affectées par les combats et la libération des personnes détenues arbitrairement.
Par ailleurs, recevant à Téhéran un émissaire syrien, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a de nouveau apporté son soutien à M. Assad et dénoncé la politique des pays occidentaux et certains pays du Golfe vis-à-vis de la Syrie et de l’Iran, a rapporté l’agence officielle IRNA.

Assad à Baba Amr
Sur le terrain, le président Bachar el-Assad s’est rendu dans le quartier de Baba Amr, bastion de la rébellion à Homs qui a été pilonné par le régime, où il a évoqué la reconstruction et justifié de nouveau l’intervention de l’armée par la menace « terroriste », selon les médias officiels. M. Assad a également passé en revue l’armée syrienne lors de cette tournée, a ajouté la télévision. Lors de cette visite, des rebelles auraient visé le quartier dans lequel se trouvait le président, l’obligeant à quitter les lieux, selon la chaîne satellitaire al-Arabiya citant des opposants.
Dans le même temps, au moins 28 personnes, dont la plupart sont des civils, ont été tuées hier dans des violences, notamment dans de très violents combats entre soldats des forces régulières et rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL), a rapporté la chaîne de télévision al-Jazira. Une femme a ainsi été tuée par une balle perdue lors de combats entre soldats et rebelles à Douma, dans la banlieue de Damas, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH,) tandis que deux autres femmes ont péri, également en marge des combats, à Maaret al-Noomane, dans la province d’Idleb. Deux civils ont été abattus par des tireurs embusqués dans le quartier de Deblane à Homs et dans la ville proche de Qousseir, a ajouté l’ONG. À Deir ez-Zor, un civil a également été tué lors d’affrontements entre militaires et dissidents, selon l’OSDH. Par ailleurs, six membres des forces du régime ont péri lors de combats ou d’attaques de rebelles dans les régions d’Idleb et de Homs, toujours selon l’ONG.
L’OSDH a en outre affirmé que près de 70 % des habitants de Saraqeb, une ville de la province d’Idleb où l’armée est entrée samedi, avaient fui durant les premières 48 heures.
Parallèlement, à Madaya près de Damas, de nombreux soldats ont quitté les rangs de l’armée régulière après avoir reçu l’ordre de pilonner la zone, selon al-Jazira.

Crime contre l’humanité
Face à ces violences, Robert Ford, l’ambassadeur américain à Damas, a estimé que le régime viole les droits de l’homme, en ayant notamment recours à la torture, et ces pratiques pourraient s’apparenter à des « crimes contre l’humanité ». « J’ai continuellement évoqué les droits de l’homme lors de mon mandat à Damas, j’ai commencé (à en parler) dès ma première rencontre » avec Bachar el-Assad il y a un peu plus d’un an, a souligné M. Ford lors d’une audition au Congrès à Washington. « Assad ne se soucie que peu des droits de l’homme. À dire vrai, il était plutôt agacé lorsque je lui en ai parlé », a expliqué le diplomate américain, rappelé à Washington par l’administration Obama.
Enfin, le ministère tchèque des Affaires étrangères a promis une aide humanitaire de trois millions de couronnes (120 000 euros) aux réfugiés de la Syrie en proie à la violence.
(Sources : agences
et rédaction)
Damas a dit accepter le plan de sortie de crise de l’émissaire international Kofi Annan, qui a reçu hier l’appui de Pékin. « Le gouvernement syrien a écrit à l’envoyé spécial conjoint Kofi Annan pour accepter son plan en six points », a précisé le porte-parole de M. Annan, Ahmad Fawzi. M. Annan, selon lui, considère cette décision comme une « étape initiale importante » pour mettre fin aux violences qui ont fait, selon l’OSDH, près de 10 000 morts en plus d’un an, et selon l’ONU, plus de 9 000 morts.Les États-Unis ont salué ce « pas important » tout en appelant le régime syrien à « faire taire les canons » sans attendre. La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a en outre exhorté le président syrien à se conformer au plan Annan avec « des actions immédiates ». Les pays...
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