La victoire de Macky Sall a été célébrée par des milliers de Dakarois en liesse, criant leur joie, dansant et chantant au son des djembés (tam-tam) et du mbalax, la musique la plus populaire du Sénégal. Photos AFP
La reconnaissance très rapide par le président Wade de sa défaite, avant même la publication des premiers résultats officiels, a surpris : elle ne fait qu’illustrer son ampleur, les premières estimations officieuses donnant environ 70 % des voix à Macky Sall. La victoire a été célébrée comme il se doit dans la nuit de dimanche par des milliers de Dakarois en liesse, criant leur joie, dansant et chantant au son des djembés (tam-tam) et du mbalax, la musique la plus populaire du Sénégal, poussée à fond. La presse sénégalaise, unanime, a salué une « victoire du peuple » et de la démocratie.
Dans sa première déclaration publique après son succès, Macky Sall a d’ores et déjà souligné que « l’ampleur de cette victoire aux allures de plébiscite exprime l’immensité des attentes de la population, j’en prends toute la mesure. Ensemble, nous allons nous atteler au travail ». « Les Sénégalais nous attendent sur des dossiers très concrets », a déclaré pour sa part Cheikh Tidiane Gadio, ancien ministre des Affaires étrangères d’Abdoulaye Wade et candidat éliminé au premier tour du 26 février qui, comme tous les autres, avait appelé à voter Sall. M. Gadio a cité le coût de la vie, le prix du carburant, les inondations dans les banlieues de Dakar, les coupures d’électricité, l’emploi des jeunes.
Dans un entretien accordé à la veille de son élection, M. Sall avait indiqué avoir « plusieurs urgences », dont la « situation dramatique des finances publiques » et « le règlement de la situation alimentaire préoccupante de plus de 800 000 Sénégalais » menacés de famine dans le nord du pays à cause de la sécheresse. Une autre de ses priorités est de baisser les prix des denrées alimentaires de base. Il entend pour y parvenir revoir « très rapidement la gouvernance » pour « qu’on allège le fonctionnement de l’État », en réduisant en particulier les représentations diplomatiques du Sénégal et en baissant de moitié environ le nombre de ministres qui sont actuellement une quarantaine. Cette dernière mesure ne sera pas tâche facile : M. Sall a bénéficié du soutien unanime des 12 candidats éliminés au premier tour qu’il va falloir récompenser d’une manière ou d’une autre.
À l’étranger, sa victoire a été unanimement saluée. En France, ex-puissance coloniale et principal partenaire économique du pays, le président Nicolas Sarkozy a parlé d’une « très bonne nouvelle pour l’Afrique en général et pour le Sénégal en particulier ». Pour l’Union africaine, l’élection sénégalaise a fait « honneur non seulement (au Sénégal), mais au continent (africain) tout entier ». Les États-Unis ont adressé leurs « félicitations » aux Sénégalais. Le président Obama a estimé que le Sénégal avait consolidé son statut « d’exemple de bonne gouvernance et de démocratie » en Afrique. Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest, Saïd Djinnit, a félicité « le peuple sénégalais pour la belle victoire qu’il offre à la démocratie ». De son côté, l’Union européenne a également salué « une grande victoire pour la démocratie au Sénégal et en Afrique ». Au Nigeria, le chef de l’État, Goodluck Jonathan, a estimé que l’élection « était une bonne chose pour le peuple sénégalais et pour notre sous-région, particulièrement à l’heure où un pays frère fait face à de graves défis en matière d’ordre constitutionnel », en référence au Mali. Il a recommandé à « tous les autres dirigeants africains de suivre l’exemple » de M. Wade qui a « reconnu avec grâce sa défaite, faisant preuve d’une grande maturité ». Au Maroc, le roi Mohammad VI a déclaré que l’élection marquait « une alternance au pouvoir qui illustre la grande maturité politique du peuple sénégalais et constitue une consécration de la démocratie et du pluralisme politique ».
(Source : AFP)

