L'Autorité de l'énergie de Gaza a annoncé dimanche un nouvel arrêt de l'unique centrale électrique du territoire, après épuisement des quelque 450.000 litres de diesel israélien livrés vendredi via le terminal de Kerem Shalom, à la frontière entre Gaza et Israël, aux frais de l'Autorité palestinienne.
"Malheureusement, toutes les voies d'importation de carburant sont coupées, que ce soit par les tunnels, par les points de passage officiels ou par Ramallah", a déclaré à l'AFP Ahmad Abou al-Amrine, un responsable de l'Autorité de l'énergie de Gaza.
"La centrale a cessé de fonctionner une première fois le 14 février, mais la pénurie de carburant date du 25 décembre 2011, en raison des mesures de sécurité à l'intérieur des frontières de l'Egypte qui ont bloqué l'approvisionnement en carburant de la région de Rafah", à la frontière entre Gaza et l'Egypte, a-t-il expliqué.
Il a réaffirmé que l'Autorité de l'énergie avait payé 2 millions de dollars (1,5 M EUR) à l'Egypte pour la livraison de carburant mais que cet accord n'était toujours pas appliqué.
"Il était initialement convenu avec l'Egypte que le carburant serait acheminé par le terminal de Rafah, mais les Egyptiens sont revenus là-dessus et ont exigé que cela passe par le terminal de Kerem Shalom", a-t-il indiqué.
"Ils ont exigé que nous assumions la responsabilité de l'importation, en coordination directe avec l'occupation", a ajouté M. Abou al-Amrine.
"Il y a un problème politique avec certaines parties en Egypte, en coordination avec le gouvernement de Ramallah, qui n'est pas intéressé à résoudre la crise du carburant dans la bande de Gaza, et il y a des parties internationales qui contribuent à aggraver la crise", a-t-il estimé sans autre précision.
Une source responsable palestinienne a attribué les difficultés d'application de l'accord entre le Hamas et l'Egypte à une divergence sur le prix et le lieu de la livraison.
"Le Hamas veut importer le carburant au prix payé par les Egyptiens en Egypte", a affirmé cette source à l'AFP sous le couvert de l'anonymat, ajoutant que l'Egypte s'y refusait au motif que ce prix était subventionné à l'intérieur du territoire national.
En outre, l'Egypte veut livrer via Kerem Shalom, invoquant les accords avec Israël, alors que le Hamas insiste sur le terminal de Rafah, déjà utilisé pour la circulation des personnes, a-t-on souligné.
Le gouvernement du Premier ministre Salam Fayyad à Ramallah (Cisjordanie) a pour sa part assuré qu'une réunion avec le Hamas au Caire à la demande de l'Egypte pour résoudre la crise avait été annulée, faute de participation du Hamas.
"Une rencontre était prévue entre une délégation du gouvernement et une délégation du Hamas au Caire, mais le Hamas n'y a pas envoyé ses représentants", a déclaré à l'AFP Ghassan Khatib, porte-parole du gouvernement.
La délégation, conduite par le président de l'Autorité de l'énergie Omar Kittaneh, et le trésorier général de l'Autorité palestinienne Youssef al-Zoumar, s'est rendue samedi au Caire, où elle a attendu en vain les responsables du gouvernement du Hamas à Gaza, a-t-il ajouté.


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