La multiplication ces derniers temps des incidents en tous genres et des pratiques irrégulières de la part de membres ou de sympathisants du Hezbollah suscite l’inquiétude des milieux chrétiens du pays et pousse les observateurs à s’interroger sur les véritables intentions du parti.
Il y a d’abord les attaques contre les débits de boissons alcoolisées et les magasins qui en vendent au Liban-Sud, les atteintes aux propriétés publiques et privées dans cette même région, l’édification d’immeubles sans permis sur les biens de l’État à proximité de l’aéroport ; puis les marches aux drapeaux noirs de la Achoura au Metn et à Jbeil, l’ouverture des commerces le dimanche dans les régions chiites, les pressions exercées sur des restaurants et des cafés pour s’abstenir de servir de l’alcool, la décision de la municipalité de Hadeth d’interdire l’alcool sur le périmètre municipal après 22 heures, les incidents à connotation confessionnelle sur le vol Paris-Beyrouth ou entre un pays arabe et Beyrouth, les pressions politiques exercées pour l’acceptation dans les rangs des FSI de jeunes femmes voilées. Et, à présent, c’est le tour des établissements scolaires et universitaires après l’action menée lundi dernier par des étudiants chiites qui ont organisé une prière dans la cour intérieure du campus des Antonins, à Baabda.
Ce dernier incident a suscité un tollé dans les milieux chrétiens qui y ont vu un défi et une incarnation claire du pouvoir des armes.
Pour un homme politique chrétien, tous ces agissements montrent qu’il existe chez certains partenaires au sein de la nation un plan dont l’objectif est la mainmise sur le pays. Or ce plan, à ses yeux, passe par des actes qui visent la scène chrétienne, et ce en dépit du document d’entente conclu en 2006 entre le général Michel Aoun et le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.
Ce qui s’était passé à Lassa (les atteintes aux biens de l’Église maronite) en est la plus grande preuve, ajoute-t-il, tout comme ce qui se passe dans les hauteurs du Kesrouan et de Jbeil et la mainmise sur d’importants espaces appartenant aux habitants de Akoura et d’autres actions du même genre à Baabda, Hadeth et dans le Metn.
Pour cet homme politique, l’affaire des Antonins pose le problème suivant : serait-il permis qu’en sens inverse, des écoliers ou des étudiants chrétiens célèbrent une messe dans un établissement musulman au Liban-Sud ou dans la banlieue de Beyrouth, sachant que ce sont des régions où d’aucuns empêchent les habitants de confession chrétienne de sonner les cloches de leurs églises ?
Pour un député de l’opposition, ce qui se passe depuis 2006, avec la sortie des ministres chiites du gouvernement Siniora, la fermeture du Parlement, les événements du 7 mai 2008 et l’épisode des chemises noires, montre clairement que le Hezbollah a un plan qu’il met en œuvre en toute sérénité dans divers domaines. Les incidents quotidiens le prouvent, y compris dans l’affaire des produits alimentaires avariés importés au Liban par l’intermédiaire de cadres de parti. La destruction de stocks dans certaines régions est un signe clair de la couverture dont bénéficient ces derniers.
Au sein de la majorité, des responsables affirment naturellement qu’il existe beaucoup d’exagération dans un grand nombre d’affaires et qu’on cherche, en face, à projeter la lumière sur les pratiques du Hezbollah pour dénoncer une tentative de sa part d’imposer sa mainmise sur l’État. Mais du côté de l’opposition, on souligne que les agissements du Hezbollah ont actuellement une signification politique. Il s’agit, selon eux, d’un message clair aux termes duquel le Hezb souhaite faire savoir que quelle que soit l’issue du bras de fer en Syrie, l’équation politique au Liban et la position du Hezbollah en particulier ne sont pas appelées à subir des modifications.
Mais, à ce stade, la question reste de savoir si les étudiants chiites qui ont organisé la prière à l’Université antonine l’ont fait de leur propre gré ou s’ils avaient reçu des instructions en ce sens. Dans les milieux de la majorité, on souligne qu’il s’agit d’un acte individuel et isolé de la part d’un groupe d’étudiants, et qu’il n’est pas permis d’en exagérer l’ampleur jusqu’à considérer l’incident comme si c’était une invasion des régions chrétiennes.
Au contraire, l’opposition soutient qu’il s’agit d’une escalade voulue par le Hezbollah qui entend ainsi, par anticipation, maintenir une tension minimale au Liban en attendant les résultats des développements dans la région.
Pour sa part, un ministre au sein du gouvernement en place reconnaît que le comportement du Hezbollah et de certaines autres composantes du cabinet ne reflète pas une volonté réelle de maintenir la stabilité dans le pays et d’aider le gouvernement à accroître sa productivité.
Un autre observateur se penche sur l’affaire des 22 candidates voilées ayant passé avec succès les examens pour devenir membres des FSI et qui insistent pour garder le voile dans l’exercice de leurs fonctions. Le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, s’y est opposé, en arguant de la loi qui interdit toute expression vestimentaire à caractère religieux dans les cercles militaires, policiers et judiciaires.
L’affaire ayant pris une dimension étatique, M. Charbel en a notifié le président de la République, le Premier ministre et le président de la Chambre. Ce dernier lui a dit d’appliquer la loi telle qu’elle est.
Toujours est-il que la grande question demeure ouverte : à quoi riment donc tous ces agissements et quels en sont les objectifs dans les circonstances présentes ?
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Kamel...je te parle Liban,tu me réponds Israël....mais je m'en fous d'Israël...ce qui m'intéresse ,c'est ce qui se passe ici...et ici,çà dérape grave de tous les côtés,non?Etbtu réponds constitution alors qu'il s'agit de faits à portée socio-théocratico-politique....tu ne penses pas qu'il arraive un moment où il faut dire bass,bikaffé?!le moment est arrivé et bien arrivé,mon cher...
14 h 02, le 23 mars 2012