La négociation entre les policiers du Raid et Mohammed Merah, tueur présumé de sept personnes dans la région de Toulouse (sud de la France), est l'une des plus longues menées par cette unité d'élite de la police après celle de la maternelle de Neuilly.
Entamée mercredi vers 03H00, cette négociation se poursuivait jeudi peu avant 06H00, soit une durée de 27 heures.
Le 15 mai 1993, après deux jours de négociations, les policiers du Raid avaient donné l'assaut dans une maternelle à Neuilly (Hauts-de-Seine) où des enfants et une institutrice étaient retenus en otages depuis 46 heures par un ancien militaire, Erick Schmitt, "Human Bomb". Celui-ci avait été tué dans l'attaque mais il n'y avait eu aucune victime parmi les otages.
Trois violentes détonations ont émaillé la nuit peu avant minuit puis une quatrième à 02H00 (01H00 GMT) dans le quartier résidentiel de la Côté pave, à Toulouse, où Mohamed Merah est assiégé depuis 03H20 (02H20 GMT mercredi) mercredi. Elles ont pu faire croire à un assaut de la part de l'unité d'élite du Raid. En fait, elles sembleraient destinées à éprouver nerveusement Mohamed Merah, auquel les policiers ont fait couper l'eau, le gaz et l'électricité.
"Il disait qu'il voulait se rendre, il a changé d'avis, on augmente la pression pour qu'il se rende", a déclaré une source proche de l'enquête.
"Nous espérons éviter l'assaut parce que nous souhaitons prendre M. Merah vivant afin qu'il puisse être jugé", avait dit dans la soirée le ministre de l'Intérieur Claude Guéant pour expliquer pourquoi les unités d'élite ne passaient pas à l'action.
Mohamed Merah s'apprêtait à nouveau à frapper et à tuer un soldat dès mercredi, puis deux policiers de Toulouse, a rapporté le procureur de Paris François Molins, qui dirige l'enquête.
De longues tractations ont alors commencé au cours desquelles le suspect s'est abondamment répandu. Il s'est glorifié d'avoir été formé par Al-Qaïda, d'avoir "toujours agi seul" et d'avoir mis "la France à genoux", a dit le procureur de Paris. Il "n'exprime aucun regret", sinon de "ne pas avoir fait plus de victimes", a-t-il ajouté.
S'il a froidement assassiné trois enfants et un père juifs lundi, c'est faute d'avoir trouvé pour cible un soldat, selon M. Guéant.
Il explique ses actes en évoquant sa sympathie pour le sort des Palestiniens, et son opposition à l'engagement militaire de la France en Afghanistan et à l'interdiction du port du voile intégral.
Le procureur a dressé le tableau d'un ancien délinquant condamné quinze fois quand il était mineur, affichant dès l'enfance un "profil violent" et des "troubles du comportement", refusé par l'armée française puis se radicalisant dans les milieux salafistes et à la faveur de deux voyages, "par ses propres moyens", en Afghanistan et au Pakistan, dans le fief d'el-Qaëda.
Mohamed Merah est suspecté d'avoir assassiné froidement trois enfants et un enseignant juifs à Toulouse ainsi que trois parachutistes, deux à Montauban et un à Toulouse.
Entamée mercredi vers 03H00, cette négociation se poursuivait jeudi peu avant 06H00, soit une durée de 27 heures.
Le 15 mai 1993, après deux jours de négociations, les policiers du Raid avaient donné l'assaut dans une maternelle à Neuilly (Hauts-de-Seine) où des enfants et une institutrice étaient retenus en otages depuis 46 heures par un ancien militaire, Erick Schmitt, "Human Bomb". Celui-ci avait été tué dans l'attaque mais il n'y avait eu aucune victime parmi les otages.
Trois violentes détonations ont émaillé la nuit peu avant minuit puis une quatrième à...


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