"Je pense qu'il y aura de plus en plus de pression sur les dirigeants en Europe et aux Etats-Unis pour agir, collectivement", a-t-il estimé, précisant qu'il comprenait "qu'il y a une énorme crise financière en Europe et il y a une élection en France bientôt".
Mais selon lui, "chaque jour ces images sont publiées (...) les atrocités travaillent à réveiller l'opinion publique". Début mars, M. McCain a été le premier responsable américain de ce niveau à évoquer la possibilité de frappes aériennes en Syrie pour aider les rebelles qui luttent contre le régime du président Bachar al-Assad.
Ni l'administration, ni les élus du parti démocrate du président Barack Obama n'ont parlé à ce jour d'une telle action militaire. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plus de 9.000 personnes ont péri dans les violences depuis un an.
"Nous devrions avoir honte" de ne pas agir, a déclaré M. McCain en regrettant que le président Obama ne "montre pas le chemin" sur le dossier syrien.
L'ancien candidat républicain à la présidentielle américaine de 2008 a déploré la politique du président Obama sur le sujet. "Tout ce que nous avons entendu de la part du président des Etats-Unis est +c'est inévitable, Assad va tomber+. Quand?", s'est interrogé l'élu.
"Combien de personnes devront mourir avant que les Etats-Unis n'agissent avec leurs alliés?", a-t-il demandé.
Par ailleurs, l'élu a vivement critiqué la position du secrétaire général de l'Otan qui exclut tout intervention en Syrie. "C'est une conduite honteuse de sa part", a-t-il dit.
"J'espère que nous aurons une situation similaire à la Libye", a dit le sénateur, avant de rappeler que "d'abord le président (américain) a dit qu'il ne voulait pas s'en mêler, puis il a peu à peu changé d'avis à mesure que les horreurs se multipliaient".
Le sénateur a toutefois reconnu qu'il ne bénéficiait pas de beaucoup de soutien parmi ses collègues du Congrès. "Il y a en beaucoup qui ne soutiennent pas (une intervention). En raison de la crise économique, il y a une tendance isolationniste au Congrès", a-t-il dit.
En outre, John McCain, qui soutien le candidat républicain Mitt Romney dans la course à l'investiture républicaine, a assuré que le candidat modéré n'avait pas pris de position particulière sur la Syrie. "Nous sommes proches sur les principes, mais je n'ai pas fait pression sur lui sur cette question".
"L'opinion publique américaine est lassée de la guerre, c'est compréhensible", a-t-il reconnu.
M. McCain, qui espère le soutien des alliés de Washington dans une éventuelle intervention militaire en Syrie, a salué le rôle de la France dans l'intervention contre le régime du colonel Mouamar Kadhafi en Libye en 2011.
"J'apprécie vraiment -- et les Américains apprécient -- le rôle de premier plan que la France a joué dans le conflit Libyen. Je ne peux pas être plus fier de notre alliance", a-t-il dit à l'AFP.
Ces déclarations interviennent alors que le conseil de sécurité de l'ONU a appelé mercredi dans une déclaration la Syrie à mettre en oeuvre les propositions du médiateur Kofi Annan au moment où de nouvelles opérations militaires étaient menées pour écraser la révolte, notamment autour de Homs.

