S’il est notoire que les sommets arabes n’ont jamais résolu un problème qui leur a été soumis et si les décisions prises chaque année dans le cadre de ces sommets sont loin d’avoir une portée effective sur le terrain, se contentant en général d’être symboliques, celui qui doit se tenir le 29 mars à Bagdad risque toutefois de casser cette règle.
La diplomatie libanaise s’y prépare en tout cas activement. Des sources diplomatiques libanaises rapportent à cet égard que pour l’Irak, la tenue de ce sommet sur son territoire est de la plus haute importance, car il marque le retour de ce pays sur la scène arabe après des années d’absence forcée tantôt en raison de l’opprobre qui frappait l’ancien président Saddam Hussein, tantôt à cause de la présence des troupes américaines et de la fragilité des institutions irakiennes. De plus, pour le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, la tenue de ce sommet est une victoire personnelle, surtout en cette période particulièrement cruciale pour la région. D’ailleurs, nul n’ignore les efforts déployés par certains pays arabes pour tenter de déplacer le lieu du sommet, de Bagdad à Doha ou au Caire (siège officiel de la Ligue arabe), d’abord sous prétexte d’une certaine instabilité en Irak et ensuite en invoquant les relations tendues entre Bagdad et Riyad (Arabie saoudite).
À ce propos, le Premier ministre Nouri al-Maliki a mis toute la République en état d’alerte pour assurer un maximum de sécurité dans le pays et il a multiplié les signes d’ouverture en direction de l’Arabie saoudite, en relâchant des détenus saoudiens dans les prisons irakiennes qui avaient participé à des attentats dans le pays et ensuite en acceptant de ne pas convier le régime syrien à ce sommet, en dépit des relations étroites qui les lient.
Al-Maliki aurait même récemment demandé au ministre syrien des AE qui souhaitait effectuer une visite à Bagdad avant le sommet de reporter son projet jusqu’en avril. C’est dire sa détermination à ne pas incommoder les dirigeants arabes hostiles au régime syrien. Mais, en même temps, il a formé des commissions conjointes avec les Syriens pour régler certains problèmes de frontières et pour étudier les échanges commerciaux. Al-Maliki souhaiterait en tout cas profiter de « son » sommet pour exposer un plan de solution politique pour l’Irak, qui serait largement inspiré du premier plan de la Ligue arabe qui prévoyait une solution politique sur la base d’un dialogue entre le régime et l’opposition.
Selon des sources diplomatiques libanaises, il aurait évoqué cette question lors de sa rencontre avec le président américain Barack Obama, au cours de laquelle il aurait eu un échange assez animé. Al-Maliki aurait ainsi critiqué la politique américaine dans la région et il aurait expliqué à son interlocuteur que cette politique est pratiquement en train d’encercler les chiites, en Iran, au Liban, en Irak et même en Syrie (les alaouites étant considérés comme plus proches des chiites que des sunnites), en les mettant au pied du mur. Cette politique, selon al-Maliki, ne pourrait qu’entraîner des catastrophes dans l’ensemble de la région et pousser vers une explosion généralisée. Il faudrait donc réagir pour éviter la dégradation de la situation.
Les mêmes sources diplomatiques précisent qu’Obama ne se serait pas opposé à cette idée, tout en laissant al-Maliki négocier avec les leaders arabes les conditions de leur participation au sommet. Ce dernier compte donc montrer tout son brio dans la préparation de la rencontre du 29 mars, pour assurer une participation maximale de dirigeants arabes à ce sommet. Les sources diplomatiques libanaises ajoutent que les développements en Syrie et le fait que le régime de Damas se soit imposé comme un élément incontournable de toute solution négociée ou militaire renforcent la position d’al-Maliki et pourrait rendre son initiative plus acceptable pour les dirigeants arabes qui mènent actuellement campagne contre le régime syrien.
Al-Maliki se base aussi sur le fait que l’administration américaine est actuellement plongée dans la préparation de l’élection présidentielle et elle aurait fait savoir à ses alliés dans la région qu’elle ne souhaite pas que, pendant cette période, des événements qui risqueraient d’avoir une influence directe sur le scrutin interne ou sur la situation économique internationale puissent se produire. C’est la raison, par exemple, pour laquelle elle ne souhaiterait pas qu’Israël attaque les installations nucléaires iraniennes au cours des prochains mois, se montrant prête à toutes les concessions (notamment sonnantes et trébuchantes) pour empêcher le gouvernement israélien de lancer de telles attaques. De même qu’elle aurait mis un frein à la décision d’armer la résistance syrienne, sous prétexte que les armes pourraient tomber entre les mains d’el-Qaëda, suivi en cela par la France.
Al-Maliki considère donc que ce contexte international moins guerrier pourrait favoriser son initiative en faveur d’un règlement politique de la crise syrienne. La diplomatie libanaise y est en tout cas favorable, même si la plupart des observateurs continuent d’estimer que la crise syrienne est appelée à se prolonger, et ce qui semble être une tendance à l’accalmie chez les décideurs occidentaux ne serait en réalité qu’une pause dictée par des considérations qui leur sont propres...
La diplomatie libanaise s’y prépare en tout cas activement. Des sources diplomatiques libanaises rapportent à cet égard que pour l’Irak, la tenue de ce sommet sur son territoire est de la plus haute importance, car il marque le retour de ce pays sur la scène arabe après des années d’absence forcée tantôt en raison de l’opprobre qui frappait l’ancien président Saddam Hussein, tantôt à cause de la présence des troupes américaines et de la fragilité des...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
mais...mais... je croyais que le régime en Syrie allait très bien ?!? du moins en relisant madame Haddad qui nous affirmait il n’y a pas un mois, ici même, que les usines d'Alep turbinaient a plein gaz pour fournir ce nouvel Eldorado qu'est l'Irak et que Bashar ne s’inquiétait pas plus que ça vu que l'Irak était plus que jamais la profondeur stratégique de la Syrie. Qu'est ce que vous dites ? les choses ont changé ? Nooon ! sérieusement ?
11 h 05, le 20 mars 2012