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À La Une - Liban - Notation

Fitch évalue les risques géopolitiques dans la région du Moyen-Orient

La note « B stable » du Liban sera réexaminée en juillet.
Sous le titre évocateur « Du pétrole en eaux troubles » (« Oil in Troubled Waters »), l’agence d’évaluation financière Fitch a organisé à Paris une conférence sur les perspectives économiques et financières dans la région Moyen-Orient/Afrique du Nord, avec la participation des responsables de la division « Moyen-Orient et Afrique », Richard Fox, Purvi Harlalka et Éric Paget-Blanc, et en présence de représentants du secteur privé et de journalistes de la presse financière. L’attaché économique près l’ambassade du Liban en France, Nizar Kaddouh, y assistait aussi. Le Liban figurait d’ailleurs en bonne place dans l’analyse développée par les conférenciers, quant aux perspectives d’avenir en matière d’investissements et de risques.
En mars 2010, Fitch avait attribué au Liban la note « B », en élevant sa perspective à « stable ». Une réévaluation devrait intervenir en juillet 2012. Elle sera basée aussi bien sur des considérations géopolitiques que sur les indices économiques et financiers du pays. Les « facteurs structurels », à savoir la diversité de l’économie et le respect des droits de la propriété, l’application de la loi et la stabilité sociale et politique, entrent à 34 % dans les éléments d’analyse de l’agence. Viennent ensuite les questions de « flexibilité financière » (emprunts publics à taux bas, état des réserves en monnaie nationale et des liquidités), l’état des finances publiques et la croissance, que ne devraient pas surplomber des déséquilibres internes ou externes.
Les conférenciers ont abordé la question de la tension dans le détroit d’Ormuz et des pressions sur l’Iran via les sanctions financières américaines et pétrolières européennes, en étudiant leur impact possible sur la région. Estimant qu’une fermeture éventuelle du détroit d’Ormuz par l’Iran ne se ferait qu’en « dernier recours » et ne pourrait être que « temporaire, en raison de la présence militaire américaine » dans le Golfe, et « nuisible aux intérêts iraniens », les responsables de Fitch qualifient les sanctions européennes de « partiellement efficaces », l’embargo pétrolier affectant 18 % uniquement des exportations pétrolières iraniennes (celles à destination de l’Europe). Aussi, les ambitions iraniennes visant à maîtriser la technologie nucléaire sont-elles peu susceptibles d’être réfrénées par les sanctions. Les États-Unis préfèrent malgré tout donner une chance à cette politique des sanctions et montrent plus de patience qu’Israël, souligne l’agence de notation. Fitch estime toutefois que les tensions sont appelées à croître « fort probablement jusqu’au seuil de l’action militaire », entraînant une augmentation de la prime de risque du pétrole, avant qu’un compromis ne soit atteint. Les élections de mars en Iran, de novembre aux États-Unis et de 2013 en Israël joueraient un rôle dans le timing d’un conflit éventuel, mais les coûts politiques, militaires et humains seraient élevés de part et d’autre.
Fitch estime que le risque d’une attaque militaire israélo-américaine contre l’Iran a légèrement décru. Dans ce qu’ils appellent le « scénario du pire », les responsables de Fitch pensent que la fermeture du détroit d’Ormuz se répercuterait sur la croissance et le climat de confiance, notamment à Dubaï, et ne manquerait pas d’affecter les pays importateurs de pétrole comme la Jordanie et le Liban. Une « escalade incontrôlée » pourrait entraîner dans le conflit des pays comme le Liban (via le Hezbollah), Bahreïn et le Qatar, avec leurs bases militaires américaines, ainsi que le Koweït (où stationnent des troupes US), les Émirats arabes unis et Oman, à cause de leur proximité. Selon Fitch, « l’Arabie saoudite ne serait probablement pas une cible directe ». Des conséquences écologiques seraient également à craindre (déversement de pétrole, risque nucléaire).

La croissance se poursuit pour le Liban
Fitch estime qu’en Syrie, les hostilités, confinant à la guerre civile, pourraient avoir des conséquences imprévisibles. La répression syrienne n’arrêtera probablement pas les protestations, elle pourrait provoquer de nouvelles défections militaires et intensifier les soulèvements. En cas de coup d’État interne ou d’une intervention extérieure, « un changement de régime pourrait amener un gouvernement dominé par les Frères musulmans ». Auquel cas il y aurait un impact sur le Liban en raison des liens politiques, économiques et sociaux puissants entre les deux pays. Le Hezbollah subirait un revers à travers l’interruption du transfert d’armes de l’Iran, ce dernier pays perdrait un allié principal, et l’Occident, la Turquie, les pays du Golfe ainsi qu’Israël enregistreraient un gain stratégique.
Fitch décrit la situation sur le terrain au Liban, évoquant les 6 000 réfugiés syriens, les tensions entre sunnites et alaouites à Tripoli avec intervention de l’armée, les incursions militaires syriennes sur le territoire libanais, les accusations syriennes concernant des ventes d’armes aux rebelles et leur transport via la frontière libanaise. L’agence prévoit que le président Assad, acculé dans ses derniers retranchements, pourrait adopter « la politique de la terre brûlée », ravivant les tensions avec Israël, les dissensions confessionnelles au Liban et les troubles dans les camps palestiniens. Parallèlement, le Hezbollah, qui pourrait recevoir des stocks d’armes et de missiles syriens, éprouverait le besoin de se protéger à l’intérieur ou alors pourrait construire de nouvelles alliances pour renforcer sa position.
En tout état de cause, Fitch conclut sa présentation sur le Liban en soulignant que le pays, sur le plan économique, a connu une chute du nombre de touristes en 2011 en raison des difficultés de transit routier avec la Syrie. Ses exportations en 2010 étaient largement orientées vers les pays arabes, qui totalisent plus de la moitié de son mouvement export (les pays développés entrent à 25 % de ses exportations et l’Afrique à 18 %). Les événements en Syrie ont eu des répercussions à la hausse sur les coûts de l’assurance des exportations libanaises (transportées via la Syrie au monde arabe), augmentant ainsi les prix des produits exportés.
Le taux de dollarisation, qui reflète le niveau de la confiance en la monnaie nationale, a augmenté en 2011, mais il reste relativement bas par rapport aux années précédentes (avant 2009). Quant au taux de croissance des dépôts bancaires, il a baissé tout en restant positif. Il n’existe pas de flux de capitaux sortants. Enfin, le secteur bancaire libanais demeure solide grâce à l’importance de ses actifs et à la politique monétaire restrictive de la Banque du Liban. Enfin, Fitch estime le taux de croissance pour 2012 entre 3 et 4 %, et met en relief la situation sécuritaire stable du pays, malgré les événements en Syrie.
Sous le titre évocateur « Du pétrole en eaux troubles » (« Oil in Troubled Waters »), l’agence d’évaluation financière Fitch a organisé à Paris une conférence sur les perspectives économiques et financières dans la région Moyen-Orient/Afrique du Nord, avec la participation des responsables de la division « Moyen-Orient et Afrique », Richard Fox, Purvi Harlalka et Éric Paget-Blanc, et en présence de représentants du secteur privé et de journalistes de la presse financière. L’attaché économique près l’ambassade du Liban en France, Nizar Kaddouh, y assistait aussi. Le Liban figurait d’ailleurs en bonne place dans l’analyse développée par les conférenciers, quant aux perspectives d’avenir en matière d’investissements et de risques.En mars 2010, Fitch avait attribué au Liban la note...
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