Steven Sinofsky, président de la division Windows chez Microsoft, présentant le nouveau système d’exploitation.
Au Congrès de Barcelone, rendez-vous annuel du secteur qui s’est déroulé en l’absence d’Apple, la forte montée en puissance de Google s’est d’ailleurs fait sentir: la grande majorité des nouveaux téléphones présentés à cette occasion fonctionnent sous Androïd.
En dévoilant à la presse comme aux développeurs une version expérimentale de son nouveau système d’exploitation, Windows 8, adaptée à tous les appareils, des tablettes tactiles au PC de bureau, Microsoft fait le pari d’emporter leur adhésion pour ce système d’exploitation qui n’a pas réussi jusqu’ici à percer.
Windows 8 «permet un changement de génération tant sur le design que sur les fonctionnalités» grâce à une «expérience d’exploitation unifiée», a indiqué le président de Windows, Steven Sinofsky. Il a particulièrement insisté sur la «fluidité et la facilité» avec lesquelles le système s’adapte à un écran tactile, smartphone ou tablette, comme à un ordinateur de bureau muni d’une souris et d’un clavier.
Le sujet n’est pas neutre car le groupe est très présent dans le monde de l’entreprise, encore réfractaire à l’entrée des smartphones.
«On a une carte à jouer sur ce sujet car nous sommes très présents dans les systèmes informatiques des entreprises» et elles «réalisent qu’il leur fournit la meilleure intégration et la meilleure expérience. Le marché des entreprises se met à Windows Phone», a expliqué à l’AFP le directeur de la division opérateurs et mobilité de Microsoft, Laurent Schloesser.
Steven Sinofsky a également annoncé l’ouverture de la version test d’une boutique en ligne d’applications conçues sur mesure pour ce programme, le Windows Store.
Le groupe revendique 65000 applications, contre seulement 7000 à la même époque l’an dernier, et «le rythme s’accélère avec 300 nouvelles applications par jour», selon M. Schloesser.
Du côté des développeurs, 100000 sont enregistrés et trois millions d’outils de développement ont été téléchargés, a-t-il ajouté.
L’intérêt du géant américain serait de «convaincre des communautés de développeurs d’applications avec un portefeuille de terminaux suffisamment large pour permettre à Windows de devenir la fameuse troisième plate-forme tant attendue», estime Thomas Husson, du cabinet Forrester.
Car en attendant, d’autres tentent leur chance comme Mozilla, le créateur de Firefox, un navigateur gratuit qui se veut l’alternative à l’hégémonie d’Internet Explorer. Il a annoncé lors du Salon qu’il souhaitait refaire la même opération pour les utilisateurs de mobiles, avec un nouveau système d’exploitation ouvert dont le but est de faire baisser les prix des smartphones.
L’idée est que la plate-forme soit complètement intégrée au Web, c’est-à-dire que toutes les capacités du téléphone, y compris passer des appels et envoyer des SMS, passent par Internet, afin de réduire les coûts, selon Mozilla.
Il a choisi comme partenaire Telefonica, le géant espagnol ayant pour objectif de lancer des smartphones fonctionnant avec ce nouveau système cette année.
Pour Carlos Domingo, directeur du développement numérique de Telefonica, le projet est appelé à un développement massif en Amérique latine, où les smartphones n’ont pas connu le succès en raison de leur prix prohibitif.

