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Moyen Orient et Monde - Russie

L’élection qui ramène Poutine au Kremlin critiquée de toutes parts

Des milliers de manifestants à Moscou et Saint-Pétersbourg réclament l’annulation du scrutin.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées hier à Moscou pour contester l’élection de Vladimir Poutine. Anton Goublev/Reuters

La mission d’observation électorale en Russie a jugé hier « biaisée » et inéquitable l’élection présidentielle qui a vu la veille une victoire écrasante de Vladimir Poutine avec près de 64 % des voix. Les conditions de la campagne « ont été clairement biaisées en faveur d’un candidat » et la concurrence n’était « pas équitable », a ainsi déclaré la mission d’observation électorale de l’Organisation pour la sécurité et la coopération électorale (OSCE) dans son rapport sur la présidentielle.
Dès dimanche, les représentants de certains candidats, des opposants, les organisations russes de surveillance électorale ainsi que des médias indépendants avaient affirmé avoir recensé quantité de fraudes. Le site control2012.ru, mis en place pour comptabiliser les infractions constatées, avait comptabilisé hier près de 6 000 cas de violation de la législation électorale, notamment de bourrages d’urnes et de « transport massif d’électeurs », une technique qui permet à un groupe de voter plusieurs fois dans différents bureaux grâce à des autorisations frauduleuses. De même, l’agence Golos a affirmé hier que, selon ses propres estimations, M. Poutine avait obtenu non 64 % mais 50,26 % au premier tour.
Sur le plan diplomatique, les Occidentaux ont réagi prudemment à l’élection annoncée de M. Poutine, pointant les irrégularités dénoncées par l’OSCE mais dont l’ampleur ne remet pas en cause selon eux le résultat. La chancelière allemande Angela Merkel devait appeler M. Poutine pour le féliciter tout en soulignant la nécessaire « modernisation politique », selon son porte-parole. Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a du reste annoncé hier vouloir renforcer le « partenariat stratégique » avec la Russie. La France, elle, a pris note du résultat du vote, estimant néanmoins que si « l’élection n’a pas été exemplaire », Poutine est (son) interlocuteur dans les années à venir, selon les déclarations du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé. La Grande-Bretagne a pour sa part souligné que la Russie devait respecter « les principes et règles-clés de la démocratie », après avoir déclaré que le résultat de la présidentielle russe est « décisif » en dépit de « problèmes ». Quant à l’Union européenne, elle a appelé Moscou « à remédier aux lacunes » du processus électoral. Enfin, les États-Unis ont appelé hier le gouvernement russe à mener une enquête « indépendante » sur d’éventuelles irrégularités lors de l’élection présidentielle, tout en se disant « prêts à travailler » avec Vladimir Poutine une fois que les résultats auront été validés, selon le département d’État dans un communiqué. La Chine a de son côté félicité la première l’heureux élu. Également, M. Poutine a reçu hier le soutien renouvelé du patriarche orthodoxe Kirill, qui l’a qualifié de « leader national », selon Interfax.
Parallèlement, l’opposition n’est pas restée passive, plusieurs milliers de personnes contestant la victoire de Vladimir Poutine, réclamant l’annulation du scrutin et appelant à la désobéissance civile, ont manifesté. Au moins deux cents opposants, dont l’écrivain Édouard Limonov, le célèbre blogueur Alexeï Navalny, le chef du Front de gauche Sergueï Oudaltsov, la militante écologiste Evguenia Tchirikova et le dirigeant du mouvement Solidarité Ilia Iachine ont été interpellés à Moscou hier soir, la police a fait état de son côté d’environ 150 interpellations. Au même moment, une manifestation, en faveur de Vladimir Poutine, a rassemblé 15 000 personnes selon les forces de l’ordre près du Kremlin. Parallèlement, près de 300 opposants ont été interpellés à Saint-Pétersbourg. Près de 1 500 opposants avaient précédemment tenté de se réunir dans le centre de la ville où un important dispositif policier avait été déployé pour disperser ce rassemblement non autorisé.
(Source : agences)
La mission d’observation électorale en Russie a jugé hier « biaisée » et inéquitable l’élection présidentielle qui a vu la veille une victoire écrasante de Vladimir Poutine avec près de 64 % des voix. Les conditions de la campagne « ont été clairement biaisées en faveur d’un candidat » et la concurrence n’était « pas équitable », a ainsi déclaré la mission d’observation électorale de l’Organisation pour la sécurité et la coopération électorale (OSCE) dans son rapport sur la présidentielle.Dès dimanche, les représentants de certains candidats, des opposants, les organisations russes de surveillance électorale ainsi que des médias indépendants avaient affirmé avoir recensé quantité de fraudes. Le site control2012.ru, mis en place pour comptabiliser les infractions constatées, avait...
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