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À La Une - Elections

Législatives iraniennes : le face-à-face conservateur

L'opposition réformatrice boude le scrutin d'aujourd'hui, crucial pour la présidentielle de 2013.

Près de 48 millions d'électeurs iraniens appelés à se rendre aux urnes. Atta KENARE

Les Iraniens sont appelés aux urnes vendredi pour des législatives qui pourraient donner lieu à un affrontement décisif entre les principales composantes du camp conservateur au pouvoir. Les bureaux de vote ont ouvert à 08h00 locales (04h30 GMT) et doivent fermer à 18h00 (14h30 GMT), mais l'heure de clôture a souvent été repoussée lors de précédentes consultations.


Près de 48 millions d'électeurs iraniens sont appelés à voter pour marquer leur soutien au régime, confronté à de sévères sanctions internationales et à une menace militaire d'Israël contre son programme nucléaire controversé. L'Iran, dont le programme nucléaire a été condamné par six résolutions de l'ONU, est depuis deux ans sous le coup d'un embargo commercial, financier et désormais pétrolier des Occidentaux qui commence à peser sur l'économie du pays. Téhéran, malgré ses démentis répétés, est soupçonné par la communauté internationale de vouloir se doter de l'arme atomique, et Israël, dont le régime iranien a juré la disparition, a multiplié ces derniers mois les menaces de frappes militaires contre les sites nucléaires iraniens.

 

"Il y a eu ces derniers temps beaucoup de propagande et de pression contre l'Iran", et "plus les gens voteront, mieux ce sera pour l'avenir, le prestige et la sécurité du pays", a souligné vendredi le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, en mettant son bulletin dans l'urne dès l'ouverture du scrutin.


Avant le scrutin, le président Mahmoud Ahmadinejad a appelé à la mobilisation pour "donner un Parlement fort et populaire" au pays, tandis que le ministre de la Défense Ahmad Vahidi a souligné que "plus la participation sera élevée et plus la sécurité du pays sera renforcée".


La participation aux législatives oscille traditionnellement entre 50% et 70%, et avait été de 55,4% lors des dernières élections en 2008, selon les chiffres officiels. En l'absence de sondages fiables, plusieurs responsables ont pronostiqué une participation supérieure à 60%.


Une participation massive est d'autant plus importante pour le régime que la plupart des mouvements d'opposition réformatrice ont décidé de boycotter le scrutin pour protester contre la répression sévère dont ils ont été victimes depuis la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009.


De nombreuses figures réformatrices sont en prison, en résidence surveillée ou réduites au silence, et les deux principaux mouvements réformateurs ont été interdits après les manifestations massives de protestation ayant suivi la présidentielle de 2009, qui ont plongé la République islamique dans l'une des plus graves crises politiques de son histoire. 

 

La bataille électorale va donc confronter les deux ailes rivales du clan conservateur, emmenées respectivement par le Guide suprême de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, et le président Ahmadinejad.

"Les deux camps ont le doigt sur la détente et sont prêts à faire feu. Ils ne déposeront les armes que s'ils trouvent un compromis", a commenté le politologue Hamid Farahvashian.


"Pour ne rien laisser au hasard, les partisans de Khamenei ont besoin d'une majorité au Parlement afin de faire barrage aux chances de victoire probable des alliés d'Ahmadinejad à l'élection présidentielle de 2013", a déclaré M. Farahvashian.
Face à un Majlis hostile, Ahmadinejad serait fragilisé pour le reste de son mandat.

 

Selon les observateurs de la vie politique iranienne, le camp Khamenei, qui compte environ 20 millions de partisans, est pratiquement assuré de la majorité. "Je prévois que l'assemblée sera dominée par les fidèles de Khamenei, avec une minorité composée par les partisans d'Ahmadinejad", a pronostiqué l'analyste politique Babak Sadeghi.

 

Le chef de la police, le général Esmaïl Moghaddam, a assuré avant le scrutin que toutes les mesures avaient été prises pour que les élections de vendredi se déroulent de façon "saine et enthousiaste" à l'abri de tout incident ou manifestation d'opposition.

Rappelant toutes les restrictions apportées aux libertés politiques en Iran, l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a dénoncé pour sa part un scrutin biaisé et "injuste", notamment en raison de la sélection par le régime des quelque 3.400 candidats autorisés à briguer les suffrages des électeurs.


Le scrutin est un scrutin de liste dans les grandes villes et uninominal dans les petites circonscriptions. Les résultats devraient être connus sous deux ou trois jours, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

Les Iraniens sont appelés aux urnes vendredi pour des législatives qui pourraient donner lieu à un affrontement décisif entre les principales composantes du camp conservateur au pouvoir. Les bureaux de vote ont ouvert à 08h00 locales (04h30 GMT) et doivent fermer à 18h00 (14h30 GMT), mais l'heure de clôture a souvent été repoussée lors de précédentes consultations.
Près de 48 millions d'électeurs iraniens sont appelés à voter pour marquer leur soutien au régime, confronté à de sévères sanctions internationales et à une menace militaire d'Israël contre son programme nucléaire controversé. L'Iran, dont le programme nucléaire a été condamné par six résolutions de l'ONU, est depuis deux ans sous le coup d'un embargo commercial, financier et désormais pétrolier des Occidentaux qui commence à peser sur...
commentaires (7)

A propos de la democratie Iranienne, vous devez sans doute savoir qu'il y a un "Conseil des Gardiens" qui decide si une personne est autorisee a être candidate. Donc les libres citoyens Iraniens ont eu la joie de decider entre un candidat pro-Khamenai et un candidat pro-Ahmadinejad. Et vive la democratie.

Georges Chami

22 h 37, le 02 mars 2012

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Commentaires (7)

  • A propos de la democratie Iranienne, vous devez sans doute savoir qu'il y a un "Conseil des Gardiens" qui decide si une personne est autorisee a être candidate. Donc les libres citoyens Iraniens ont eu la joie de decider entre un candidat pro-Khamenai et un candidat pro-Ahmadinejad. Et vive la democratie.

    Georges Chami

    22 h 37, le 02 mars 2012

  • Jabbour, elle est belle votre démocratie à l'iranienne qui interdit aux partis indésirables de présenter leurs candidats, lesquels sont assignés à résidence.

    Robert Malek

    18 h 50, le 02 mars 2012

  • On rigole ici. Dans tous les pays où la femme ne peut pas poser un geste par elle-mème sans être pointé du doigt, on ne peux parler de démocratie.

    Zacharie

    17 h 46, le 02 mars 2012

  • - - Vous voulez dire deux faces d'une même pièce !

    JABBOUR André

    13 h 31, le 02 mars 2012

  • Monsieur Elie Khoueiry : LES DEUX FACES DE LA MÊME MONNAIE !

    SAKR LEBNAN

    12 h 50, le 02 mars 2012

  • En parlant de liberté religieuse.... qu'en est-il du pasteur IRANIEN Youcef Nadarkhani qui fut condamné à la peine de mort pour christianisation ? et selon lui, en 2009 l'éducation iranienne forçait tous les élèves à lire le Coran ainsi que ses enfants, et ce dernier est allé protester afin que la constitution iranienne garantit la liberté à chacun de pratiquer sa religion... suite aux réactions internationales, c'est rendu que c'est un violeur et coupable pour extorsions de fonds et condamné à mort ! et oui.. quand ils sont coincés, ce sont des champions dans les fabrications de dossiers... comme c'est le cas au Liban avec leurs « faux témoins ».. je rends un grand hommage au Pasteur iranien courageux Youcef Nadarkhani. Merci de publier.

    Élie Khoueiry

    11 h 44, le 02 mars 2012

  • - - Au moins en Iran dans ce pays que déteste l'occident , la démocratie bat son plein à travers des élections libres , la liberté de la pratique du culte où Chrétiens Juifs et musulmans se côtoient librement et prient leurs Dieux comme bon leur semble , et élisent qui ils veulent , contrairement à ces émirats et monarchies arabes du golfe et spécialement en Arabie Saoudite où n'est reconnu que l'Islam Sunnite Salafo-Wahabite et où les Chrétiens et les Juifs sont interdits de pratiquer leur culte souvent sous peine de mort ! sans parler des familles régnantes qui gouvernent sans constitution en leur nom et au nom d'allah et où l'étranger n'a ni droits et ni droit à la parole .

    JABBOUR André

    09 h 13, le 02 mars 2012

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