Près de 48 millions d'électeurs iraniens appelés à se rendre aux urnes. Atta KENARE
Les Iraniens sont appelés aux urnes vendredi pour des législatives qui pourraient donner lieu à un affrontement décisif entre les principales composantes du camp conservateur au pouvoir. Les bureaux de vote ont ouvert à 08h00 locales (04h30 GMT) et doivent fermer à 18h00 (14h30 GMT), mais l'heure de clôture a souvent été repoussée lors de précédentes consultations.
Près de 48 millions d'électeurs iraniens sont appelés à voter pour marquer leur soutien au régime, confronté à de sévères sanctions internationales et à une menace militaire d'Israël contre son programme nucléaire controversé. L'Iran, dont le programme nucléaire a été condamné par six résolutions de l'ONU, est depuis deux ans sous le coup d'un embargo commercial, financier et désormais pétrolier des Occidentaux qui commence à peser sur l'économie du pays. Téhéran, malgré ses démentis répétés, est soupçonné par la communauté internationale de vouloir se doter de l'arme atomique, et Israël, dont le régime iranien a juré la disparition, a multiplié ces derniers mois les menaces de frappes militaires contre les sites nucléaires iraniens.
"Il y a eu ces derniers temps beaucoup de propagande et de pression contre l'Iran", et "plus les gens voteront, mieux ce sera pour l'avenir, le prestige et la sécurité du pays", a souligné vendredi le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, en mettant son bulletin dans l'urne dès l'ouverture du scrutin.
Avant le scrutin, le président Mahmoud Ahmadinejad a appelé à la mobilisation pour "donner un Parlement fort et populaire" au pays, tandis que le ministre de la Défense Ahmad Vahidi a souligné que "plus la participation sera élevée et plus la sécurité du pays sera renforcée".
La participation aux législatives oscille traditionnellement entre 50% et 70%, et avait été de 55,4% lors des dernières élections en 2008, selon les chiffres officiels. En l'absence de sondages fiables, plusieurs responsables ont pronostiqué une participation supérieure à 60%.
Une participation massive est d'autant plus importante pour le régime que la plupart des mouvements d'opposition réformatrice ont décidé de boycotter le scrutin pour protester contre la répression sévère dont ils ont été victimes depuis la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009.
De nombreuses figures réformatrices sont en prison, en résidence surveillée ou réduites au silence, et les deux principaux mouvements réformateurs ont été interdits après les manifestations massives de protestation ayant suivi la présidentielle de 2009, qui ont plongé la République islamique dans l'une des plus graves crises politiques de son histoire.
La bataille électorale va donc confronter les deux ailes rivales du clan conservateur, emmenées respectivement par le Guide suprême de la Révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, et le président Ahmadinejad.
"Les deux camps ont le doigt sur la détente et sont prêts à faire feu. Ils ne déposeront les armes que s'ils trouvent un compromis", a commenté le politologue Hamid Farahvashian.
"Pour ne rien laisser au hasard, les partisans de Khamenei ont besoin d'une majorité au Parlement afin de faire barrage aux chances de victoire probable des alliés d'Ahmadinejad à l'élection présidentielle de 2013", a déclaré M. Farahvashian.
Face à un Majlis hostile, Ahmadinejad serait fragilisé pour le reste de son mandat.
Selon les observateurs de la vie politique iranienne, le camp Khamenei, qui compte environ 20 millions de partisans, est pratiquement assuré de la majorité. "Je prévois que l'assemblée sera dominée par les fidèles de Khamenei, avec une minorité composée par les partisans d'Ahmadinejad", a pronostiqué l'analyste politique Babak Sadeghi.
Le chef de la police, le général Esmaïl Moghaddam, a assuré avant le scrutin que toutes les mesures avaient été prises pour que les élections de vendredi se déroulent de façon "saine et enthousiaste" à l'abri de tout incident ou manifestation d'opposition.
Rappelant toutes les restrictions apportées aux libertés politiques en Iran, l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a dénoncé pour sa part un scrutin biaisé et "injuste", notamment en raison de la sélection par le régime des quelque 3.400 candidats autorisés à briguer les suffrages des électeurs.
Le scrutin est un scrutin de liste dans les grandes villes et uninominal dans les petites circonscriptions. Les résultats devraient être connus sous deux ou trois jours, a indiqué le ministère de l'Intérieur.
Près de 48 millions d'électeurs iraniens sont appelés à voter pour marquer leur soutien au régime, confronté à de sévères sanctions internationales et à une menace militaire d'Israël contre son programme nucléaire controversé. L'Iran, dont le programme nucléaire a été condamné par six résolutions de l'ONU, est depuis deux ans sous le coup d'un embargo commercial, financier et désormais pétrolier des Occidentaux qui commence à peser sur...


A propos de la democratie Iranienne, vous devez sans doute savoir qu'il y a un "Conseil des Gardiens" qui decide si une personne est autorisee a être candidate. Donc les libres citoyens Iraniens ont eu la joie de decider entre un candidat pro-Khamenai et un candidat pro-Ahmadinejad. Et vive la democratie.
22 h 37, le 02 mars 2012