Les CRS sont intervenus hier à Bayonne pour dégager le passage au président Sarkozy, violemment pris à partie par des manifestants. Philippe Wojazer/Reuters
Avant de quitter la ville, le locataire de l’Élysée s’en est pris à son rival socialiste à l’élection présidentielle, François Hollande. « On n’acceptera rien, simplement parce qu’on a la force des convictions qui sont les nôtres », a-t-il dit, rappelant que M. Hollande avait « annoncé l’épuration. Forcément ça échauffe les esprits des gens de la base. Si c’est ça leur conception de la démocratie, si c’est ça la République qu’ils préparent, eh bien ça ne donne pas envie qu’ils arrivent », a-t-il ajouté, demandant par la suite à M. Hollande de condamner le comportement des manifestants, où l’on trouvait des militants basques mêlés à des militants socialistes. « J’aurai l’occasion de stigmatiser le comportement de voyous qui sont la honte de la République », a-t-il dit, ajoutant : « Je ne peux pas imaginer une seconde que M. Hollande ne condamne pas ces méthodes. Dans une grande démocratie comme la France, on doit pouvoir faire campagne normalement de façon civilisée, sans violence, sans que les gens qui viennent discuter avec vous reçoivent des pierres sur la figure, des œufs sur la figure, ce ne sont pas des méthodes de démocrate et François Hollande se grandirait en condamnant ces comportements comme je le ferais si ça avait été le cas de gens qui se réclament de moi », a-t-il conclu.
Sans faire allusion directement aux incidents de Bayonne, M. Hollande, en meeting à Lyon, a estimé qu’il ne fallait « jamais céder (...) à la violence verbale et encore moins à la violence physique », mais a défendu le droit « de manifester autant que nécessaire ». De son côté, Michel Sapin, chargé du projet de M. Hollande, a rejeté les accusations de M. Sarkozy. « Mon projet, c’est la France réconciliée », a ajouté le candidat PS, fustigeant au passage le « pouvoir sortant » et ses « privilèges », et déroulant son programme pour « la France, notre France ». « Je veux réconcilier les générations dans l’entreprise », a-t-il dit à propos du « contrat de générations » qu’il veut mettre en place. « Je veux réconcilier la France avec le progrès. Je veux réconcilier les Français avec l’idée de la République, l’égalité, et d’abord l’égalité salariale entre les hommes et les femmes », a-t-il encore déclaré, poursuivant : « C’est le pouvoir sortant qui a permis à certains de payer moins d’impôts tout en gagnant plus d’argent, c’est le pouvoir sortant qui a protégé par un bouclier fiscal les plus fortunés de peur qu’ils ne s’exilent (...). Eh bien je vous l’annonce, ce temps-là est terminé. » À ce sujet, M. Hollande a précisé que son projet de taxe à 75 % des Français qui gagnent plus d’un million d’euros par an n’avait « pas vocation à rapporter un seul euro au budget de l’État », mais relevait « d’une forme de patriotisme dont le pays a besoin ».
Le Pen en manque de 48 signatures
Du côté de l’extrême droite, Marine Le Pen a annoncé qu’elle disposait pour l’instant de 452 parrainages définitifs d’élus sur les 500 requis pour pouvoir concourir à la présidentielle. Elle a de ce fait avancé l’hypothèse de son absence au scrutin. La présidente du Front national (FN) a précisé qu’il lui manquait ainsi 48 signatures et a lancé un nouvel appel aux 42 000 élus susceptibles d’apporter leur soutien aux candidats. « Il faut qu’il y ait une cinquantaine de maires courageux ce soir, républicains, attachés à la démocratie, qui prennent leur plume et qui disent on ne peut pas supporter cette situation », a-t-elle dit. La dirigeante du FN avait demandé à ce que les parrainages des élus soient rendus anonymes afin d’éviter les pressions, mais sa requête a été rejetée le 21 février par le Conseil constitutionnel. Des adversaires de Marine Le Pen, tant à droite qu’à gauche, ont régulièrement dénoncé un « coup de bluff », rappelant que son père, à l’exception de 1981, avait toujours réussi à les obtenir.
Et à Angers, le candidat centriste François Bayrou, qui connaît une érosion dans les sondages, a dénoncé la « surenchère » de ses concurrents, espérant qu’à terme les électeurs lassés récompenseront sa modération et son entêtement à parler « des vrais sujets ». « La campagne électorale telle qu’elle se déroule trahit l’intérêt véritable des Français. On ne parle plus de la dette, du chômage, du pouvoir d’achat, mais l’on fait des promesses à coûts de milliards d’euros, sans en avoir les moyens », a-t-il expliqué en citant MM. Sarkozy et Hollande. « Leurs deux partis sont coresponsables de la situation actuelle et ils sont en train de nous proposer son aggravation », a-t-il dénoncé en parlant d’une « campagne irresponsable et dangereuse », de « non-assistance à pays en danger ».
(Sources : agences)

