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Moyen Orient et Monde - Proche-Orient

Procès Enderlin en France : l’affaire de diffamation devra être rejugée

Plus de onze ans après, la justice n’a toujours pas mis un terme à la polémique entourant un reportage du journaliste de France 2 Charles Enderlin sur la mort d’un enfant palestinien à Gaza.
Si l’on en revient aux faits, Philippe Karsenty, directeur d’une agence de notation des médias, avait été condamné pour diffamation en première instance en 2006 pour avoir accusé France 2 d’avoir diffusé un « faux reportage, une pure fiction » comportant « une série de scènes jouées ». Il avait été relaxé en appel en 2008. France 2 et M. Enderlin s’étaient pourvus devant la Cour de cassation, la plus haute juridiction française. Cette dernière a donc annulé hier cette relaxe car elle a jugé que la cour d’appel avait excédé ses pouvoirs en ordonnant à France 2 de lui communiquer les rushes du reportage, selon un texte expliquant sa décision et précisant que conformément à la loi, M. Karsenty devra être à nouveau jugé par la cour d’appel de Paris. En effet, en matière de diffamation, il incombe au prévenu d’apporter la preuve de sa bonne foi, « sans que les juges aient le pouvoir de provoquer, compléter ou parfaire l’établissement de celle-ci ». À l’audience de la Cour de cassation, le 14 février, le parquet général avait pourtant recommandé le rejet du pourvoi de France 2 et de M. Enderlin.
Au cœur de la polémique se trouve un reportage de Charles Enderlin, correspondant permanent de France 2 en Israël, et de son caméraman palestinien Talal Abu Ramah, tourné dans la bande de Gaza le 30 septembre 2000, dans les premiers jours de la deuxième intifada. Protégé par son père, Mohammad el-Dura, 12 ans, y perdait la vie lors d’un échange de tirs entre l’armée israélienne et des activistes palestiniens. Les images, qui firent le tour du monde, ont donné lieu à une polémique sur l’origine des tirs ayant provoqué sa mort et sur une éventuelle mise en scène.
Lassée des accusations de « bidonnage », France 2 avait attaqué en diffamation le directeur de l’agence Media Ratings Philippe Karsenty qui qualifiait le reportage de « supercherie » et d’« imposture », allant jusqu’à évoquer « la fausse mort » de l’enfant. La cour d’appel avait jugé que les propos litigieux portaient « incontestablement atteinte à l’honneur et à la réputation des professionnels de l’information ». Mais elle avait reconnu au prévenu le bénéfice de la « bonne foi » et estimé qu’il n’avait « pas dépassé les limites de la liberté d’expression ». Elle ne s’était pas prononcée explicitement sur le reportage, dont les rushes avaient été visionnés à l’audience.
L’avocat de la chaîne de télévision, Me Emmanuel Piwnica, a exprimé sa « grande satisfaction ». « Nous avions toujours soutenu que la communication des rushes, au-delà de son illégalité, ne pouvait strictement rien apporter », a-t-il dit.
(Source : AFP)
Plus de onze ans après, la justice n’a toujours pas mis un terme à la polémique entourant un reportage du journaliste de France 2 Charles Enderlin sur la mort d’un enfant palestinien à Gaza.Si l’on en revient aux faits, Philippe Karsenty, directeur d’une agence de notation des médias, avait été condamné pour diffamation en première instance en 2006 pour avoir accusé France 2 d’avoir diffusé un « faux reportage, une pure fiction » comportant « une série de scènes jouées ». Il avait été relaxé en appel en 2008. France 2 et M. Enderlin s’étaient pourvus devant la Cour de cassation, la plus haute juridiction française. Cette dernière a donc annulé hier cette relaxe car elle a jugé que la cour d’appel avait excédé ses pouvoirs en ordonnant à France 2 de lui communiquer les rushes du reportage,...
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