L’équipe au complet aux Golden Globes, où « The Artist » a reçu trois récompenses. Kevin Miller/AFP
Après avoir déclaré sa flamme à Hollywood, le film muet et en noir et blanc de Michel Hazanavicius espère ainsi récolter quelques récompenses de la part des membres de l’Académie des arts et sciences du cinéma, qui ont nommé le film dans dix catégories, juste derrière Hugo Cabret de Martin Scorsese (onze nominations): meilleurs film, réalisateur, scénario, acteur principal (Jean Dujardin), actrice de second rôle (Bérénice Bejo), musique, montage, photographie, costumes et décors.
C’est la première fois qu’un film français aligne autant de nominations. Et si The Artist venait à gagner la statuette du meilleur film, ce serait une première dans l’histoire des oscars, qui ont toujours décerné le trophée le plus convoité de la soirée à des œuvres anglo-saxonnes. Les oscars couronnent la saison des prix cinématographiques aux États-Unis et dans le monde, cette année largement dominée jusqu’ici par The Artist, lauréat notamment de trois Golden Globes, sept Baftas (Grande-Bretagne), un Goya (Espagne) et de nombreux prix professionnels américains, avant les Spirit Awards du cinéma indépendant ce soir, près de Los Angeles (5 nominations). Pour l’oscar du meilleur film, The Artist sera donc face à des grosses pointures américaines: Cheval de guerre de Steven Spielberg, Hugo Cabret de Martin Scorsese, Minuit à Paris de Woody Allen, The Tree of Life de Terrence Malick, mais aussi Extrêmement fort et incroyablement près, Le stratège, The Descendants et La couleur des sentiments.
Au cours d’une soirée qui comptera notamment avec un numéro exceptionnel des saltimbanques québécois du Cirque du Soleil, ont été invitées à ouvrir les enveloppes des personnalités telles que Ben Stiller, Bradley Cooper, Penélope Cruz, Angelina Jolie, Cameron Diaz, Tom Cruise, Tom Hanks et Jennifer Lopez.
Côté acteurs, Jean Dujardin, qui plaît beaucoup à Hollywood, n’aura pas la partie facile : il aura notamment face à lui George Clooney et Brad Pitt. Chez les femmes, Meryl Streep pourrait transformer en statuette sa 17e nomination – record toutes catégories – pour son incarnation de Margaret Thatcher dans La Dame de fer, à moins que Glenn Close, jamais récompensée, ne lui souffle l’oscar pour son rôle travesti dans Albert Nobbs. Viola Davis, visage du film La couleur des sentiments, est aussi une candidate sérieuse. Les seconds rôles semblent acquis au vétéran canadien Christopher Plummer pour Beginners et à Octavia Spencer pour La couleur des sentiments, les deux acteurs ayant remporté tous les prix de l’hiver à Hollywood. Quant à l’oscar du meilleur film étranger, tous les augures anticipent une victoire du film Une séparation, succès international et inédit pour un film iranien, déjà récompensé aux quatre coins du monde.
Après le forfait d’Eddie Murphy, qui a renoncé à présenter les oscars après que le producteur Brett Ratner eut été écarté par l’académie à cause de propos homophobes, c’est le vétéran Billy Crystal qui sera aux manettes de la soirée, espérant effacer le souvenir d’une cérémonie 2011 très terne. Quant au théâtre accueillant la cérémonie, il a été rebaptisé en catastrophe après le retrait in extremis du sponsor Kodak, en dépôt de bilan. Ce n’est donc plus au «Kodak Theatre» mais au «Hollywood and Highland Center» que se tiendra officiellement la soirée.
(Source : AFP)

