Il faut s’attendre à « une vive discussion », a estimé un haut responsable de l’UE à propos du projet, qui prévoit qu’un allègement de dette pourrait être accordé en échange de réformes démocratiques et de concessions commerciales. « Il s’agit de voir qui d’autre montre de la résolution sur ce sujet, qui est neutre à ce stade et qui va manifester de l’opposition » au projet, a-t-il expliqué. L’idée est de s’inscrire dans la foulée du « printemps arabe », l’UE demandant des « progrès rapides » dans des négociations sur des accords de libre-échange entre les Européens et leurs « voisins du sud » de la Méditerranée, selon ce responsable de l’UE. Selon l’UE, les pays concernés sont : l’Algérie, l’Égypte, la bande de Gaza et la Cisjordanie, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Syrie et la Tunisie. Les dirigeants européens ont des plans ambitieux pour intégrer totalement cette région dans le plus grand espace de libre-échange de biens et de services du monde et l’aider à relancer une croissance économique stagnante. Si le projet est adopté, l’allègement de la dette incitera ces pays à adopter les normes européennes avec la menace d’une suspension de l’aide pour ceux qui seront accusés d’oppression ou de graves violations des droits de l’homme. Un responsable gouvernemental d’un pays membre a indiqué qu’il ne s’agissait pas à ce stade de parler de chiffres d’un éventuel allègement de dette et que la Commission européenne n’en avancerait pas avant avril, mais que « des milliards de dollars » pourraient être en jeu.
L’Égypte et la Tunisie ont été à elles seules les plus grandes bénéficiaires à ce jour des prêts de la Banque européenne d’investissements (BEI) dont le site Internet indique que chacun des deux pays a reçu près de 4 milliards d’euros avant le début des révoltes, il y a un an. La BEI a suspendu ses prêts à la Syrie, qui ont atteint près de 2 milliards d’euros en 2010. L’Égypte, le pays qui a connu la plus importante révolte du « printemps arabe », est confrontée à d’importantes diminutions de ses réserves de devises étrangères et les autorités de transition s’apprêtent à signer un protocole d’accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt d’un montant d’environ 3 milliards de dollars qu’elle avait refusé dans un premier temps.
L’agence de notation financière Standard and Poor’s (SP) avait annoncé le 10 février qu’elle abaissait la note de l’Égypte de « B+ » à « B » en raison du « fort déclin de ses réserves en devises » et de l’instabilité politique. La presse égyptienne a affirmé ces jours derniers que l’UE pourrait prêter 500 millions d’euros à l’Égypte.
(Source : AFP)

