Si le terme de crise n’est pas encore lâché, dirigeants et joueurs ont tiré la sonnette d’alarme depuis le match nul samedi à Fribourg (0-0), marqué d’une incapacité à inscrire un but au dernier qui en a encaissé 47 en 21 matches !
« On doit apporter rapidement des changements fondamentaux, sinon ça va être une saison très décevante pour le Bayern », a insisté le directeur sportif Christian Nerlinger.
En clair : si les chances de titre national sont entamées, le géant bavarois ne doit pas hypothéquer l’espoir d’un cinquième sacre européen – du moins pas si tôt – qui plus est l’année où la finale est programmée mi-mai à l’Allianz Arena, à Munich !
Mais comment l’équipe de Jupp Heynckes, conquérante à l’automne, capable de dominer un « groupe de la mort » en C1 avec Manchester City et Naples, a-t-il sombré au point de prendre seulement 7 points sur 15 possibles après la trêve ?
Statut de remplaçant
Bien sûr, il y a les blessures. Celle du « moteur » Bastian Schweinsteiger, renvoyé à l’infirmerie (fracture d’une cheville) peu après son retour d’une opération d’une clavicule. Et celle du défenseur central belge Daniel Van Buyten (pied), qui contraint Heynckes à des mouvements incessants en défense.
Mais qu’a produit l’attaque dans le même temps ? Tous ces internationaux, les Allemands Mario Gomez, Thomas Müller et Toni Kroos, le Français Franck Ribéry et le Néerlandais Arjen Robben, relégué au statut de remplaçant, semblent plus se regarder jouer que faire peur aux défenses.
Même Franckie, régulièrement loué pour ses envolées et ses prises de risques depuis le début de la saison (8 buts et 10 passes décisives), est pris dans la spirale négative et montre des signes de frustration.
À tel point que Karl Heinz Rummennige n’écarte pas que son équipe subisse le même sort que Manchester United, renvoyé à l’Europa League en cédant le nul (3-3) à domicile avant de s’incliner (2-1) au Sankt Jacobs Park de Bâle.
Prenable
« Si on joue comme l’a fait ManU, on aura aussi des problèmes », fait-il remarquer, espérant une réaction d’orgueil pour que le Bayern reste la troisième place forte européenne avec le Barça et le Real Madrid, avant le match retour le 13 mars.
Car l’appétit venant en mangeant, le leader du football helvétique est prêt à tout pour infliger le même sort au grand Bayern. « On ne veut pas juste bien faire, on veut atteindre les quarts de finale », assure l’entraîneur Heiko Vogel, pourtant grand fan du club bavarois dont il a entraîné les jeunes.
Il compte sur Alex Frei, l’ancien buteur du championnat de France (avec Rennes entre 2003 et 2006) puis de Bundesliga (à Dortmund jusqu’en 2009). À 30 ans, il reste toujours aussi dangereux dans les seize mètres comme en témoignent ses cinq buts en phase de poules et les onze en Ligue suisse.
Mais également sur Xerdan Shaqiri, même si le jeune joueur (20 ans), étoile montante du foot helvétique, sera confronté à un cruel dilemme puisqu’il affrontera une équipe bavaroise qu’il doit rejoindre à l’été.
Pour Bâle, ce Bayern-là est prenable. Mais attention à l’excès de confiance et/ou à une réaction d’orgueil des Bavarois qui avaient gagné 2-1 en Suisse en phase de poules l’an dernier.
(Source : agences)

