Il bouillonne d’impatience, le citoyen, en cette fin février, à l’heure où les amandiers sont déjà en fleurs, que la terre se réchauffe et que sévissent les derniers soubresauts de l’hiver.
Impatient, qu’il soit employé ou fonctionnaire. Car il attend de recevoir l’augmentation de salaire que lui a finalement accordée le gouvernement en guise d’indemnisation de vie chère. Après des mois de promesses, de tergiversations, de discussions, de bisbilles, de querelles même.
Il se prend alors à rêver, le citoyen, car des projets, il en a plein la tête. Si Dieu lui prête vie, bien entendu ! Il voudrait bien organiser enfin ce petit voyage à deux, qu’il ne cesse d’ajourner depuis tant d’années. Il voudrait aussi retaper son appartement fatigué à la peinture défraîchie. Il voudrait surtout changer sa voiture qui devient poussive, après de nombreuses années de bons et loyaux services. Ses yeux brillent déjà d’excitation, rien que d’y penser...
Mais cette excitation est de courte durée. Elle devra rapidement céder la place à une amère déception, à mesure que le citoyen refait ses calculs. Il réalise alors, une fois de plus, qu’il ne réussira pas à boucler son mois. Vu le nombre astronomique de dépenses imprévues qui lui tombent dessus et s’accumulent de jour en jour. Vu surtout la montée en flèche des prix des denrées de base, qu’il n’avait pas prévue. Depuis sa facture de mazout jusqu’à celle de son boucher ou de son légumier, en passant par celle de son supermarché hebdomadaire.
Car bien évidemment, c’est à une vitesse vertigineuse que les prix s’envolent, au Liban, dès lors que se profile la possibilité d’une augmentation salariale, même limitée. Une envolée sauvage, dénuée de tout fondement, qui se généralise en l’absence du moindre contrôle. Et qui touche tous les autres secteurs aussi, à savoir les transports, l’habillement, la restauration ou même les loisirs, sans parler de l’immobilier qui n’en finit pas de grimper malgré une stagnation palpable.
Y a qu’à voir l’étonnement des étrangers de passage au pays du Cèdre lorsqu’ils sont confrontés aux dépenses du quotidien. Un quotidien qu’ils qualifient tout bonnement d’inabordable, qu’ils soient arabes, américains ou européens. Mais un quotidien dont doit s’accommoder tant bien que mal le Libanais, quitte à abandonner ses rêves d’abondance et continuer à faire des économies de bouts de chandelle...
Impatient, qu’il soit employé ou fonctionnaire. Car il attend de recevoir l’augmentation de salaire que lui a finalement accordée le gouvernement en guise d’indemnisation de vie chère. Après des mois de promesses, de tergiversations, de discussions, de bisbilles, de querelles même.
Il se prend alors à rêver, le citoyen, car des projets, il en a plein la tête. Si Dieu lui prête vie, bien entendu ! Il voudrait bien organiser enfin ce petit voyage à deux, qu’il ne cesse d’ajourner depuis tant d’années. Il voudrait aussi retaper son appartement fatigué à la peinture défraîchie. Il voudrait surtout changer sa voiture...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Le salaire n'est que l'esclavage prolongé et au Liban il l ’est à perpétuité . Nazira.A.Sabbagha
10 h 03, le 18 février 2012