En ma qualité de comptable de gestion et, n’étant pas ingénieur, je ne peux commenter utilement que sur ce qui y est appelé : « Les problèmes institutionnels de gestion ».
En premier lieu, j’aimerai savoir pourquoi le conseil d’administration n’a pas d’« autorité suffisante » et comment s’arrange-t-il pour diriger ? Si c’est le cas, que reste-t-il faire alors ?
D’autre part, je me demande pourquoi il a fallu dix ans et plus de 10 milliards de dollars de pertes pour que l’administration de l’EDL (conseil, président directeur et membres) réalise tout ce dont il est fait mention dans ce rapport et la nécessité de réformer cette administration. On serait à présent en droit de leur dire : « Réformez tout de suite ou dégagez ».
Mais examinons à tête froide les problèmes « institutionnels » dont se plaignent les dirigeants de l’EDL. D’après eux, ceux-ci sont :
1) L’absence d’autorité suffisante accordée au conseil d’administration pour prendre les décisions adéquates.
Commentaire : vous voulez nous dire que le conseil d’administration n’a pas le droit d’engager deux contrôleurs à 40 000 dollars par an, qui pourraient économiser à l’entreprise dix fois leur salaire, mais a le droit de faire encourir 2 milliards de dollars de pertes par an aux citoyens sans que personne ne lui en demande compte ?
2) L’insuffisance de formations techniques et les difficultés à embaucher du personnel qualifié.
Commentaire : quelles difficultés ? Nos jeunes émigrent pour trouver du travail. Embauchez-en certains et formez-les. S’il n’y a pas d’instituts de formation, créez-en un.
3) La non-disponibilité de rapports transparents et dignes de confiance (statistiques, finance, critères, performances...) est due, pour le moins qu’on puisse dire, au fait que les audits depuis 2001 sont déficients.
Commentaire : qu’est-ce qui empêche d’ordonner ces audits ?
4) Une déficience énorme au niveau des ressources humaines. Le personnel d’EDL est formé de 1 930 employés alors que 5 027 sont nécessaires, soit une vacance de 3 097 postes. Chaque année, l’EDL perd entre 120 et 150 employés (8 %) à cause des départs à la retraite.
Commentaire : cela fait six ans que nous avons droit au même refrain. Si l’on doit embaucher, embauchez donc. Et formez... S’il est possible de prouver (et rien n’est plus facile) que cet employé va rapporter dix fois son salaire, qui va protester ? Plus de transparence s’il vous plaît.
Le deuxième problème serait représenté par « l’absence de critères clairs d’évaluation de l’action d’EDL ».
Commentaire : si tel est le cas, et je suis enclin à être d’accord avec vous car ce manque est manifeste à travers toute l’administration libanaise, qu’est-ce qui empêche d’introduire des critères clairs ? À titre d’exemple seulement, chaque unité de génération d’électricité est supposée consommer une quantité déterminée de fuel par kilowatt/heure produit. Le critère d’évaluation dans ce cas serait cette quantité. Y a-t-il des tableaux journaliers indiquant la moyenne de fuel consommé par jour par chaque unité ?
Auquel cas, qu’est-ce qui empêcherait la direction de réunir toutes ces données à la fin de chaque mois pour vérifier la consommation de fuel durant ce mois ? Si cela est déjà fait, pourquoi ne pas en publier les résultats afin que nous soyons un peu plus rassurés quand nous apprenons, à la fin de l’année, que l’EDL a perdu deux milliards de dollars ? Nous voulons des chiffres et des résultats, pas du verbiage.

