Récemment, le porte-parole du Conseil national de transition (CNT) au pouvoir, Mohammad al-Harizi, a toutefois noté une hausse des réserves des banques en dinars libyens. Elles sont passées, selon lui, de 500 millions à la chute du régime en octobre à 1,5 milliard actuellement.
« Malgré la levée des sanctions de l’ONU contre la Banque centrale de Libye, la situation financière du secteur public reste précaire », estimait fin janvier le FMI. « L’État se finance en empruntant à la Banque centrale et en tirant sur ses dépôts. La contrepartie sur le bilan de la Banque centrale est une création de monnaie, principalement à travers un accroissement des billets en circulation », s’inquiétait le Fonds. La création de monnaie engendre une hausse de l’inflation, déjà estimée à 14 % en 2011. « À court terme, les défis essentiels pour les autorités sont de mettre en place une discipline budgétaire et de ressusciter le système bancaire tout en maintenant la stabilité macroéconomique », notait le FMI, jugeant que le taux de chômage, estimé à 26 % avant le conflit, avait « probablement » augmenté. À moyen et long terme, la Libye est appelée à diversifier son économie basée à 90 % sur les hydrocarbures mais aussi à mettre fin à la corruption dans une administration rongée par la bureaucratie. « La situation de l’économie libyenne est la même que sous Kadhafi, peut-être pire », souligne de son côté Ridha Hosni Bey, un des plus importants hommes d’affaires en Libye, basé à Benghazi (Est), qui critique notamment les systèmes douanier et fiscal. « Le même lobby corrompu est toujours à l’œuvre, et en l’absence de justice et de contrôle, c’est difficile de mettre fin aux anciennes pratiques », dit-il.
Les nouveaux dirigeants doivent aussi rétablir la sécurité et désarmer le pays pour encourager les compagnies et la main-d’œuvre étrangères à retourner en Libye où les grands chantiers sont toujours à l’arrêt. Mais le gouvernement a été clair : « Pas de nouveaux contrats avant l’élection » en juin de l’Assemblée constituante, ont répété les responsables libyens devant la frénésie des compagnies étrangères avides de brut et qui luttent déjà pour décrocher une part des juteux contrats de la reconstruction du pays. Paris et Londres, à la pointe des opérations militaires aux côtés des rebelles, semblent en bonne position pour décrocher les plus importants contrats. Toutefois, note un diplomate occidental à Tripoli : « Rien n’est gagné d’avance dans ce pays. »
(Source : AFP)


Washington condamne « l'attaque scandaleuse » imputée à l'Iran ayant visé l'aéroport à Koweït