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À La Une - Révolte

Syrie : Paris juge un compromis possible à "court terme" avec Moscou

Deraa ressemble au "Liban durant la guerre civile", affirme un habitant ; un "groupe armé" abat un imam près de Damas.

Une vidéo diffusée sur YouTube montrant un jeune enfant pleurant la mort de son frère, tué par des tirs des forces de l'ordre syrienne, à Saramein.

L'arrêt des massacres en Syrie est le point qui pourrait permettre à la communauté internationale de s'accorder, a estimé jeudi à Vienne le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, après une rencontre qui n'a pas apporté d'avancée avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, Moscou continuant à soutenir le régime du président Bachar el-Assad.

"Il faut tout faire pour que la violence cesse et qu'une aide humanitaire importante soit apportée à la population syrienne, qui est dans une situation épouvantable", a insisté Alain Juppé, qui participe à Vienne à la 3e conférence ministérielle du Pacte de Paris, signé en 2003, pour la lutte contre le trafic de drogue en Afghanistan.

 

L'Assemblée générale des Nations unies doit se prononcer plus tard dans la journée sur un projet de résolution qui condamne la répression en Syrie, quelques jours après le blocage par Moscou et Pékin d'un texte similaire au Conseil de sécurité.

La Russie ne soutiendra pas ce projet de résolution dans la mesure où il est "inéquitable" dans sa forme actuelle, selon une source "informée" citée par l'agence Interfax. Moscou a demandé plusieurs amendements au texte, dont un portant sur un paragraphe se référant au plan de la Ligue arabe du 22 janvier.

Ce plan prévoit que le président syrien cède ses pouvoirs à son vice-président, alors que Moscou s'oppose à tout changement de régime imposé de l'extérieur.

Un autre amendement ferait coïncider le retour des troupes syriennes dans leurs casernes avec "la fin des attaques par des groupes armés" d'opposition.

 

Entre-temps, la répression du régime contre les civils, notamment à Homs et Hama, n’a pas baissé en intensité jeudi. Les forces syriennes ont attaqué plusieurs bastions de la révolte, faisant plus de 22 morts. L’armée syrienne a continué de pilonner Homs, assiégée et bombardée depuis le 4 février, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des Roumaines mariées à des Syriens et rapatriées dans leur pays natal ont évoqué "une guerre comme on n'en a jamais vu". Selon Amnesty International, au moins 377 civils, dont 29 enfants, ont été tués à Homs depuis le 4 février, et des centaines de blessés graves sont bloqués dans la ville et privés de soins adéquats.

 

Plus au nord, à Hama, quatre civils et 10 déserteurs ont été tués dans un pilonnage par les forces du régime de la localité de Kafrnbouda, et quatre soldats ont péri dans l'attaque de leur check-point par des déserteurs, selon l'OSDH.

A Deraa, berceau de la révolte dans le sud du pays, un civil a été tué par des tirs des troupes et trois soldats ont été tués lors d'affrontements avec des déserteurs, a-t-elle poursuivi. "C'est devenu comme le Liban durant la guerre civile (1975-1990), on est devenu habitué aux tirs et aux coupures d'électricité", témoigne Mohammed, un habitant de Deraa.

 

Parallèlement, l’agence officielle Sana a rapporté que l’imam Ahmad Sadek (37 ans) a été abattu mercredi soir par un "groupe terroriste armé" alors qu'il rentrait chez lui à Bouaïda, près de Damas. Il s'agit de l'un des rares religieux à être assassiné depuis le début de la révolte en mars 2011.

 

Toujours à Damas, quatorze personnes, dont la blogueuse Razan Ghazzawi et le journaliste Mazen Darwish, directeur du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression, ont été arrêtées par les forces de sécurité dans les locaux de cette association, a indiqué dans un communiqué l'opposant Anouar al-Bounni.

 

Ces développements surviennent au lendemain de l'annonce par le président Assad d'un référendum – prévu le 26 février - sur un projet de Constitution rejeté par l'opposition.

 

 

Le bulletin que les Syriens devront

mettre dans l'urne, le 26 février prochain,

lors du référendum sur la nouvelle Constitution.

SANA/HO/AFP

 

 

Pour les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent la contestation sur le terrain, "le régime se moque de la volonté des Syriens car les conditions pour la tenue de référendum ne sont pas réunies et celui qui a élaboré le projet n'est pas légitime".

Pour le Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND), basé en Syrie, "il est absolument impossible que l'on participe à un référendum avant l'arrêt des violences et des assassinats".

"Un régime qui tue son peuple (...) n'a pas le droit d'établir une Constitution pour organiser la vie politique en Syrie", ont renchéri les militants pro-démocratie sur leur page Facebook "Syrian Revolution 2011".

Le Conseil national syrien (CNS), principale instance de l'opposition, qui vient de reconduire pour trois mois Burhan Ghalioun à sa tête, n'a pas encore réagi publiquement à l'annonce du référendum.

 

La loi fondamentale proposée ouvre la voie au multipartisme en mettant fin à la primauté du parti Baas au pouvoir depuis près de 50 ans mais cette revendication est dépassée pour l'opposition qui réclame désormais le départ pur et simple de M. Assad.

 

Damas "doit d'abord arrêter de tuer ses propres citoyens", avant d'engager un référendum, mais "l'opposition doit aussi mettre un terme aux violences", a déclaré le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

 

Enfin, la Chine a annoncé l'envoi vendredi d'un vice-ministre des Affaires étrangères en Syrie, qui s'est déclaré opposé à un "changement de régime amené par la force".

 

 

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L'arrêt des massacres en Syrie est le point qui pourrait permettre à la communauté internationale de s'accorder, a estimé jeudi à Vienne le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, après une rencontre qui n'a pas apporté d'avancée avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, Moscou continuant à soutenir le régime du président Bachar el-Assad.
"Il faut tout faire pour que la violence cesse et qu'une aide humanitaire importante soit apportée à la population syrienne, qui est dans une situation épouvantable", a insisté Alain Juppé, qui participe à Vienne à la 3e conférence ministérielle du Pacte de Paris, signé en 2003, pour la lutte contre le trafic de drogue en Afghanistan.
 
L'Assemblée générale des Nations unies doit se prononcer plus tard dans la journée sur un projet de résolution qui...
commentaires (7)

Les amis, ceux qui tablent sur un effondrement du régime syrien, par la force des armes, croyant que ce serait dans l'intérêt du Liban, se trompent énormément, car elle serait de très longue haleine et point garantie. Seule une transition en douceur et démocratiquement, par des négociations, de toutes les parties syriennes concernées, régime et oppositions, serait viable pour la Syrie et pour le Liban. Les exités de la Ligue Arabe devraient se calmer un peu et penser sereinement. Toute escalade qui transformerait la crise en conflit Chiite et Sunnite, et mettrait toute la région à feu et à sang, devrait être récusée, et malheureusement ça se dirige dans cette direction avec l'irresponsabilité Arabe et les interventions régionales. La maturité fait défaut et on se laisse aller avec les conseils, pas en faveur de la région, par les manufacteurs et les vendeurs des armes. Calmez vous, Messieurs, car les souhaits et les voeux ne sont nécessairements pas les faits. Et ça ne veut pas dire que je suis pour le referendum dont on parle en Syrie.

SAKR LEBNAN

13 h 07, le 16 février 2012

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Commentaires (7)

  • Les amis, ceux qui tablent sur un effondrement du régime syrien, par la force des armes, croyant que ce serait dans l'intérêt du Liban, se trompent énormément, car elle serait de très longue haleine et point garantie. Seule une transition en douceur et démocratiquement, par des négociations, de toutes les parties syriennes concernées, régime et oppositions, serait viable pour la Syrie et pour le Liban. Les exités de la Ligue Arabe devraient se calmer un peu et penser sereinement. Toute escalade qui transformerait la crise en conflit Chiite et Sunnite, et mettrait toute la région à feu et à sang, devrait être récusée, et malheureusement ça se dirige dans cette direction avec l'irresponsabilité Arabe et les interventions régionales. La maturité fait défaut et on se laisse aller avec les conseils, pas en faveur de la région, par les manufacteurs et les vendeurs des armes. Calmez vous, Messieurs, car les souhaits et les voeux ne sont nécessairements pas les faits. Et ça ne veut pas dire que je suis pour le referendum dont on parle en Syrie.

    SAKR LEBNAN

    13 h 07, le 16 février 2012

  • A ne rien comprendre a ce regime...ils prennent les gens pour des c...franchement c'est tellement debile leur referendum...en 15 jours on change la consttitution..voila vous avez eu ce que vous voulez...calmez vous..et que tout le monde rentre a la maison.

    Houri Ziad

    09 h 13, le 16 février 2012

  • En voyant le bulletin de référendum dans cet article. Ainsi ce bulletin facilitera la tache pour la capture des opposants. Ceux qui auront voté "pas d'accord", direction la prison. Astucieux comme méthode démocratique pour connaitre les tendances de chacun. Ah l'isoloir?? le secret du vote...ouiii bien sûr...

    Viken GARABEDIAN

    07 h 52, le 16 février 2012

  • Sur la moumanaa syrienne: Le régime Baas et Assad qui parlent: Oui que nous faisons de la résistance!! Mais vous dites n'importe quoi en nous accusant d'avoir collaboré avec les USA et Israel. Oui nous résistons au peuple qui demande des co...eries du genre "liberté". C'est quoi ce mot là?? Oui nous résistons en ayant du mal..On m'accuse à tort d'exterminer mon peuple; Juste quelques dizaines de millers de morts tués par mon armée. Mais attention: C'est l'armée. Moi je ne controle pas cette armée. Je suis président mais l'armée peut commettre des abus mais je ne suis pas responsable. Puis, nous accuser de collaborer?? Occuper le liban? Les USA nous ont supplié à genoux de venir au Liban. On ne voulait pas. La Saika qui reçoit des ordres du parti, eh bien oui elle n'a JAMAIS bombardé les libanais. Juste quelques pigeons qui volaient du côté de Raouché. L'irak? On tenait à Saddam. Jamais nous n'avons négocié notre aide et envois de militaires en irak contre une invasion du Liban. Walaow?? Tsahal en 82 au Liban: Nous?? nous retirer pour éviter les combats contre l'invasion israelienne?? Jamais. Oui on a dû regarder ailleurs mais vous savez, le paysage du liban. Nous sommes des romantiques au Baas Arafat?poursuivi à Tripoli à la demande israelienne parce que Tshal est rentré à Beyrouth mais n'a pas pu arriver à Tripoli? Mais c'est juste un service rendu. Vous voulez que je sois gentil..ben voilà.Nous le sommes.

    jean-Pierre EL KHOURY

    07 h 48, le 16 février 2012

  • En interne? Tais toi. Ne bouge pas. Ne conteste jamais. Ne porte plainte jamais contre quiconque protégé du régime. Ta liberté d'expression? Nous parlerons pour toi. Ta démocratie? C'est nous. Tes droits de l'homme? C'est le parti qui décide. Juste fais ce qu'on dit. Vote et laisse nous le soin d'ajuster les résultats quelque soit ton vote. Si tu ne fais pas ce qu'on te dit, si tu manifestes pacifiquement comme tu l'as déjà fait en Mars2011 ( avant que cela dégénère en combats) eh bien c'est simple: On te tue démocratiquement au nom du Baas protecteur de la famille ASSAD et des moukhabarat qui surveille la population même aux WC. Ces assassinats peuvent être décidés au détail, en demi gros ou en masse; L'arsenal commence par la Falka aux bombardements aux missiles selon votre degré de volonté de liberté et démocratie. En externe? Je fais des réforme pour mon peuple adoré Voyez? J'organise des référendums ( comprendre aux survivants), vous verrez le résultat: 99,99% vont se déclarer satisfaits de mes choix. De nouveaux partis (clones du Baas) seront crées (par des amis à moi du baas) . Vous voyez? Moi je leur donne la liberté ( d'obéir) et eux ils boycottent mon référendum..qui est le méchant? hein? En tout cas, il n'y aura plus de référendum..na..(le temps de liquider les opposants) A ce moment, personne ne pourra refuser MON référendum et j'aurai MES nouveaux petits partis baassiots qui auront mon aval.

    Jean-Pierre EL KHOURY

    07 h 31, le 16 février 2012

  • Ils ont tout à fait raison, les SAINS syriens, contrairement aux "autres" MALSAINS.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    06 h 15, le 16 février 2012

  • - - Mais bien sûr qu'ils contestent et appellent au boycott puisqu'ils ne reconnaissent ni référendum , ni vote et ni constitutions les Salafisto-Wahabites , qu'ils soient Syriens ou Saint-Syriens !! C'était attendu qu'ils réagissent ainsi , ça ne trompe personne .

    JABBOUR André

    04 h 37, le 16 février 2012

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