Avec un danger de retombées, sectaires ou ethniques, dans la région tout entière. Que vont donc proposer les « amis de la Syrie » qui se réunissent prochainement en congrès, pour lui éviter un bain de sang ?
Un ancien responsable observe que les guerres intestines ne se terminent, le plus souvent, que par suite d’une intervention étrangère, politique ou militaire. Le Liban en est un exemple constant. Les événements de 1958 n’ont pris fin qu’avec le débarquement des Américains, qui ont imposé l’élection de Fouad Chéhab et son contrat avec Nasser. La guerre qui a éclaté en 1975 ne s’est terminée que quinze ans plus tard, par l’entrée en lice des Syriens, sur approbation US et feu vert israélien. Si le Conseil de sécurité n’avait pas souscrit à l’intervention de l’OTAN, la guerre de Libye se poursuivrait encore aujourd’hui. Au Yémen, le président Ali Abdallah Saleh ne s’est incliné que devant la forte pression de l’Arabie saoudite et du Golfe. En Égypte, c’est la position musclée de l’armée qui a forcé Moubarak à lâcher le pouvoir. De même en Tunisie pour Zein el-Abidine.
Assad toujours en selle
Mais il faut reconnaître que la situation d’Assad est différente. L’armée reste très majoritairement en sa faveur. Il n’y a pas eu de défections massives d’officiers de haut rang. Il est également évident qu’il bénéficie encore aujourd’hui d’un appui populaire raisonnable. Cela l’encourage à repousser les résolutions arabes qui l’invitent à se démettre. D’autant que l’appui soviétique et chinois ne lui fait pas défaut, bien au contraire. C’est ainsi qu’il parvient à contrer toute résolution de l’ONU qui lui serait contraire.
Tout est question, bien évidemment, d’intérêts chroniques. La Russie y trouve son compte avec l’actuel régime syrien. Un bon client et un marche-pied en Orient. D’autant que ce pouvoir affirme avoir déjà engagé les réformes devant mener au pluralisme des partis, et à la démocratie à travers des élections libres et propres. Faussement ingénus, les dirigeants russes tournent les choses sous cette forme interrogative : ce qui est requis, est-ce de faire sauter la tête du régime syrien ou de réformer le système ?
Retour à l’ancien responsable précédemment cité. Il pense que l’idée d’une force de paix arabo-internationale est vouée au panier, comme l’a été la mission d’observation arabe. Sauf, ce qui le surprendrait, si la Russie décidait d’y contribuer. Dans ce cas, resterait la question : le président Assad lâcherait-il les rênes avant ou après les réformes ? L’opposition refuse pour sa part de dialoguer avec lui, car il symbolise à ses yeux la répression la plus sanglante qui se puisse imaginer. L’armée égyptienne et l’armée tunisienne ont réglé les cas de Moubarak et de Abidine, l’Arabie saoudite celui de Saleh. Qui va s’occuper d’Assad ? Son maintien vaille que vaille tiendrait-il devant le risque d’un embrasement régional ? Seule la Russie et la Chine, qui continuent à le protéger, peuvent y répondre...


C'est simple ! N'est-ce pas ?
06 h 23, le 16 février 2012