Mahmoud Ahmadinejad et une équipe de scientifiques examinent une barre de combustible nucléaire à 20 %. Photo Press TV handout/AFP
L’enrichissement d’uranium est au cœur du conflit opposant depuis plusieurs années l’Iran à la communauté internationale, qui craint que le programme nucléaire iranien n’ait des objectifs militaires en dépit des dénégations répétées de Téhéran.
Ces annonces interviennent alors que l’Iran et le groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) doivent reprendre leurs négociations nucléaires. Le négociateur en chef iranien sur le dossier nucléaire Saïd Jalili a en effet répondu à une lettre d’octobre dernier de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, en faveur d’une reprise des discussions.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a déjà voté six résolutions, dont quatre assorties de sanctions, pour contraindre les Iraniens à suspendre l’enrichissement. Mais contrairement aux pays occidentaux, qui ont imposé de nouvelles sanctions contre l’Iran, la Russie et la Chine s’y opposent et prônent le règlement de la crise par le dialogue. Un responsable chinois a d’ailleurs déclaré hier que son pays ne souhaite pas voir l’Iran acquérir des armes nucléaires, mais entend néanmoins défendre ses « intérêts économiques légitimes » face aux sanctions unilatérales prises par les puissances occidentales à l’encontre de Téhéran.
Pour sa part, la Russie a estimé hier que les puissances mondiales doivent s’efforcer davantage d’obtenir des concessions de la part de l’Iran concernant son programme nucléaire, tout en prévenant que Téhéran serait de moins en moins susceptible d’en faire à mesure que ses recherches avancent. Selon le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, Moscou s’inquiète des progrès enregistrés par le programme nucléaire de l’Iran et ne pourrait accepter que la République islamique dispose de l’arme nucléaire, sans cependant voir la preuve de ses desseins militaires.
L’arme du pétrole
Dans cette partie de bras de fer, la chaîne iranienne en langue anglaise Press TV a annoncé hier que l’Iran avait suspendu ses exportations de pétrole vers six pays européens – Espagne, France, Grèce, Italie, Pays-Bas et Portugal. Cette suspension a cependant été démentie par le ministère iranien du Pétrole, qui a également assuré que Téhéran « ne le fera pas pour l’instant pour des raisons humanitaires et à cause du froid ».
Si une baisse des exportations iraniennes de brut devait se concrétiser, elle n’affecterait guère les importateurs européens qui ont de toute façon l’intention de « changer de fournisseur », a relativisé la Commission européenne. « Le pétrole est quelque chose que l’on peut obtenir sur les marchés internationaux et les Saoudiens ont dit qu’ils allaient augmenter leur production », a relevé la porte-parole de la Commission en charge de l’Énergie Marlene Holzner. Deuxième pays de l’OPEP, l’Iran vend un peu plus de 20 % de son pétrole aux pays de l’Union européenne.
(Source : agences)

