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Syrie: le régime veut "la démocratie", Homs toujours sous les bombes

Le régime syrien a annoncé mercredi que la future Constitution du pays mettrait fin à la primauté du parti Baas, au pouvoir depuis près de 50 ans, mais sans cesser la répression notamment dans la ville rebelle de Homs encore sous les bombes.

Le président Bachar al-Assad a fixé au 26 février la tenue d'un référendum sur la nouvelle loi fondamentale qui instaurerait un "Etat démocratique" basé sur le pluralisme, dans ce qui semble être une tentative du régime pour calmer l'émotion d'une communauté internationale choquée par le bain de sang.

Mais sur le terrain, la liste des morts s'allongeait avec au moins 20 personnes tuées mercredi. Homs, bastion de la révolte, reste pratiquement coupée du reste du monde, les combats meurtriers entre déserteurs et armée redoublent de violence et des dizaines d'arrestations ont lieu chaque jour sur l'ensemble du territoire.

"Le système politique sera basé sur le principe du pluralisme politique et le pouvoir sera exercé démocratiquement à travers des élections", selon le texte du projet diffusé par l'agence Sana et la télévision publique.

Le nouveau texte précise que la Syrie est un "Etat démocratique souverain et indivisible", que "le président de la République sera élu directement par le peuple pour deux mandats successifs" et "la religion du président est l'islam".

Ces annonces interviennent la veille d'une réunion de l'Assemblée générale des Nations unies qui doit se prononcer jeudi à 20H00 GMT sur un projet de résolution qui condamne la répression, quelques jours après le blocage d'un texte similaire au Conseil de sécurité.

L'adoption de cette résolution soutenue notamment par de nombreux pays occidentaux et arabes, est très probable mais elle aura une portée essentiellement symbolique.

Mais les annonces sur la nouvelle Constitution ne devrait pas convaincre la communauté en raison de la poursuite des combats, estiment des analystes

"Lancer des propositions comme ça et tenter de tenir un référendum alors que les combats font rage est, pour le moins qu'on puisse dire, pas réaliste", affirme à l'AFP Paul Salem, directeur du centre Carnegie pour le Moyen-Orient.

Ligue arabe et puissances occidentales tentent de trouver une issue à la crise notamment avec la dégradation de la situation humanitaire, notamment à Homs.

Mercredi, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a souhaité que l'ONU discute de la création de couloirs humanitaires "permettant aux ONG d'atteindre les zones qui font l'objet de massacres absolument scandaleux". La veille, il avait annoncé que Paris allait créer un fonds d'urgence humanitaire doté d'un montant d'un million d'euros.

Les condamnations se succèdent toutefois sans qu'une véritable issue ne pointe après onze mois de contestation populaire réprimée dans le sang, au prix de plus de 6.000 morts, selon des militants.

La chancelière allemande Angela Merkel a évoqué de nouvelles sanctions européennes contre Damas, affirmant que l'Union européenne soutenait la "position ferme" de la Ligue arabe.

Profondément divisée sur la Syrie, la communauté internationale étudie la proposition d'une force de paix, avancée dimanche par la Ligue arabe.

Moscou a exigé un cessez-le-feu et Washington souligné qu'en l'absence de paix, une telle initiative était compliquée.

La Russie et la Chine bloquent au Conseil de sécurité de l'ONU toute résolution condamnant la répression en Syrie.

La résolution qui sera présentée jeudi à l'Assemblée générale exige du gouvernement syrien qu'il mette fin à ses attaques contre sa population civile, soutient les efforts de la Ligue arabe pour assurer une transition démocratique à Damas et recommande la nomination d'un envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie.

A Damas, les partisans du président Assad, qui reste soutenu par une partie de la population, se sont manifestés avec des dizaines de jeunes rassemblés devant l'ambassade de Russie pour "remercier la Russie et à la Chine" qui soutiennent Damas, selon la télévision publique.

Une jeune femme interviewée a appelé avec insistance le président à "faire intervenir l'armée (dans les villes syriennes) afin de nous débarrasser des gangs". "Nous te prions de frapper d'une main de fer", a-t-elle lancé.

Une main de fer qui se fait sentir au quotidien notamment à Homs mais aussi à Hama (centre), de nouveau prise d'assaut mercredi. A Alep (nord) neuf civils, sept soldats et quatre déserteurs ont été tués en 24 heures, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

En outre, des forces de sécurité "soutenues par des transports de troupes blindés ont pris d'assaut le quartier de Barzé", à la périphérie de Damas, d'après l'ONG.
Le régime syrien a annoncé mercredi que la future Constitution du pays mettrait fin à la primauté du parti Baas, au pouvoir depuis près de 50 ans, mais sans cesser la répression notamment dans la ville rebelle de Homs encore sous les bombes.Le président Bachar al-Assad a fixé au 26 février la tenue d'un référendum sur la nouvelle loi fondamentale qui instaurerait un "Etat démocratique" basé sur le pluralisme, dans ce qui semble être une tentative du régime pour calmer l'émotion d'une communauté internationale choquée par le bain de sang.Mais sur le terrain, la liste des morts s'allongeait avec au moins 20 personnes tuées mercredi. Homs, bastion de la révolte, reste pratiquement coupée du reste du monde, les combats meurtriers entre déserteurs et armée redoublent de violence et des dizaines d'arrestations ont lieu...