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À La Une - Golfe

Roi du Bahreïn : "Il n'y a pas d'opposition chez nous"

Vive tension à la veille du premier anniversaire de la contestation.

Un opposant s'apprête à lancer un cocktail Molotov, dimanche, lors d’affrontements avec les forces de l'ordre dans le village de Sanabis, à l'ouest de Manama. Le Bahreïn est sous tension alors que demain marque le premier anniversaire du mouvement de contestation qui a débuté le 14 février 2011. Hamad I Mohammed/Reuters

Le roi de Bahreïn Hamad Ben Issa Al-Khalifa a assuré lundi qu'il n'y avait pas d'opposition organisée dans son pays, dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel paru lundi. "Il n'y a pas d'opposition à Bahreïn, le terme +opposition+ impliquant bloc unifié avec les mêmes vues", a-t-il déclaré.

"Une telle expression n'est pas dans notre constitution. Nous avons seulement des gens avec des vues différentes et c'est bien comme ça", a dit le roi Hamad au journal allemand.

 

Le mouvement de contestation, animé par des chiites, majoritaires à Bahreïn, réclame une monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe dirigé par une famille royale sunnite.

 

Mais le roi paraît ne pas vouloir faire de concessions. Il a déclaré : "Il y a eu des offres au dialogue plusieurs fois, mais elles ont été rejetées". "D'un côté, les gens disent qu'ils veulent une monarchie constitutionnelle. Mais d'un autre, ils veulent que le roi donne des ordres. Je n'aime pas les contradictions", a-t-il ajouté.

 

Le roi Hamad a également indiqué au Spiegel avoir demandé l'aide de forces du Conseil de coopération des États arabes du Golfe, lors des protestations à Bahreïn l'an passé pour empêcher l'Iran de prendre pied dans son pays. Il a par ailleurs exclu une attaque militaire contre l'Iran, estimant que cela serait contraire à l'Islam.

 

Des déclarations qui interviennent alors que la tension est vive, à Bahreïn, où des manifestations émaillées de violences se sont intensifiées à la veille du premier anniversaire du soulèvement contre le régime.

 

En début de soirée, les forces de sécurité ont tiré du gaz lacrymogène et des bombes assourdissantes pour disperser des milliers de personnes, qui tentaient de marcher sur la place de la Perle à Manama, haut lieu symbolique de la contestation, selon des témoins. Le ministère de l'Intérieur a indiqué que ses agents répliquaient à des protestataires qui les attaquaient à coups de cocktails Molotov et de pierres, ajoutant qu'une manifestation autorisée du Wefaq, principal groupe de l'opposition chiite, avait ainsi "perdu son caractère pacifique".

Le chef de la sécurité générale, le général Tarek al-Hassan, a également mis en garde contre "les appels provocateurs sur les réseaux sociaux à des manifestations ou des activités illégales".

 

Dans les banlieues chiites de Manama, des affrontements ont opposé dans la nuit de dimanche et jusqu'à l'aube des manifestants à la police qui les a dispersés à l'aide de tirs de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, ont rapporté des témoins. Plusieurs personnes ont été blessées mais ont préféré ne pas se rendre dans les hôpitaux gouvernementaux de peur d'être arrêtées, a précisé l'un des témoins.

 

Parallèlement, Amnesty International a estimé lundi que Manama n'avait pas mis en oeuvre les réformes recommandées par une commission d'enquête indépendante sur la répression de la contestation. "Le gouvernement de Bahreïn est encore loin d'opérer les changements en matière de droits de l'Homme", proposés par la commission indépendante, relève l'organisation dans un communiqué.

 

La répression de la contestation s'était soldée par 35 morts : 30 civils, dont 5 décédés sous la torture, et 5 membres des forces de sécurité, avait indiqué cette commission dans son rapport rendu en novembre. Amnesty a fait état lundi "d'au moins 20 autres morts" dans les heurts qui se sont poursuivis par intermittence à Bahreïn, portant ainsi le bilan à au moins 55 personnes tuées en un an.

 

Le roi de Bahreïn Hamad Ben Issa Al-Khalifa a assuré lundi qu'il n'y avait pas d'opposition organisée dans son pays, dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel paru lundi. "Il n'y a pas d'opposition à Bahreïn, le terme +opposition+ impliquant bloc unifié avec les mêmes vues", a-t-il déclaré.
"Une telle expression n'est pas dans notre constitution. Nous avons seulement des gens avec des vues différentes et c'est bien comme ça", a dit le roi Hamad au journal allemand.
 
Le mouvement de contestation, animé par des chiites, majoritaires à Bahreïn, réclame une monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe dirigé par une famille royale sunnite.
 
Mais le roi paraît ne pas vouloir faire de concessions. Il a déclaré : "Il y a eu des offres au dialogue plusieurs fois, mais elles ont été...
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