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À La Une - Le Billet

La France et la partie de jambes en l’air

L'affiche censurée d'"Infidèles", le dernier film dans lequel joue Jean Dujardin.

A quoi sait-on que la fin du monde est proche ?

 

Au fait qu’un illuminé l’ait dit ?

 

Au fait qu’une série de prétendants à la tête de la première puissance mondiale tiennent, avec fierté, des propos que le bon sens réprouve, que l’intelligence exècre et que la décence condamne ?

 

Au fait que Vladimir Poutine a de bonnes chances de renquiller pour un troisième séjour au Kremlin ?

 

Au fait que des élus du peuple hésitent et tergiversent autour de la question de savoir si le viol entre époux est un crime ou non ?

 

A la découverte que les Maldives, grand Spa dédié au luxe, au calme, à la volupté et aux touristes fortunés, sont aussi un pays enclin aux crises politiques, à la violence et à l’anarchie ?

 

Au fait que des escargots géants africains, pouvant mesurer jusqu’à 20 cm de long, 10 cm de diamètre et pondant 1.200 œufs par an, attaquent Miami ?

 

Non, non, et encore non.

 

L’on sait que la fin du monde est proche, que nous sommes bientôt cuits, quand la France vire au puritanisme idiot.

 

Et quand sait-on que la France vire au puritanisme idiot ? Quand l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) demande le retrait des affiches d’"Infidèles", le dernier film de Jean Dujardin, mettant en scène les mésaventures de maris volages.

 

Que montrent-elles ces affiches? Elles montrent Jean Dujardin, le héros de "The Artist", l’œil faux-jeton, le sourire de travers et les deux mains tenant les chevilles d’une femme qu’on ne voit pas mais dont on comprend qu’elle est allongée face à lui les jambes écartées. Au dessus du visage de Dujardin, la mention : "Je rentre en réunion".

Une affiche humoristique, pour un film du même genre se moquant des maris infidèles.

 

D’où la réaction de l’ARPP, qui dénonce une affiche "clairement de nature à heurter, à choquer une partie du public … puisqu’elle propage une image de la femme portant atteinte à sa dignité et à la décence" et ordonne son retrait.

 

A partir de là, quelques questions s’imposent.

 

Dans quelle catégorie (humour, sexisme, ne sait pas), placerait-on la campagne de 2002 du fabricant de soutiens-gorge Barbara, à base d’affiches montrant une jeune femme à la fière poitrine avouant : "Mon banquier me préfère à découvert, allez comprendre" ?

 

 

De manière générale, dans quelle catégorie (humour, sexisme, ne sait pas), placerait-on ces clips montrant une brune au bord de l’orgasme pour vendre une barre de chocolat, une blonde nue pour vendre un jus de fruit, une rousse lascive pour vendre une bière… ?

 

Mais surtout, surtout, dans quelle catégorie (humour, sexisme, ne sait pas), placerait-on l’affiche publicitaire pour une crème fraîche semi épaisse répondant au doux nom de Babette, et dont le slogan, imprimé sur le tablier de cuisine d’une ménagère était : "Babette, je la lie, je la fouette, et parfois elle passe à la casserole"?

 

 

Et, question subsidiaire relative à ce qui "choque et heurte une partie du public", à "ce qui porte atteinte à la dignité et à la décence", dans quelle catégorie (humour, racisme, ne sait pas) placerait-on :

 

-les dernières déclarations de Claude Guéant, ministre français de l’Intérieur : "Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas".

 

-les propos de Nicolas Sarkozy, en 2007, à Dakar : "Le drame de l’Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. […] Le paysan africain […] ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès".

 

-les propos de Chantal Brunel, députée UMP, en mars 2011 : "Il faut rassurer les Français sur toutes les migrations de populations qui viendraient de la Méditerranée. Après tout remettons-les dans les bateaux.".

A quoi sait-on que la fin du monde est proche ?
 
Au fait qu’un illuminé l’ait dit ?
 
Au fait qu’une série de prétendants à la tête de la première puissance mondiale tiennent, avec fierté, des propos que le bon sens réprouve, que l’intelligence exècre et que la décence condamne ?
 
Au fait que Vladimir Poutine a de bonnes chances de renquiller pour un troisième séjour au Kremlin ?
 
Au fait que des élus du peuple hésitent et tergiversent autour de la question de savoir si le viol entre époux est un crime ou non ?
 
A la découverte que les Maldives, grand Spa dédié au luxe, au calme, à la volupté et aux touristes fortunés, sont aussi un pays enclin aux crises politiques, à la violence et à l’anarchie ?
 
Au fait que des escargots géants africains, pouvant mesurer jusqu’à 20 cm de long, 10 cm de...
commentaires (8)

Attirer en choquant devise toujours made in France ou sexe et racisme se confondent toujours . Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

08 h 24, le 10 février 2012

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Commentaires (8)

  • Attirer en choquant devise toujours made in France ou sexe et racisme se confondent toujours . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    08 h 24, le 10 février 2012

  • M. El Khoury a parfaitement raison, c'est pour éviter que la stupide pruderie américaine ne se venge en boudant The Artist aux Oscars. Par ailleurs Kamel, que les prix soient une arnaque, ok, mais le film est bon. L'histoire en soi n'a rien d'extraordinaire mais le rendu global est très réussi : belles images, un noir et blanc très bien valorisé, bons acteurs, bonne mise en scène et bon montage. Personnellement, ce qui m'a plu surtout c'est le clin d'oeil à tous ceux qui n'ont pas voulu adhérer à la révolution du parlant. C'est ce qu'a fait l'immense Chaplin au début des années 30, refusant de donner une voix à son personnage, misant sur le langage visuel que personne n'a jamais su exprimer mieux que lui. En 1931, alors que le parlant est déjà répandu, il fait City Lights (le chef-d'oeuvre absolu). En 1936, refusant toujours de céder totalement à la pression des studios, il sort Modern Times, autre merveille, qui annonce toutefois l'inévitable virage : bruitages inédits, et surtout la superbe scène de la fin ou le vagabond chante la fameuse Nonsense Song (Je Cherche Après Titine) dans le restaurant. Je ne sais pas si c'était voulu mais dans The Artist, la scène du rêve où l'on entend les bruitages évoque bien cette idée absolument géniale.

    Robert Malek

    07 h 23, le 10 février 2012

  • La raison de la censure n'a rien à voir avec les moeurs en France. Mais avec celles aux USA Il s'avère que Jean Dujardin a une grande voie qui lui est ouverte à Holllywood avec le film "the artist". Oscars et autres prix à venir. Donc l'agent de Dujardin, les maisons de production et toutes les équipes cinématographiques Françaises qui ont trouvé le remplaçant exportateur show biz (aux cocardes Bleu blanc rouge) de Maurice Chevallier( musique), Jean Gabin et Depardieu (films) aux USA...Ils n'ont pas voulu griller l'image de Dujardin aux USA la prude. Non les valeurs en France n'ont pas changé ( même si je trouve qu'elles devraient être plus prudes et revenant un peu plus aux valeurs de la france d'antan, qui était "fille de l'église' ( mais c'est mon avis) cependant, la censure n'a d'autre que des intérêts financiers et une carrière à exporter, dont les bénéficiaires sont nombreux. Non seulement Dujardin.

    Jean-Pierre EL KHOURY

    06 h 22, le 10 février 2012

  • Si mon avis peut compter, j'aime bien Dujardin et son epouse Alex Lamy, mais the Artist est un fiasco, j'ai pas pu rester jusqu'a la fin, ne me demandez pas comment ca finit. Tous les prix et autres c'est une grosse arnaque.

    Jaber Kamel

    06 h 22, le 10 février 2012

  • - - Les goûts et les couleurs comme les Valeurs , ne se discutent pas Malek , c'est pour ça que vous et moi , ne seront jamais , mais jamais d'accord .

    JABBOUR André

    05 h 58, le 10 février 2012

  • Même là Jabbour je ne suis pas d'accord avec vous : The Artist est un bon film.

    Robert Malek

    05 h 20, le 10 février 2012

  • Il a un faux air de Sean Connery dans Dr No. Et puis il ne regarde même pas au bon endroit !

    Robert Malek

    05 h 19, le 10 février 2012

  • - - Même si c'est Jean Dujardin , il est et il sera censuré à chaque fois qu'il franchira les limites des valeurs Chrétiennes de la France , que cela plaise ou pas à ce minuscule lobby de cinéastes , qui carburent aux frais du contribuables , grâce à l'exception Française du ministère de la Culture , qui leur permet d'exister et de faire des films , même si la plupart d'entre eux sont vulgaires et NULS ! Cette affiche est NULLE et une insulte à la femme " objet " comme elle est présentée , et n'est en aucun cas un exemple aux jeunes , qui sont déjà suffisamment perdus avec les nouvelles normes de cette nouvelle démocratie folle de notre temps , qui n'a plus de limites ni de respect pour l'homme et l'être humain . Non monsieur Dujardin , vous n'êtes pas Clark Gable , lui au moins avait du respect pour les femmes et savait se tenir à l'écran ! votre film The Atrtist et d'une nullité sans précédent .

    JABBOUR André

    04 h 09, le 10 février 2012

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