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Liban - La Situation

Congé maladie...

Quand un Premier ministre cherche à faire passer des échéances difficiles sans avoir à se tremper personnellement, il se fait porter malade, afin que ces échéances passent sans qu’il n’ait à en assumer la responsabilité.
Quand un parti souhaite que le gouvernement auquel il participe influe sur ces mêmes échéances, tout en sachant qu’il sera parfaitement incapable de le faire, il se fait porter malade aussi, afin que ces échéances passent sans qu’il n’ait l’air d’être incapable d’y modifier quoi que ce soit.
Quand un président de la Chambre, connu pour être toujours prêt à arrondir les angles les plus carrés, voudrait les voir cette fois-ci s’arrondir tout seuls, il se fait également porter malade, afin que les échéances passent sans que le premier n’en assume la responsabilité, que le second n’en subisse l’embarras et que lui-même n’y laisse des plumes.
Bref, tout le monde ou presque s’est fait porter malade. Comme s’il fallait disparaître, se terrer quelque temps, pendant que les choses importantes – et embarrassantes – se décident toutes seules.
Il y a quelques jours, le régime syrien a clairement donné le signal d’un changement de conception vis-à-vis de la politique officielle suivie jusqu’ici par le gouvernement libanais face à la crise en Syrie.
Au début, Damas paraissait ne pas avoir de problème avec la formule mise en œuvre par les dirigeants libanais, qui entendaient « tenir le Liban à l’écart » de ce qui se passe dans le pays voisin. Le régime de Bachar el-Assad se montrait d’autant plus bienveillant que cette formule était parfois appliquée de façon très élastique, dans le sens voulu par Damas, notamment par le très zélé ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour.
Mais il semble que cela n’est plus suffisant aujourd’hui aux yeux du régime syrien. Par la voix de son ambassadeur à Beyrouth, Ali Abdel Karim Ali, l’arroseur arrosé, fait savoir avec fermeté qu’il voudrait à présent que les autorités libanaises instaurent un contrôle implacable de la frontière entre les deux pays (ce qu’il a lui-même systématiquement refusé depuis des lustres) pour empêcher le trafic d’armes à partir du territoire libanais et le flux d’opposants syriens dans les deux sens. Il exigerait aussi que lui soit remises des listes des noms d’opposants se trouvant au Liban et peut-être même leurs personnes.
Serait-ce pour ne pas avoir à cautionner une telle infamie avec le sceau du Conseil des ministres que le gouvernement s’est pratiquement mis en congé ? Cela est probable, hélas, car il est à craindre que la politique officielle libanaise ne se contente plus désormais de « se tenir à l’écart » de ce qui se passe en Syrie, mais aussi de ce qui pourrait se passer au Liban en rapport avec la situation en Syrie.
D’autre part, il y a la question du renouvellement du protocole concernant le Tribunal spécial pour le Liban, qui vient à échéance à la fin du mois de février. On se souvient des péripéties qui avaient accompagné le dossier du financement du TSL et de la façon dont le lapin avait été tiré du chapeau à la dernière seconde.
Cette fois-ci, plus besoin de lapin. Le renouvellement se ferait tout seul et le gouvernement, placé sous anesthésie, n’aurait pas à intervenir dans un sens ou dans l’autre. Le Hezbollah, quant à lui, se contenterait de quelques remontrances en soliloque, histoire de ne pas mettre le Premier ministre dans l’embarras.
Cela n’a pas empêché hier le parti de Dieu de rappeler à M. Mikati qu’il devrait apprendre à composer avec son principal allié, le général Michel Aoun. C’est qui ressort des déclarations de Ghaleb Abou Zeinab, membre du bureau politique du Hezb, à la suite d’un entretien à Rabieh avec le chef du CPL.
« Les discussions doivent se poursuivre au sein du Conseil des ministres. Les personnalités qui ont pris la décision de paralyser (le Conseil des ministres) doivent en répondre », a lancé M. Abou Zeinab, ajoutant que son parti est « en toute occasion aux côtés de Aoun ».
Mais on peut dire que le responsable du Hezbollah a aussi donné l’impression de vouloir persuader le général de composer avec M. Mikati. « Il faut reprendre les séances du Conseil des ministres, mais sur des bases claires et sans équivoque », a-t-il souligné, paraissant rejoindre ainsi la position du Premier ministre.
Ce dernier, de son côté, s’est concerté avec le président de la Chambre, Nabih Berry. À l’issue de l’entretien, il a fait état des « hésitations » de M. Berry à se lancer pour l’instant dans une démarche conciliatrice.
Face à cette crise, on reparle dans certains milieux indépendants de l’éventualité d’un remplacement du cabinet en place par un gouvernement de « technocrates » – ou plutôt de figures peu politisées et acceptables pour tout le monde – que dirigerait encore M. Mikati jusqu’aux prochaines législatives.
Mais pour qu’une telle formule puisse voir le jour, il faudra venir à bout d’au moins deux des trois obstacles suivants : que le tandem Aoun-Hezbollah y soit favorable, que Saad Hariri pardonne à Nagib Mikati et, surtout, que le régime syrien ne soit plus en mesure de faire ce qu’il lui plaît au Liban.
Quand un Premier ministre cherche à faire passer des échéances difficiles sans avoir à se tremper personnellement, il se fait porter malade, afin que ces échéances passent sans qu’il n’ait à en assumer la responsabilité.Quand un parti souhaite que le gouvernement auquel il participe influe sur ces mêmes échéances, tout en sachant qu’il sera parfaitement incapable de le faire, il se fait porter malade aussi, afin que ces échéances passent sans qu’il n’ait l’air d’être incapable d’y modifier quoi que ce soit.Quand un président de la Chambre, connu pour être toujours prêt à arrondir les angles les plus carrés, voudrait les voir cette fois-ci s’arrondir tout seuls, il se fait également porter malade, afin que les échéances passent sans que le premier n’en assume la responsabilité, que le second...
commentaires (6)

La caporal des caporaux sert de paravent aux serviteurs des séides régionaux se classant lèche-bottes des serviteurs.

SAKR LEBNAN

06 h 42, le 07 février 2012

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Commentaires (6)

  • La caporal des caporaux sert de paravent aux serviteurs des séides régionaux se classant lèche-bottes des serviteurs.

    SAKR LEBNAN

    06 h 42, le 07 février 2012

  • Robert a raison...le Hezb se sert du CPL comme d'un bouclier...l'inverse n'est pas forcément vrai...toutefois,je reste pérsuadé qu'à un moment le Hezb,comme le CPL feront une conversion(au sens du vocabulaire du ski)...encore faudrait-il que le langage 14 se modifie un peu,et même beaucoup...nous ne pouvons pas nous payer le luxe d'invectives permanentes,de part et d'autre...l'ambassade américaine à Damas ferme ses portes...l'ambassadeur anglais est rappelé en consultation...les agités du bocal du Sud parlent de plus en plus d'attaque contre l'Iran(je les plains s'ils font çà)...et en Syrie ,la situation a dégéneré en guerre civile et confessionnelle...toutes bonnes raisons pour qu'au Liban,on serre les rangs...et je dois dire que le petit jeu du chat et de la souris auquel se livre notre PM me parît vraiment,mais alors vraiment,hors de propos!C'est le moment d'aller vers l'union nationale...çà urge!

    GEDEON Christian

    04 h 54, le 07 février 2012

  • Il est évident que le théâtre gouvernemental actuel, dont la bouffenerie est éclipsée par la gravité de l'heure, n'est pas exempt de dessous relatifs au mécontentement du Haut-Commissaire de la politique de "maintien du Liban à l'écart de ce qui se passe dans le pays voisin". L'excès de "zèle" à la Ligue arabe du ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour, plus prorégime syrien que l'ambassadeur représentant du régime syrien, ne suffit plus du tout. Il faut désormais que le "petit frère" (toujours bâtard malgré les apparences) "cautionne l'infamie" des tueries et des carnages, même des enfants, à Homs et partout ailleurs chez la grande soeur. Si la Russie et la Chine le faisaient et ont continué à le faire, comment le Liban peut-il s'en abstenir ? Un autre facteur de mécontentement de Damas et d'embarras pour ses "tandems" et ses autres "zélés" au Liban, qui se voient obligés de "laisser les angles s'arrondir tout seuls", est certainement la visite en France du président du Conseil des ministres. Qu'est-ce qu'il va faire, juste en ce moment, chez les autorités du pays très acharné à condamner ce que fait le régime baassiste avec son peuple ? Ne nous faisons pas d'illusions, ce régime syrien, comme il le fait depuis qu'il existe, sera toujours "en mesure de faire ce qui lui plaît au Liban".

    Halim Abou Chacra

    04 h 46, le 07 février 2012

  • - - Ramener la Syrie et son ambassadeur à toutes les sauces de nos problèmes intérieurs , c'est vouloir camoufler la vérité sur le fond du problème que nous avons , qui existe depuis tAEF . Les Chrétiens en général et les Maronites en particulier , par la voix de leur représentant GMA , n'accepterons plus de se faire traiter en conseil des ministres comme des marginaux et citoyens de seconde zone ! Personne n'a le droit de décider pour eux , que cela soit compris par tous , y compris et surtout , par les quelques récalcitrants de la communauté qui se sont laissé faire pendant toutes ces années , et qui se laissent encore faire par leurs alliés minoritaires ..

    JABBOUR André

    00 h 18, le 07 février 2012

  • Cette simple addition de grandeurs de même "ras niveau" ne craint rien tant que de voir ce pays redevenu Sain se mettre en Mouvement vers la Démocratie et la Liberté ! Et ne se sent pas de taille. C’est ainsi que sa grandiloquence en matière "résistante" apparaît dès lors insipide pour le Sain, et le motif invoqué pour la "lutte armée" ne semble plus qu'un prétexte hypocrite et désuet ! La tempête devient une tempête dans un verre d'eau et "leur résistance" une intrigue ! Même leurs "Malsains" ne comprennent plus comment ce "Conglomérat" puisse gaspiller son temps dans des cafouillages aussi mesquins et troubler leur tranquillité par d'aussi "misérables contradictions". Ces moyens "Simplets" sont ainsi déconcertés par une "stratégie" qui conclut la Paix au moment où tout le monde attend la Guerre, et qui engage la Guerre au moment où tout le monde attend la Paix ! En réalité, "ils" ne sont autre chose qu'une abdication de Laïcité et de Liberté. Ce n’est que l’affirmation de "leur foi" superstitieuse dans le Despotisme comme dernière amulette contre la Démocratie, et leur retour "minable à l’Assadisme". Retour qui ne leur rendrait même pas "le peu de prestige" qu'ils avaient perdu déjà, mais les reléguerait sûrement dans les oubliettes de l’Histoire ! Et ce n’est que la simple puissance du Calendrier et l'Aiguille des heures du Grand Timonier : le Tribunal ; qui sonnera le signal de leur Décomposition Totale et Finale !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    23 h 50, le 06 février 2012

  • Le Hezbollah joue avec le CPL. Et Aoun se fait mener en bateau par les Syriens d'une part, et le Hezbollah d'autre part. Il est de plus en plus efficace ce pauvre Aoun.

    Robert Malek

    19 h 19, le 06 février 2012

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