Samedi avant l'aube, un précédent pilonnage de cette ville rebelle avait fait plus de 230 morts, selon l'opposition syrienne qui avait dénoncé un "massacre". Les autorités syriennes avaient démenti toute implication et accusé des "groupes armés".
Les télévisions arabes al-Arabiya et Al-Jazira diffusaient lundi des images en direct de colonnes de fumée s'élevant au-dessus de Homs, surnommée "la capitale de la révolution", sur fond d'appels à la prière des mosquées et de bruits d'explosion.
"Au moins 12 civils sont tombés en martyrs et des dizaines ont été blessés par le bombardement des quartiers de Khaldiyé, Baba Amro, Inchaat et Bab Sbaa depuis l'aube", a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
"C'est le plus violent bombardement de Baba Amro depuis le début de la révolte en mars 2011", ont estimé de leur côté les Comités locaux de coordination (LCC), faisant état de bâtiments détruits. Samedi, le pilonnage meurtrier avait surtout visé Khaldiyé.
Il n'était pas possible de vérifier dans l'immédiat ces informations de sources indépendantes en raison des fortes restrictions imposées au déplacement des journalistes étrangers dans le pays.
"Baba Amro est la cible d'un bombardement violent aux roquettes et aux obus de mortier depuis tôt ce matin, et il y a eu un grand nombre de martyrs", a déclaré Omar Chaker, un militant de ce quartier joint par l'AFP à Beyrouth, alors que le bruit des bombardements retentissait clairement au téléphone.
"C'est la première fois que nous subissons une telle attaque", a-t-il ajouté, précisant que les militants tentaient de transporter les blessés dans les mosquées. Selon lui, les chars de l'armée ont pris position dans l'université de Homs et bombardent Baba Amro.
"Il n'y a pas d'abri ni d'endroit pour se cacher à Homs", a-t-il ajouté.
"Depuis l'aube, le quartier de Baba Amro est soumis à un pilonnage extrêmement violent. Un des hôpitaux de campagne a été touché, il y a eu plusieurs martyrs", a déclaré Mohammad al-Homsi, membre du conseil de commandement de la révolution syrienne, joint à Homs par Al-Jazira.
"Depuis deux heures environ, le bombardement s'est étendu aux autres quartiers", a-t-il ajouté.
"C'est un véritable massacre. Le quartier de Baba Amro mais aussi tous les quartiers du vieux Homs sont très violemment pilonnés aux obus. Le régime est hystérique, il veut infliger une punition collective au peuple", a déclaré sur Al-Jazira Omar Edelbi, membre du Conseil national syrien (CNS), joint à Beyrouth.
Homs est encerclée depuis des mois par les forces du régime, et régulièrement visée par des obus. Dimanche, ces bombardements avaient fait 23 morts civils.
Selon le CNS, principale coalition des courants de l'opposition syrienne, le régime a déployé encore plus de chars et de forces autour de Homs pour une "offensive de grande envergure".
Le CNS a appelé "la communauté internationale et les organisations internationales à agir rapidement pour empêcher un nouveau massacre dans cette ville sinistrée".
Ce nouveau bombardement survient au surlendemain d'un veto sino-russe à l'ONU contre une résolution condamnant la répression en Syrie et à la veille d'une visite du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à Damas.
Le veto sino-russe, le deuxième depuis le début de la révolte en Syrie il y a près de 11 mois, a provoqué l'indignation dans le monde arabe, en Occident et au sein de l'opposition syrienne.


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