Le Hezbollah est en vedette au Yémen, en Égypte, à Gaza, en Azerbaïdjan, et même en Amérique du Sud. Un activisme combatif, violent, tout au service du parrain iranien. Dans le fond, le parti de Dieu veut être doublement présent au sein du pouvoir. D’abord par sa représentation directe, l’un des buts étant de faire pièce au barrage, à l’interdit américain. On sait en effet que Washington, qui classe le Hezb comme formation terroriste, s’insurge contre sa cooptation par le Liban officiel. Ensuite, et surtout, par le truchement de ses partenaires de la majorité au pouvoir, qu’il domine des pieds et de la tête.
En remerciement de leur dévouement, le Hezb soutient à fond, en leur concédant de plus le gros de sa part, les revendications de ses alliés, dont le groupe que dirige le général Michel Aoun. Et comme le mouvement Amal n’en a pas de particulières, c’est donc le CPL et par ricochet les Marada ou le Tachnag qui bénéficient des attentions du Hezb.
Pour deux raisons complémentaires, indissociables. D’abord, parce qu’ils lui assurent une bonne couverture chrétienne. Ensuite, et surtout, parce qu’ainsi couvert, il peut plus facilement préserver son armement face aux pressions extérieures ou internes. De sorte qu’il parvient à contrer la légalité internationale qui lui ordonne, notamment à travers la 1701 ou la 1559, de désarmer. Cet arsenal en fait sur le plan régional le seul bras armé de l’axe syro-iranien, le Hamas tirant dernièrement son épingle du jeu. Il lui permet, au niveau local, d’imposer sa volonté quand bon lui semble. Et de contrer toute décision ne lui convenant pas, comme on l’a si bien vu à Beyrouth un certain 7 mai de sinistre mémoire.
Lors d’une précédente déclaration ministérielle, il devait être mentionné que le potentiel militaire du Hezbollah « reste dans le giron de l’État ». Mais, comme on sait, il s’y était opposé, pour rester totalement libre de ses mouvements. Il avait obtenu gain de cause. Et la seule allusion à sa force de frappe tenait dans ce parfait exemple de langue de bois : « Le Liban, son peuple, son armée et sa Résistance ont le droit de récupérer Chebaa, Kfarchouba et Ghajar, comme de faire face à toute agression par tous les moyens légitimes disponibles. » Les FL, les Kataëb et le si regretté Nassib Lahoud avaient fait consigner leurs réserves par rapport à cette formulation. On entend pire aujourd’hui, car des officiels se permettent d’avancer que l’armement du Hezbollah est une affaire qui ne regarde que les Libanais, manière de tourner le dos à la 1701.
En tout cas, le Hezbollah n’a pas besoin de ministres en propre pour contrôler le pouvoir par défaut, en neutralisant ses décisions, les présidents Sleiman et Mikati restant ciblés en premier.
Dictature
Encore plus, encore mieux, que le concours de blocage institutionnel de ses alliés, son armement lui permet d’imposer ses quatre volontés au 14 Mars. Sous la pesante menace d’un 7 mai bis, ou de pire encore. Tout comme il était parvenu, par son agression, à annuler le transfert du chef de la sécurité à l’AIB ainsi que les mesures concernant son réseau de télécommunications, il reste en mesure d’empêcher toute décision contraire à ses intérêts. D’autant plus facilement, il convient de le souligner, que, le cas échéant, même des figures qui se proclament autonomes, comme le leader du PSP, estiment préférable qu’on ne le contrarie pas trop sur ce point.
Le danger serait de voir le sens de la démocratie se dévoyer pour signifier dictature de la rue, synonyme de subversion. Un exemple de contamination : les partisans du député Sleimane Frangié avaient fermé une école publique à Zghorta parce que son nouveau directeur n’avait pas l’heur de leur plaire.
La nuisance de l’armement milicien ou occupant, remonte à loin. Il n’est que de rappeler comment des ministres libanais léchaient les bottes de Yasser Arafat, des seigneurs de guerre ou des Syriens pour quelques faveurs. Les gouvernements ne prenaient pas de mesures sans l’aval des décideurs du moment, et/ou des parties pouvant faire mal. Par exemple, sous Sarkis, ce qui restait de l’État, installé à l’Est, ne pouvait rien entreprendre sans l’aval des FL, à l’époque milice bien plus que parti.
Il va sans dire, enfin, que c’est l’armement du Hezbollah, bien plus que les députés ou ministres du 8 Mars qui a bloqué pendant six mois l’élection d’un nouveau chef de l’État, après le départ d’Émile Lahoud. Et permis la fermeture prolongée de la Chambre, ainsi que la spoliation du centre-ville par le squat des tentes. Presque seul à y voir clair, à redouter les effets d’un recours à la rue, à n’importe quelle rue, le patriarche Sfeir avait empêché les souverainistes de marcher sur Baabda pour en déloger Lahoud. Mû par la même crainte, il avait fortement déconseillé au 14 Mars d’élire un président à la moitié plus un. Mais son successeur ne pourrait sans doute rien faire le jour où, pour se libérer de l’emprise musclée du Hezbollah, d’autres parties se remettraient à s’armer. Comme lors de la guerre intestine.
En remerciement de leur dévouement, le Hezb soutient à fond, en leur concédant de plus le gros de sa part, les revendications de ses alliés, dont le groupe que dirige le général Michel Aoun. Et comme le...


- - @ Pierre Hadjigeorgiou - Je vous répond ICI sur une autre réaction plus bas qui concerne GMA , puisque la fenêtre réponse est fermée et remercie le modérateur de publier . Je vous cite ; Jabbour ne sortira que plus d'inepties et d'incorrections , juste pour l'histoire , et vous cite toujours , à l'époque du président Gémayel , c'était le président Tannous qui était le commandant en chef de l'armée et non pas Aoun , et vous rajoutez , I rest my case . Je me permet de vous rafraîchir la mémoire ICI cher monsieur pour vous dire qu'en juin 1984 , GMA devient Commandant des Forces armées Libanaises . puis en septembre 1988 , le président Amine Gémayel le désigne comme président du Conseil , donc président de la République par interim .. Or le général Ibrahim Tannous était bien le commandant des Forces armées Libanaises du 8 dec . 1982 au 22 juin 1984 . Merci de votre attention , je vous offre cette leçon d'histoire qui vous sera utile pour vos prochains débats ICI ou ailleurs . PS : Je resterai courtois et ne parlerait pas d' inepties ou d' incorrections comme vous l'avez fait injustement à mon égard .
10 h 34, le 03 février 2012