Avant d’entendre la déposition du magistrat, le tribunal a décidé de mener à son terme ce procès, en dépit d’une demande d’annulation soutenue à la fois par le parquet et par la défense qui mettent en cause la faiblesse de l’accusation. Assis sur le banc des accusés, le juge Garzon a tenté de justifier l’enquête qu’il a réalisée de 2006 à 2008 sur le sort de plus de 100 000 disparus, dénonçant des crimes « imprescriptibles ». Les familles de victimes, qui l’avaient saisi en 2006, décrivaient une série de faits, a-t-il déclaré, « disparitions, détentions illégales, assassinats », qui pouvaient être qualifiés « dans certains cas de crimes contre l’humanité, de génocide ». Il s’agissait, a-t-il ajouté, de « faits d’élimination systématique en vertu d’un plan conçu à l’avance », « de milliers et de milliers de personnes toujours portées disparues à ce jour ».
La campagne entreprise par ses partisans dénonce le « paradoxe » qu’il y a à voir jugé le magistrat qui a osé ouvrir le dossier des disparus de la guerre civile et de la dictature, un sujet qui reste tabou en Espagne 37 ans après le retour à la démocratie. Aux portes du tribunal suprême, environ 200 manifestants s’étaient réunis, criant qu’« il faut juger les crimes franquistes ».
Baltasar Garzon, poursuivi à la demande de deux associations d’extrême droite, est accusé d’avoir enfreint la loi d’amnistie votée en octobre 1977, deux ans après la mort de Francisco Franco, qui était censée imposer un pacte du silence sur les années noires de la guerre civile et de la dictature. Le dossier ouvert par Baltasar Garzon, mondialement connu pour avoir fait arrêter l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998 à Londres, lui a valu l’inimitié des milieux conservateurs qui l’accusaient de raviver de vieilles blessures.
Son procès doit se poursuivre aujourd’hui avec les premières auditions des 22 témoins représentant les familles de victimes.
(Source : AFP)


C'est une honte de vouloir couvrir des crimes en se permettant de voter des lois d’amnisties sans en demander la permission aux malheureuses familles des victimes. Ceci dit, tout pays, même le Liban, qui soit passé par une guerre civile se doit d'investiguer, juger, arrêter et ou amnistier, si nécessaire, mais toujours en disant la vérité a l’exemple de ce qu'a fait l'Afrique du Sud. Et bien sur cela se doit d’être appliqué et au vainqueur et au vaincu. Seulement alors les peuples meurtris retrouveront la paix. Comment donc lorsque l'on est abreuvé de ni vainqueur ni vaincu a longueur de journée!
07 h 03, le 01 février 2012