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Moyen Orient et Monde - Soudan

Juba accuse Khartoum d’armer des miliciens

Les tensions et violences entre les deux pays voisins ont fait des centaines de milliers de déplacés et la situation pourrait empirer, selon le PAM.

Près d’un demi-million de personnes pourraient s’ajouter aux centaines de milliers de réfugiés déjà présents dans les camps du Sud-Soudan. Ian Timberlake/AFP

Le Soudan du Sud a accusé hier le Soudan d’armer des « miliciens », après la mort de près de 80 personnes dans une attaque intertribale.
Selon le ministre sud-soudanais de l’Intérieur, des hommes armés de l’ethnie Nuer, venus de l’État d’Unité dans le nord du Soudan du Sud, ont en effet lancé un assaut ce week-end sur des zones Dinka dans la province voisine de Warrap. « Ils ont attaqué un campement de bétail », a indiqué Alison Monani Magaya. « Nous avons dénombré jusqu’à présent 79 corps et environ 72 blessés », a poursuivi le responsable, indiquant que les victimes étaient « principalement des femmes et des enfants ». « Le groupe de miliciens était armé par le gouvernement de Khartoum », a insisté le ministre, dont le pays est encore régulièrement le théâtre de violences interethniques et autres attaques de rebelles.
Le Soudan a vivement rejeté cette accusation, le porte-parole de l’armée assurant : « Nous n’avons aucun rapport avec cela. » « Nous ne soutenons aucune opposition armée au Soudan du Sud ou ailleurs », a-t-il ajouté.

Un point critique
De même, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a estimé dimanche que la crise entre le Soudan et le Soudan du Sud avait atteint « un point critique », devenant « une menace majeure pour la paix et la sécurité » régionales. « La communauté internationale doit agir et agir maintenant », a poursuivi M. Ban.
Avant leur séparation en juillet dernier, le Nord et le Sud du Soudan se sont livré des décennies de guerre civile. Les relations restent extrêmement tendues entre les deux capitales Juba et Khartoum, chacune accusant l’autre de soutenir des rebelles sur son sol. L’État d’Unité, producteur de pétrole, sert notamment de base à plusieurs groupes rebelles que Juba dit avoir été envoyés par Khartoum pour déstabiliser le Soudan du Sud.
Le Soudan et le Soudan du Sud sont aussi en conflit ouvert sur la démarcation de leur frontière commune et le partage des ressources pétrolières. Le Soudan du Sud détient les trois quarts des réserves de brut de l’ancien Soudan. Mais, pour l’exporter, il est contraint de passer par le Soudan et d’utiliser ses infrastructures, qui seules lui garantissent un accès à la mer. Or Juba et Khartoum ne parviennent pas à s’entendre sur le montant des frais de passage, ce qui a récemment provoqué une surenchère de mesures de rétorsion : le Nord a confisqué du brut pour se payer en nature, le Sud a en retour décidé de stopper sa production.
Altercations avec Khartoum, violences rebelles et claniques, retour massif de réfugiés du Nord... le tout jeune Soudan du Sud, l’un des pays les moins développés au monde, fait, selon l’ONU, face à des défis massifs. L’an dernier, selon des chiffres onusiens, plus de 350 000 Sud-Soudanais ont été contraints de fuir leur domicile en raison des violences. Toujours d’après l’ONU, le pays a aussi vu affluer depuis juin quelque 80 000 réfugiés fuyant des combats au Soudan, puisque des attaques qui ont fait des centaines de morts se sont produites récemment entre tribus rivales de l’État de Jonglei, dans l’est du Soudan du Sud.
Sur ce point, près d’un demi-million de personnes affamées pourraient fuir les violences au Soudan et se réfugier au Soudan du Sud, provoquant une crise humanitaire massive pour ce tout jeune État, a averti hier le Programme alimentaire mondial (PAM). Les agences humanitaires se préparent au pire, alors que les autorités de Khartoum bloquent les convois d’aide d’urgence dans les régions frontalières avec son voisin, a déclaré à Juba M. Ramiro Lopes da Silva, le directeur général adjoint du PAM.
(Source : AFP)
Le Soudan du Sud a accusé hier le Soudan d’armer des « miliciens », après la mort de près de 80 personnes dans une attaque intertribale.Selon le ministre sud-soudanais de l’Intérieur, des hommes armés de l’ethnie Nuer, venus de l’État d’Unité dans le nord du Soudan du Sud, ont en effet lancé un assaut ce week-end sur des zones Dinka dans la province voisine de Warrap. « Ils ont attaqué un campement de bétail », a indiqué Alison Monani Magaya. « Nous avons dénombré jusqu’à présent 79 corps et environ 72 blessés », a poursuivi le responsable, indiquant que les victimes étaient « principalement des femmes et des enfants ». « Le groupe de miliciens était armé par le gouvernement de Khartoum », a insisté le ministre, dont le pays est encore régulièrement le théâtre de violences...
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