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À La Une - Révolte

Assad a choisi "l'option de l'escalade", dénonce la Ligue arabe

La mission des observateurs suspendue ; le régime syrien se dit déterminé à "nettoyer" le pays des "hors-la-loi"

"La victoire est proche", peut-on lire sur cette affiche brandie lors d'une manifestation anti-Assad à Karnaz. YouTube/

La mission d'observation de la Ligue arabe en Syrie a été suspendue samedi en raison de la recrudescence des violences contre les civils, a annoncé le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, dans un communiqué. Cette décision "a été prise après une série de consultations avec les ministres arabes des Affaires étrangères", a-t-il ajouté. Le président Bachar al-Assad a "choisi l'option de l'escalade", a dénoncé M. Arabi.

 

Les autorités syriennes ont dit "regretter" cette décision, jugeant qu'elle visait à "augmenter les pressions en vue d'une intervention étrangère dans les affaires syriennes", selon l'agence officielle Sana.

 

Le chef de la mission d'observation de la Ligue arabe, le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, avait déploré vendredi une augmentation "importante" des violences depuis mardi, en particulier à Homs et Hama (centre) et à Idleb (nord-ouest).

"La situation actuelle, en terme de violences, n'aide pas à préparer une atmosphère (... permettant) d'obtenir que toutes les parties viennent s'asseoir à la table des négociations", principal objectif du plan arabe de sortie de crise, avait-il ajouté.

 

Depuis mardi, les violences ont fait au moins 210 morts, dont 142 civils, selon des chiffres compilés par l'AFP à partir d'informations officielles et de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

 

Les observateurs de la Ligue arabe ont été déployés depuis le 26 décembre pour surveiller l'application d'un plan de sortie de crise prévoyant l'arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait des chars des villes et la libre circulation des médias étrangers. Mais aucune de ces clauses n'a été mise en oeuvre par Damas.

 

Trente-quatre personnes ont été tuées samedi dans le pays, dont 23 militaires. Sept soldats ont été tués près de Damas dans une attaque contre un bus de l'armée par un "groupe terroriste armé", selon Sana.

Dans le centre du pays, des affrontements entre l'armée et des déserteurs ont fait huit morts: cinq militaires tués à Houla et trois déserteurs morts à Rastane, a déclaré à l'AFP le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

"Les habitants essaient d'aider les déserteurs à se frayer un chemin en dehors de Rastane vers les positions de l'Armée syrienne libre (ASL, armée dissidente), a déclaré à l'AFP par téléphone un habitant de Rastane, soulignant que la ville était encerclée par les forces du régime.

 

Dans la région de Ghouta, à moins de 10 km de la capitale, de violents affrontements entre déserteurs et militaires ont fait 17 morts: 11 soldats et six civils, selon l'OSDH. Cinq déserteurs et des dizaines de civils ont été blessés.

Deux autres civils ont péri dans les provinces de Deraa (sud) et Deir Ezzor (est), selon l'OSDH.

 

"Les forces de sécurité sont déterminées à aller de l'avant pour rétablir l'ordre et la sécurité, et nettoyer le territoire des hors-la-loi (...) qui tuent des citoyens innocents", a menacé le ministre syrien de l'Intérieur Mohammad Ibrahim al-Chaar, cité par Sana. "La Syrie restera forte face aux complots des Etats-Unis, d'Israël et de leurs alliés", a-t-il ajouté.

 

Les autorités, qui ne reconnaissent pas l'ampleur de la révolte, utilisaient jusqu'à présent le terme de "bandes terroristes armées" pour désigner les auteurs des violences en Syrie, où plus de 5.000 personnes ont été tuées depuis le début de la révolte contre le régime en mars 2011.

 

Sur le plan diplomatique, Paris, Londres, Berlin et plusieurs pays arabes ont présenté vendredi au Conseil de sécurité un projet de résolution qui reprend les grandes lignes du plan annoncé il y a une semaine par la Ligue arabe. Ce plan prévoit un transfert du pouvoir du président Assad à son vice-président. La résolution exige également "que le gouvernement syrien mette immédiatement un terme à toutes les attaques et violations des droits de l'Homme" contre sa population civile.

Mais la Russie s'est opposée à ce texte: "J'ai dit clairement que la Russie ne considérait pas ce projet de texte comme une base d'accord", a déclaré l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine. "Cela ne veut pas dire que nous refusons de discuter". "Nous avons indiqué quelles étaient nos lignes rouges", a-t-il expliqué en citant l'opposition de Moscou à "toute indication de sanctions (..) et à l'imposition d'un quelconque embargo sur les armes" vers la Syrie.

 

Des experts doivent se réunir lundi pour préciser les points d'achoppement avent des négociations de fond prévues mercredi. Entre-temps, des responsables de la Ligue arabe, dont M. Arabi, doivent exposer mardi les détails du plan arabe au Conseil de sécurité.

 

L'ambassadeur français Gérard Araud a dit "espérer un accord sur une résolution à la fin de la semaine prochaine". En octobre, la Russie et la Chine avaient mis leur veto à un précédent texte condamnant la répression.

 

Dans ce contexte, le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la plupart des courants de l'opposition, "a décidé de se rendre demain (dimanche) devant le Conseil de sécurité, sous la direction de Bourhan Ghalioun, pour présenter l'affaire syrienne (...) et exiger une protection internationale pour les civils", a déclaré Samir Neshar, membre du comité exécutif du CNS.

Il a aussi condamné la "participation" de l'Iran à la répression et appelé Téhéran à cesser de soutenir Damas.

M. Neshar a appelé à cet égard à des manifestations dimanche devant les ambassades syriennes et russes à travers le monde ainsi que les représentations de l'ONU.

 

La mission d'observation de la Ligue arabe en Syrie a été suspendue samedi en raison de la recrudescence des violences contre les civils, a annoncé le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, dans un communiqué. Cette décision "a été prise après une série de consultations avec les ministres arabes des Affaires étrangères", a-t-il ajouté. Le président Bachar al-Assad a "choisi l'option de l'escalade", a dénoncé M. Arabi.
 
Les autorités syriennes ont dit "regretter" cette décision, jugeant qu'elle visait à "augmenter les pressions en vue d'une intervention étrangère dans les affaires syriennes", selon l'agence officielle Sana.
 
Le chef de la mission d'observation de la Ligue arabe, le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, avait déploré vendredi une augmentation "importante" des...
commentaires (5)

- - Puisque le titre de l'article a changé et parle d'escalade ! J'espère de tout coeur que les " arabes " ou ce qui en reste ! auront les bonnes chaussures aux pieds , pour pouvoir escalader cette montagne qui , à mon humble avis , est un peu trop haute pour eux , eux qui ne sont pas habitués à se chausser , ni escalader , ni aux hauteurs , puisqu'ils n'ont que du désert et du sable ! sable qu'ils devront bientôt exporter aussi , pour pouvoir faire face à leurs obligations financières qui dépassent leurs revenus pétrolières !! Bachar , tu as déjà gagné .

JABBOUR André

04 h 05, le 29 janvier 2012

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Commentaires (5)

  • - - Puisque le titre de l'article a changé et parle d'escalade ! J'espère de tout coeur que les " arabes " ou ce qui en reste ! auront les bonnes chaussures aux pieds , pour pouvoir escalader cette montagne qui , à mon humble avis , est un peu trop haute pour eux , eux qui ne sont pas habitués à se chausser , ni escalader , ni aux hauteurs , puisqu'ils n'ont que du désert et du sable ! sable qu'ils devront bientôt exporter aussi , pour pouvoir faire face à leurs obligations financières qui dépassent leurs revenus pétrolières !! Bachar , tu as déjà gagné .

    JABBOUR André

    04 h 05, le 29 janvier 2012

  • Historique de "l'initiatvie arabe" devant les tueries en Syrie à partir de mars 2010. 1-Quelques mois en silence. Suivent deux mois de bavardage. Le ministre des Affaires étrangères du Liban, c'est à dire de Syrie, Adnane Mansour, comme le ministre titulaire Walid el-Moallem, assure à ses collègues arabes qu'il n'y a rien dans les villes syriennes. 2-Les bains de sang continuent. La ligue arabe, embarrassée, décide d'envoyer des "observateurs" pour "voir ce qui se passe" ! 3-Le régime syrien tergiverse durant quinze jours et n'accepte ces observateurs que sur injonction de la Russie, qui craint que l'entêtement de son protégé (qui lui protège ses intérêts en Syrie) l'embarrasse au Conseil de sécurité. 4-Les observateurs arrivent. Pendant un mois ils "observent" que le régime tue "seulement" 450-500 personnes. 5-Le régime, lui, voit que rien n'y fait et le soulèvement ne fait que s'amplifier. Il opte alors pour une "solution sécuritaire" finale, soit de "nettoyer le territoire des hors-la-loi". "Le peuple veut ça", dit Walid el-Moallem. Alors en 48 heures 200 personnes sont tués. 6-La Ligue arabe se désespère. Elle décide d'aller à l'ONU. Le régime syrien "regrette" de ne plus être "observé" et Walid el-Moallem dit "que la Ligue peut aller même à la Lune". On en est là, et la folie continue.

    Halim Abou Chacra

    03 h 32, le 29 janvier 2012

  • Les russes qui voient toujours Rouge. Bizarre vraiment Nazira.A.Sabbagha

    Sabbagha A. Nazira

    07 h 43, le 28 janvier 2012

  • Le véto russe ? rien de nouveau, les cendres encore fumantes du massacre de Jenine en Palestine usurpée n'ont pas empêché les us d'opposer le leur.Ils disaient aussi que c'était une ligne rouge à l'époque.

    Jaber Kamel

    03 h 53, le 28 janvier 2012

  • - - Ca ne vous rappelle pas les projets de résolutions sur Israël qui se heurtaient toujours aux " lignes rouges " ou Veto US !? C'est-ce qu'on appelle ; the Game of Nations ..

    JABBOUR André

    03 h 32, le 28 janvier 2012

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