En ce début du troisième millénaire (sans entrer dans les détails de la guerre de la Palestine, des traités et des dates de l’époque contemporaine, ni citer non plus les villes et les monts qu’Israël a occupés après la guerre de juin 1967), je voudrais rappeler que cette Ville sainte, et certaines autres localités de ses environs comme Saint-Jean-d’Acre (Akka), ont été marquées comme faisant partie du « patrimoine de l’héritage mondial de l’humanité » par l’Unesco. La portée universelle et sacrée de Jérusalem rend toute guerre autour de ses murs un presque sacrilège.
Le problème de la survivance de l’État hébreu par la force demeure le pivot central de toute politique régionale. Par son attitude négative, ce pays continue de favoriser la résistance et d’alimenter la rancœur des générations montantes arabes. À la violation des droits du peuple palestinien est venue s’ajouter la guerre froide entre l’Iran et Israël, qui semble reléguer à l’arrière-plan les accords établis entre ce dernier et certains pays arabes.
Qu’en est-il de la Résistance ?
Quel est l’avenir des pays du Moyen-Orient ? L’expansionnisme de l’Iran sera-t-il la cause d’une troisième guerre mondiale ? Toutes les réponses et les justifications évoquées pour cet état de chose mettent en cause l’implication d’Israël. Toutes les raisons données convergent vers un seul point. La cause palestinienne, c’est-à-dire l’occupation d’une grande partie de ce pays par l’État hébreu, le blocus de la bande de Gaza, les colonies dans les territoires occupés, qui violent la IVe convention de Genève, soit la résolution 446 du Conseil de sécurité. Il est donc inutile pour les puissances étrangères de vouloir éliminer les conséquences de ces actes sans éliminer les actes eux-mêmes. Toutes ces infractions d’Israël ont été couronnées par la dernière en date : la construction d’une « barrière de séparation », surnommée aussi « mur de la honte » par les Israéliens eux-mêmes, et jugée illégale par les Nations unies. En construisant ce mur long de 700 kilomètres, le Premier ministre Netanyahu sépare 50 000 habitants de la Cisjordanie et isole encore plus son peuple de son environnement géographique.
À l’aube de cette grande aventure révolutionnaire surnommée « le printemps arabe », qui a favorisé la chute des dictateurs, les élections en Libye, Égypte, et Tunisie ont ouvert les vannes à un courant islamiste sûrement pas aussi favorable à Israël que les gouvernements précédents. À la lumière de ces événements, la politique des petits pas n’est plus de mise. Le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens n’aboutit nulle part sinon au chaos. Il est temps pour Israël de réagir, car la balle est dans son camp. Il est temps pour le peuple d’Israël de s’intégrer dans son environnement géopolitique pour garantir la paix à sa descendance. Il lui faudra revendiquer auprès de ses dirigeants cette paix et les conditions pour l’atteindre. Suspendre le blocus imposé aux Palestiniens dans la bande de Gaza, arrêter les violations maritimes et aériennes, opposer un désir de paix à toutes les provocations de quelque côté qu’elles viennent (Hamas, Iran, intégristes), de quelque religion que soient leurs auteurs, pour infirmer le concept de la guerre.
En un deuxième temps, et pour garantir sa propre survivance dans un environnement hostile, Israël devra : travailler à en faire partie, plutôt que de s’y opposer, en retournant aux limites territoriales d’avant 1967. Franchir le pas qui marquera l’histoire : déclarer Jérusalem ville ouverte aux trois religions monothéistes.
L’esplanade des Mosquées, le dôme du Rocher, la mosquée al-Aqsa, le Saint-Sépulcre, le mont des Oliviers, etc., autant de lieux sacrés et de sites de pèlerinage pour tout le Moyen-Orient. Autant de raisons pour les Israéliens de tendre la branche d’olivier et de se souvenir des prix Nobel de la paix qui n’auront pas eu d´écho : Yitzhak Rabin (assassiné en 1994), Shimon Peres, Yasser Arafat. De plus en plus, le peuple juif est poussé par son Premier ministre vers l’isolationnisme, alors qu’avec une politique convaincante d’ouverture, vers la paix, ils auront tout à gagner : les échanges avec les Arabes, le commerce, le tourisme, etc., et surtout le fait d’éviter à la région une guerre qui pourra la détruire pour de longues années.
Molly SELWAN

