Une atmosphère d'unité, un an après le début de la révolution, place Tahrir. Khaled Desouki/
Des dizaines de milliers d'Egyptiens - islamistes, libéraux, partisans de gauche et citoyens ordinaires - sont revenus mercredi place Tahrir, au Caire, pour le premier anniversaire du début de la révolte historique contre le président Moubarak.
Les manifestants brandissaient des banderoles festives ou militantes, reflétant leurs désaccords sur ce que cette journée devait symboliser.
Les Frères musulmans, qui dominent l'assemblée récemment élue, étaient présents pour célébrer une révolte qui leur a permis de sortir de la semi-clandestinité et obtenir un triomphe dans les urnes.
Mais les mouvements pro-démocratie, moteurs de la révolte, ont affirmé venir pour poursuivre leur révolution inachevée et demander le départ du Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige l'Egypte le départ de M. Moubarak. "Nous irons à Tahrir pour faire avancer les objectifs de la révolution quoi qu'il advienne", affirmait Hala Rashad, 46 ans, cuisinière dans un restaurant.
"Célébration du premier anniversaire", pouvait-on lire sur une énorme banderole sur la place, où des "comités populaires" fouillaient les gens se rendant au rassemblement. "Chute du pouvoir militaire", disait une autre.
"Qui saisira l'âme de la révolution?" titrait l'hebdomadaire francophone al-Ahram Hebdo.
Symbole des dissonances de cette journée, une fanfare militaire jouait des hymnes patriotiques, tandis qu'un peu plus loin des manifestants scandaient "à bas le pouvoir militaire!".
L'opposant Mohamed ElBaradei, une des figures de proue de la contestation début 2011, qui s'est retiré récemment de la course à la présidence en estimant que les conditions démocratiques n'étaient pas réunies, devait se rendre place Tahrir dans la journée.
Des manifestations étaient également prévues dans d'autres villes, notamment Alexandrie (nord), ou encore Suez et Ismailiya, en bordure du canal.

Des dizaines de milliers d'Egyptiens se sont
rassemblés au Caire. Mahmud Hams/AFP
Le pouvoir militaire de son côté a annoncé amnisties, parades militaires et feux d'artifice pour célébrer cet anniversaire, et redorer une image écornée après une année à la tête du pays.
L'Egypte a connu ces derniers mois des élections législatives saluées comme les plus démocratiques depuis la chute de la monarchie en 1952, mais aussi des flambées de violence et une grave crise économique.
Mardi, le CSFA a annoncé la fin partielle de la loi très décriée sur l'état d'urgence, en vigueur depuis 30 ans. Mais cette législation restrictive pour les libertés publiques et les droits des détenus, est maintenue pour lutter contre la "violence" commise par des "voyous", une définition vague qui fait redouter qu'elle ne continue d'être appliquée pour toutes sortes de motifs.
L'organisation Human Rights Watch (HRW) a estimé que cette levée partielle, entrée en vigueur mercredi, était une "invitation à la poursuite des mauvais traitements".
Les forces de sécurité ont indiqué qu'elles se tenaient en état d'alerte en cas de "tentative de sabotage" des célébrations.
Le ministère de l'Intérieur a toutefois affirmé qu'il n'y aurait aucune présence policière sur le lieu du rassemblement, et que les forces de l'ordre se concentreraient sur la protection des bâtiments publics.
"Il ne s'agit pas d'une véritable levée de l'état d'urgence", a déploré Essam Sultan, député du parti islamiste modéré Wasat. "La loi sur le sujet parle de lever complètement ou d'appliquer complètement l'état d'urgence", a-t-il souligné.
Les Etats-Unis ont salué pour leur part les "étapes importantes" franchies par l'Egypte cette semaine en vue de "sa transition vers la démocratie." "Si de nombreux défis restent à relever, l'Egypte a parcouru un long chemin au cours de l'année dernière et nous espérons que tous les Egyptiens fêteront cet anniversaire dans l'esprit de paix et d'unité qui a prévalu en janvier 2011", indique la Maison blanche dans un communiqué publié mardi soir.
L'armée a gracié cette semaine quelque 2.000 personnes condamnées par des tribunaux militaires depuis la chute d'Hosni Moubarak, dont l'opposant Michael Nabil.
D'après un groupe de pression crée après la révolte, "No to Military Trials" ("Non aux tribunaux militaires"), la justice militaire a traité pas moins de 12.000 affaires depuis février. Selon cette ONG, les condamnations ont été le plus souvent rendues à huis clos en l'absence d'avocats de la défense.
Répondant à l'une des principales revendications des manifestants, le président de la nouvelle Assemblée, Saad el Katatni, a annoncé mardi que le parlement allait mener sa propre enquête sur les violences de la révolution. Au lendemain de sa séance inaugurale, les élus qui appartiennent pour un peu plus des deux tiers à des partis islamistes, ont débattu des moyens de rendre justice aux 800 morts du soulèvement.
"M. le président, cela fait un an, où est le verdict? La justice tardive, c'est de l'oppression", a lancé Akram al Chaïr, l'un des nombreux élus qui ont pris la parole pour demander justice. "L'Assemblée va mettre sur pied une commission d'enquête à l'issue de ces discussions", a répondu le président de l'Assemblée et secrétaire général du parti des Frères musulmans.
Le ministère public a requis début janvier la peine de mort contre Hosni Moubarak, poursuivi pour sa responsabilité présumée dans la mort de 850 manifestants tués lors du soulèvement populaire.
Les manifestants brandissaient des banderoles festives ou militantes, reflétant leurs désaccords sur ce que cette journée devait symboliser.
Les Frères musulmans, qui dominent l'assemblée récemment élue, étaient présents pour célébrer une révolte qui leur a permis de sortir de la semi-clandestinité et obtenir un triomphe dans les urnes.
Mais les mouvements pro-démocratie, moteurs de la révolte, ont affirmé venir pour poursuivre leur révolution inachevée et demander le départ du Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige l'Egypte le départ de M. Moubarak....


Et dire que ce sont les Egyptiens qui ont inventé la bière...eh oui!Quelle tristesse que tout çà!
09 h 17, le 26 janvier 2012