Dans un communiqué, M. Chehayeb déclare : « Il est bizarre, ce régime syrien qui rejette toute initiative pour stopper l’effusion du sang sous prétexte de souveraineté et s’oppose à l’initiative arabe, car elle constitue selon lui une ingérence dans ses affaires intérieures. Il est vraiment bizarre, ce régime qui, dans le même temps, s’autorise à s’ingérer dans les affaires libanaises. Il viole la souveraineté du Liban et tue à Ersal et à Wadi Khaled, tandis que ses voyous se livrent à la piraterie en mer comme sur terre. »
« Et au nom des relations privilégiées, l’ambassadeur de ce régime se permet de donner des leçons aux responsables libanais, réclamant l’équité, l’équilibre, le courage et la justice, ajoute M. Chehayeb. Ces propos, l’ambassadeur syrien les a tenus à sa sortie du domicile de (l’ancien Premier ministre) Sélim Hoss, après avoir reproché au chef du gouvernement libanais (Nagib Mikati) d’avoir accepté que le Liban abrite une conférence internationale sur la réforme et la démocratie », souligne-t-il.
Et de poursuivre : « Il est bizarre, ce régime syrien. Il s’ingère, il lance des accusations, il viole la souveraineté comme si l’ère de la tutelle n’était pas révolue, comme s’il ne savait pas que ses troupes sont sorties, ou plutôt qu’elles ont été sorties du Liban en 2005. »
« Mais de quel courage parle-t-il donc ? Son régime a-t-il été courageux en décidant de faire face au refus par son peuple de la prison, de la répression et de l’humiliation? A-t-il été équilibré et juste lorsqu’il a prétendu que Maher Hamad (l’adolescent libanais tué par les gardes-frontières syriens) est mort accidentellement, alors qu’en réalité, ce sont les balles haineuses des services de sécurité du régime qui l’ont tué ? » s’interroge le député.
« Il est bizarre, ce régime, poursuit M. Chehayeb. La neutralité libanaise, il la refuse. Même la décision du gouvernement de “rester à l’écart” est refusée et c’est avec la mentalité du tuteur qu’il réclame “l’équité, l’équilibre, le courage et la justice”. C’est avec cette mentalité-là que l’ambassadeur syrien se comporte comme s’il était chez lui et que ses sbires font de même. C’est ainsi qu’ils enlèvent courageusement ceux qui osent dire non au régime du refus. Et à ce propos, il faudrait demander à monsieur l’ambassadeur : qu’est-il advenu de l’affaire des Syriens kidnappés au Liban, et à leur tête le militant arabe Chebli Ayssami ? »
« Il est vraiment bizarre, ce régime qui rompt avec son peuple, avec les Arabes et avec le monde. Et qui se montre hostile à l’égard du peuple du Liban parce qu’il a équitablement, courageusement et de façon équilibrée et juste fourni un abri à ses frères syriens contraints par la machine de mort de fuir leur pays », ajoute encore M. Chehayeb.
« Du cœur des ruines que l’injustice sème, l’héroïque peuple syrien finira par vaincre ses oppresseurs », conclut le député joumblattiste.

