Rechercher
Rechercher

Liban - Le Commentaire

Peut-être une force internationale en Syrie...

Le Liban, exposé à la contagion, suit évidemment de très près les développements en Syrie. L’offre de l’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, d’envoyer une force de dissuasion arabe a été aussitôt rejetée par le régime Assad. Qui prétend qu’il faut une solution politique et non militaire. Ajoutant que rien ne garantirait la sécurité d’une force arabe face aux visées des subversifs. Le compliment pouvant du reste lui être retourné, après ce qui est arrivé au journaliste français...
Mais une porte s’ouvre. Et selon des sources diplomatiques informées, l’idée se transformerait en force internationale, ce que Damas ne pourrait pas rejeter. Car il s’agirait, comme de bien entendu, d’une décision du Conseil de sécurité de l’ONU. Et, de plus, la Russie, qui soutient Assad encore plus que la Chine, fournirait elle-même un contingent. Aux côtés, autre assurance, de l’Iran ainsi que de la Turquie.
En tout cas, il faudrait faire le plus vite possible. Car la situation ne cesse d’empirer et risque de tourner sous peu à la guerre civile. Avec des retombées sectaires dans plus d’un pays de la région. Chez nous en premier, comme en Irak.
La mission d’observateurs de la Ligue arabe fait manifestement chou blanc. Elle est loin de remplir son contrat-protocole qui est de mettre un terme aux violences, de veiller au retrait de l’armée syrienne dans ses casernes, de faire libérer les détenus politiques syriens. Nombre d’observateurs ont rendu leur tablier, en avouant l’échec. Et les autres ne sont pas loin de se voir accuser de n’être que de faux témoins, qui auraient eux-mêmes besoin de surveillance.
Même constat de déconfiture sur le plan politique, toujours du côté de la Ligue. Il est ainsi presque certain que la proposition de l’émir du Qatar ne bénéficierait pas d’un vote majoritaire en Conseil. Une première raison : les circonstances actuelles n’ont rien à voir avec celles qui prévalaient lorsqu’il avait été décidé de former une force de dissuasion arabe pour le Liban. Et, tout d’abord, c’est notre pays lui-même, contrairement à la Syrie des temps présents, qui avait sollicité une telle intervention, lors d’une réunion à Riyad. Il avait été décidé que la Syrie fournirait le gros des troupes, et d’ailleurs elle est finalement restée seule sur le terrain. Cela avec le feu vert des États-Unis, car Damas devait renvoyer les Palestiniens de Arafat, expédiés en Tunisie. L’enjeu d’aujourd’hui est fondamentalement différent. Moins régional, en apparence, du moins pour le moment.
Car il y a peu de doutes, répétons-le, qu’une guerre civile en Syrie n’ait des effets graves ailleurs. Des analystes mettent même en garde contre un danger de dislocation généralisée, à la seule satisfaction d’Israël, qui n’aurait plus de bloc arabe à craindre. Il y aurait ainsi une kyrielle de mini-États sectaires ou ethniques. Par exemple, un pour les alaouites, un pour les sunnites, un pour les chiites en Syrie. Un pour les chiites, un pour les sunnites, un pour les Kurdes en Irak. Un pour les chiites, un pour les sunnites (les résidents palestiniens) en Jordanie. Un pour les sunnites, un pour les chiites, un pour les chrétiens, un pour les druzes, au Liban. Il ne faut pas oublier, non plus, que les puits de pétrole du Golfe seraient menacés, ainsi que le détroit d’Ormuz, capital pour les States.
Mais peut-on vraiment craindre une guerre civile en Syrie ? Un spécialiste en voit la menace se préciser avec la récente mise sur pied d’un Conseil militaire supérieur par l’Armée syrienne libre en révolte contre le régime. Cette instance a élu ses quartiers en Turquie. Avec l’aide de cette puissance, et des Arabes, elle se fixe pour objectif de circonvenir des milliers de soldats syriens encore dociles pour qu’ils fassent dissidence à leur tour. Afin de précipiter la chute du régime et du système Baas. Cela avec le concours des forces civiles de l’opposition, internes ou réfugiées à l’étranger, qui ont d’ailleurs tendance à se regrouper. La perspective se centrant autour de la création d’une zone d’isolement sur le territoire syrien, à l’instar de ce qui s’était fait en Libye à partir de Benghazi.
Le Liban, exposé à la contagion, suit évidemment de très près les développements en Syrie. L’offre de l’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, d’envoyer une force de dissuasion arabe a été aussitôt rejetée par le régime Assad. Qui prétend qu’il faut une solution politique et non militaire. Ajoutant que rien ne garantirait la sécurité d’une force arabe face aux visées des subversifs. Le compliment pouvant du reste lui être retourné, après ce qui est arrivé au journaliste français...Mais une porte s’ouvre. Et selon des sources diplomatiques informées, l’idée se transformerait en force internationale, ce que Damas ne pourrait pas rejeter. Car il s’agirait, comme de bien entendu, d’une décision du Conseil de sécurité de l’ONU. Et, de plus, la Russie, qui soutient Assad encore plus que...
commentaires (4)

M. El Khoury, personne ne doute de la barbarie que nous avons subie depuis 1975, qu'elle soit palestinienne, syrienne ou israélienne. Mais la barbarie la plus inacceptable est celle de l'intérieur et avant de blâmer les autres (même s'ils le méritent plus que largement), regardons-nous bien dans les yeux, entre Libanais, et admettons que nous sommes les premiers responsables de notre sort. Alors si nous voulons nous faire justice, prouvons-nous de l'intérieur que nous sommes capables de redresser notre situation en disant merde aux autres. Et je suis persuadé que nous pouvons le faire. Je partage totalement votre rancoeur envers le régime syrien, nous connaissons par coeur la liste de leurs crimes, voilà pourquoi je critique ouvertement tous ceux qui appuient toujours le régime de Damas et qui ne savent pas se détacher de cette influence diabolique (là je ne parle que de la Syrie parce que c'est le sujet). Vous voulez que le peuple syrien, endoctriné et manipulé comme dans tout pays totalitaire, subisse les horreurs d'une guerre civile juste parce que nous avons souffert ? Moi je souhaite que le véreux Bachar soit jugé pour crimes contre l'humanité et qu'il épargne son peuple d'un bain de sang. Mais bon, comme vous dites, nul n'est parfait.

Robert Malek

10 h 22, le 25 janvier 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • M. El Khoury, personne ne doute de la barbarie que nous avons subie depuis 1975, qu'elle soit palestinienne, syrienne ou israélienne. Mais la barbarie la plus inacceptable est celle de l'intérieur et avant de blâmer les autres (même s'ils le méritent plus que largement), regardons-nous bien dans les yeux, entre Libanais, et admettons que nous sommes les premiers responsables de notre sort. Alors si nous voulons nous faire justice, prouvons-nous de l'intérieur que nous sommes capables de redresser notre situation en disant merde aux autres. Et je suis persuadé que nous pouvons le faire. Je partage totalement votre rancoeur envers le régime syrien, nous connaissons par coeur la liste de leurs crimes, voilà pourquoi je critique ouvertement tous ceux qui appuient toujours le régime de Damas et qui ne savent pas se détacher de cette influence diabolique (là je ne parle que de la Syrie parce que c'est le sujet). Vous voulez que le peuple syrien, endoctriné et manipulé comme dans tout pays totalitaire, subisse les horreurs d'une guerre civile juste parce que nous avons souffert ? Moi je souhaite que le véreux Bachar soit jugé pour crimes contre l'humanité et qu'il épargne son peuple d'un bain de sang. Mais bon, comme vous dites, nul n'est parfait.

    Robert Malek

    10 h 22, le 25 janvier 2012

  • M Malek, Depuis 1975-76 à ce jour, pas une nuit ne passe sans avoir prié la Vierge qu'elle nous rende justice. Sans avoir rêvé que les rôles soient inversés un jour. Qu'elle rende justice à toutes ces personnes assassinées par le régime Baas (que ce soit Hafez ou Bachar) Les journalistes connus assassinées comme les journalistes " salim el laouzé, riad taha et tous les autres que je ne pourrai pas citer faute de place. Toutes les personalités assassinées et revendiquées par eux (directement ou indirectement) comme bachir gemayel ( le PSNS inféodé au Baas l'a revendiqué), cheikh soubhi, cheikh hassan khaled assassinés par les SR syriens... Toutes les personnes anonymes, villageois ou citadens qui ont subi les affres et tortures des moukhabarat. Ces libanais qui durant plus de 30 années ont subi les kidnappings, bombardement et tout ce que vous connaissez. Qu'ils soient chrétiens ou musulmans. Tous les libanais ont subi le régime syrien, non seulement les chrétiens. Rien qu'en pensant à ceci : Je ne me contenterai pas du tout qu'ils nous fichent la paix mais que la paix fiche le camp de leur pays et que leurs milices et armées s'entretuent pour au moins 15 ans. Nous enverrons à ce moment notre armée Libanaise accomplir la même besogne qu'ils ont accompli durant leur occupation chez nous. Oui, c'est un rêve? je sais. rêve Non humain et non chrétien ? Oui je sais. Mais qui a dit que j'étais "parfait"?

    jean-Pierre EL KHOURY

    07 h 35, le 25 janvier 2012

  • M. Saleh, disons que le souhait d'une grande majorité de Libanais est qu'il y ait un changement de régime en Syrie. Même si nous avons subi toutes les horreurs du monde à cause de tel et de tel, il ne sert à rien d'être rancunier et de souhaiter aux autres les malheurs que nous avons connus. Que le peuple syrien puisse s'exprimer librement sur son avenir, comme l'ont fait d'autres populations arabes ces derniers mois, et qu'il en assume les résultats, ça ne nous regarde pas. C'est ce que je souhaite personnellement, et surtout que la Syrie et les autres nous foutent la paix. Mais la grande question est de savoir si nos dirigeants, actuels ou futurs, sauront se prendre seuls en main.

    Robert Malek

    05 h 18, le 25 janvier 2012

  • Le rêve libanais. Que le régime syrien subisse ce qu'il nous a fait subir pendant quarante longues années. Tout régime qui s'écroule entraîne avec lui ses petits valets qui se croyaient de grands résistants. Et ses petits généraux utopiques et rêveurs. Mais nous sommes prêts à accueillir les brebis égarées dans le giron de l'Etat libanais nouveau.

    Saleh Issal

    01 h 17, le 25 janvier 2012

Retour en haut