Au cœur du conflit, le Liban-Nord, la frontière libano-syrienne et la région de Ersal, ainsi que l’armée libanaise et les moujahidine d’el-Qaëda, dont certains nient la présence alors que de plus en plus d’informations circulent à leur sujet. Selon des ONG implantées au Nord, notamment au Akkar, cette région est devenue une véritable poudrière où la moindre étincelle pourrait provoquer un incendie. De plus en plus d’opposants syriens auraient installé leurs familles à Tripoli pour assurer leur sécurité et s’activeraient à partir de la frontière, à travers les points de passage clandestins, alors que l’armée a une présence symbolique sur place et n’a surtout pas de couverture politique pour agir plus efficacement. Les incidents se multiplient d’ailleurs et l’affaire des pêcheurs n’est que le dernier épisode en date... qui donne en tout cas une idée de l’état d’esprit général qui règne dans le coin.
Même situation dans la région de Ersal, où une mission des services de renseignements de l’armée destinée à capturer un homme faisant l’objet de plusieurs mandats d’arrêt a provoqué une violente polémique entre les deux camps politiques rivaux. Celle-ci a failli ébranler la cohésion gouvernementale en mettant en cause le ministre de la Défense. Le dossier s’est terminé en queue de poisson à la suite d’une convocation du même ministre devant la commission parlementaire de la Défense. Mais le contentieux réel demeure, puisque la personne recherchée a pu s’enfuir et les habitants de la localité ont protesté contre les agissements de l’armée. Une manière déguisée de lui faire comprendre qu’elle ne peut pas agir dans cette zone frontalière avec la Syrie, où les passages clandestins sont légion.
En toile de fond de ces incidents, les rumeurs se précisent au sujet d’un plan visant à créer la fameuse zone tampon avec la Syrie à la frontière libanaise après l’échec des tentatives de la créer aux frontières jordaniennes puis turques. Tantôt il s’agit de créer un camp pour les réfugiés syriens au Nord, tantôt on parle de réhabiliter l’aéroport de Kleïate, près de la frontière syrienne. Officiellement, il s’agit de rendre fonctionnels d’autres aéroports sous prétexte qu’il n’est pas normal qu’un pays comme le Liban n’en ait qu’un seul et devienne ainsi pratiquement coupé du reste du monde sur le plan aérien si pour une raison ou une autre l’Aéroport international de Beyrouth était bloqué. La logique se tient, mais le timing et la localisation de l’aéroport de Kleïate alimentent le climat général de suspicion, comme si l’objectif caché de cette réhabilitation était, selon des sources proches de Damas, de permettre aux opposants syriens de recevoir des aides militaires par voie aérienne.
Ce paysage inquiétant est complété par la volonté déclarée de la Jamaa islamiya (proche des Frères musulmans) de relancer son bras armé, officiellement pour participer à la résistance contre Israël. Les responsables de la Jamaa ont beau déclarer que cette décision a été prise depuis un moment, il n’en reste pas moins qu’elle coïncide avec le regain d’influence des Frères musulmans dans l’ensemble du monde arabe. De plus, elle pose un problème supplémentaire à l’intérieur libanais au moment où le camp du 14 Mars réclame avec insistance le désarmement du Hezbollah, et que le chef de l’État tente désespérément de réunir les différents protagonistes libanais autour d’une table de dialogue pour l’adoption d’une stratégie de défense nationale. Théoriquement, il n’y a pas de raison de refuser à la Jamaa islamiya de participer à la résistance contre Israël, mais est-il possible de laisser chaque groupe se doter de sa propre structure militaire, alors que la tension entre sunnites et chiites ne cesse de monter dans la région, et en particulier au Liban ? Le député de la Jamaa Imad el-Hout a déclaré dans un entretien télévisé à la LBC que la Jamaa n’a jamais participé à la guerre civile libanaise et que ses armes sont destinées à combattre Israël. Mais cette affirmation ne peut suffire à rassurer les Libanais, d’autant que ces éléments mis côte à côte dessinent un tableau de plus en plus inquiétant.
Dans un tel contexte, les propos du ministre turc des Affaires étrangères sur la nécessité d’éviter que le Liban paie pour les développements en Syrie prennent une autre dimension. Le gouvernement tente bien d’adopter une certaine neutralité, mais les critiques pleuvent de tous les côtés. Et si, comme les éléments actuels l’indiquent, la crise syrienne est appelée à se prolonger, le Liban parviendra-t-il à tenir sans s’enliser dans ce conflit ? Il faudrait pour cela un sursaut national, loin des considérations politiques...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Désarroi...c'est le mot qui convient ) propos de cet article,qui analyse fort bien les faits....,in contestables;mais oublie d'en analyser les cause,me semble-t-il.Bien sûr que personne sauf les parties prenantes,n'est content de voir s'insataller au Liban de manière durable et prégnate les alafistes et leurs milices...çà va de soi.En même temps,le justification de cette installation est toute trouvée dans la minmise du hezbollah sur partiquement tout le pays,à quelques enclaves près...non?ET çà,notre chère Scarlett se garde bien de l'évoquer...le passage le plus comique de son article restant quand même celui où elle évoque "les passages clandestins"...fais ce que je te dis,ne fais pas ce que je fais,en quelque sorte....la vérité est que l'arrogance du hezb ou d'une partie du hezb,ne pouvait mener à autre chose...les nouveaux venus appliquent sans vergogne le principe du pourquoi eux et pas nous...l'autre vérité de tout çà est que le Liban vraiment juste libanais est en train de se réduire à une peau de chagrin...Vous avez dit chagrin???comme si on n'en avait pas assez eu de chagrin,comme çà!Notre classe politique est...je ne trouve pas les mots!Mais elle est...vraiment!
08 h 38, le 24 janvier 2012