Dans le cas d’un léger tremblement de terre, le pont de Jal el-Dib et des centaines d’immeubles vétustes risquent de subir le même sort. Nous comprenons les propriétaires des immeubles à loyers anciens qui hésitent à investir dans des appartements dont la rentabilité est faible, mais certains loyers étaient de 350 dollars par mois, ce qui est une moyenne acceptable. Le mot lancé par le propriétaire à certains locataires installés depuis longtemps est plutôt provocant, car cela prouve qu’il connaissait l’état décrépit de son immeuble, et
qu’il espérait peut-être cet effondrement.
Laissons à la justice le soin de juger, et attendons cette nouvelle loi sur les loyers qui permettra aux propriétaires d’effectuer d’importants travaux de réparation, et au locataire de recevoir une indemnité convenable qui lui permettrait de se payer un appartement à un montant qui serait peut-être dix fois supérieur à son loyer actuel.
Il faudrait réviser la loi actuelle et trouver un modus vivendi à cette situation difficile. L’augmentation excessive des loyers actuels dépasse très souvent les moyens de plus de 50 % de la population libanaise.
Il faudrait peut-être étudier le rapport investissement/profit pour savoir imposer aux propriétaires exigeants des loyers qui ne devraient pas dépasser 10 % de la rentabilité du capital investi. Il y va de l’intérêt de la classe moyenne libanaise, dont les jeunes à revenus limités préfèrent choisir un pays d’émigration, afin de pouvoir éviter de payer des loyers exorbitants qui seraient au-dessus de leurs moyens. Une formule de compromis pourrait être envisagée spécialement pour les jeunes couples.
Notre pays se décompose jour après jour et la vie devient, pour une grande partie de la population, difficile. Seul un gouvernement responsable est à même de trouver une solution à ce grand problème des loyers. Messieurs les responsables, oubliez vos querelles politiques, tributaires souvent de conflits moyen-orientaux, et pensez exclusivement Liban. La majorité vous le demande.

