« Maintenant est venu le moment critique de la bataille finale », a ainsi déclaré le ministre des Finances grec Evangélos Vénizélos hier soir aux députés, alors que les plus hauts responsables du gouvernement se préparaient à recevoir les créanciers privés de l’État grec pour un nouveau round de négociations crucial pour le pays et l’avenir de la zone euro.
Auparavant, le Premier ministre grec, Lucas Papadémos, un ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), a longuement rencontré les chefs des trois partis représentés dans la coalition gouvernementale, pour leur demander leur soutien face à la double équation à mille inconnues qu’Athènes tente de résoudre. La Grèce, menacée de défaut de paiement en mars, mène de front une double négociation internationale contre la montre.
Elle tente avec l’aide de la zone euro d’assurer sa survie financière en allégeant le poids de sa créance auprès des banques et bailleurs de fonds privés, et sa survie budgétaire et économique, en négociant avec la troïka de ses créanciers institutionnels UE-FMI-BCE le versement d’un deuxième prêt dont le principe a été décidé fin octobre à Bruxelles. Sans accord avec ses créanciers privés et publics, le pays ne pourra pas rembourser 14,4 milliards d’obligations arrivant à échéance le 20 mars, ce qui constituerait un défaut de paiement désordonné du pays, dont les effets menacent l’ensemble de la zone euro et au-delà.
Côté créanciers privés (banques, fonds d’investissements, hedge funds, assureurs), Athènes cherche à les convaincre d’accepter volontairement de réduire de 100 milliards d’euros le montant de la créance qui ne sera pas remboursée. Rappelons que vendredi dernier, les discussions avaient buté sur un désaccord entre les parties sur le taux d’intérêt que devra verser la Grèce sur les nouvelles obligations qui seront émises.
Les autorités grecques n’ont cessé de réaffirmer leur optimisme, jugeant mercredi soir qu’un accord était possible « avant la fin de la semaine ». Hier soir, un « optimisme réservé » était de mise, selon une source proche des négociations.
Néanmoins, les détails sur le taux d’intérêt et la maturité des nouvelles obligations, ainsi que l’ampleur exacte des pertes que devront supporter les banques, continuaient de faire l’objet de toutes les spéculations. En cas d’accord avec les banques, ce matin, le gouvernement doit démarrer les discussions avec la troïka pour la convaincre de débloquer l’aide de 130 milliards d’euros promise en octobre par les Européens.
Le conseil d’administration du FMI a tout juste donné son autorisation mercredi soir pour l’ouverture de discussions sur ce sujet, a indiqué M. Vénizélos qui doit rencontrer les chefs de mission de la troïka tôt ce matin.
(Source : AFP)

