Dans une interview à l’agence Reuters, le leader druze a indiqué qu’à chaque regain de violence, « les risques de division augmentent entre la majorité sunnite et la minorité alaouite, à laquelle le président syrien appartient », répercutant des rumeurs d’assassinats confessionnels à Homs, l’épicentre pluricommunautaire de la révolte.
« Depuis le début de la crise, Assad a ignoré et balayé d’un revers de la main des demandes américaines, chinoises et russes, et même celles provenant de son ex-allié, le Premier ministre turc Erdogan, convergeant toutes vers le même but : désamorcer la mèche par l’application rapide de réformes politiques. Au lieu de cela, Assad a évoqué un complot ourdi contre la Syrie et essayé de dynamiter l’intifada populaire par la force », a encore relevé M. Joumblatt, rappelant un lien « politique et familial très profond » entre le président syrien et le Premier ministre turc. « Mais il n’écoute personne », a-t-il martelé.
Interrogé sur l’initiative arabe, Walid Joumblatt a jugé qu’elle reste « le seul espoir. Mais l’avenir est très sombre, à moins d’un miracle », a-t-il dit : « La situation est éreintante. »
Par ailleurs, il a demandé à ce que le Liban soit écarté et isolé de la crise syrienne, les Libanais « devant s’entendre entre eux, surtout les leaders sunnites et chiites ». Critiquant le refus de Saad Hariri de dialoguer tant que le Hezbollah n’a pas remis ses armes à l’État comme l’avaient fait les autres factions armées après 1990, il a qualifié cette position de stérile.
Enfin, il a rappelé avoir demandé aux druzes de Syrie de ne pas participer à la campagne de répression menée par le régime de Damas contre les opposants, précisant qu’au moins cent druzes, soldats ou forces de l’ordre, ont été tués lors de ces émeutes. « Mais que pouvaient-ils faire, et leur ai-je demandé de déserter ? Non. Qu’ils restent chez eux, s’ils le peuvent », a-t-il conclu.


Assad devrait écouter Jabbour qui répète inlassablement "Bachar, tu as gagné !". Il en serait le premier étonné.
08 h 45, le 19 janvier 2012