L’accident d’un avion d’Ethiopian Airlines qui s’est écrasé en 2010 au large du Liban, coûtant la vie à 90 personnes, est dû à des erreurs de pilotage, selon le rapport final de l’enquête, dont la compagnie éthiopienne a toutefois rejeté les conclusions. Le ministre des Travaux publics et des Transports Ghazi Aridi a tenu une conférence de presse hier au Centre de sécurité aérienne à l’AIB, pour présenter le rapport à la presse, en présence notamment du représentant du Liban au sein de la commission d’enquête internationale chargée du dossier, le pilote Mohammad Aziz.
« Ce qui est clair, c’est qu’il y a eu des erreurs de la part du pilote et du copilote qui portent l’entière responsabilité de l’accident de l’avion », a indiqué hier à l’AFP le ministre Aridi.
« L’avion ne présentait aucune faille et les enregistrements (des échanges) entre la tour de contrôle et l’appareil ne faisaient état d’aucun problème », a-t-il poursuivi.
Selon le rapport officiel de 191 pages, le pilote était vraisemblablement épuisé au moment où le Boeing 737-800 s’est écrasé en Méditerranée quelques minutes après le décollage de l’aéroport de Beyrouth, tuant 82 passagers et huit membres de l’équipage. Il ne pilotait ce type d’avion que depuis 51 jours, avec un minimum de repos, et ne connaissait pas bien l’aéroport de Beyrouth. « L’importante charge de travail et le niveau de stress ont probablement provoqué chez le pilote une perte de conscience de la situation (qui l’a empêché) d’agir de manière adéquate », poursuit le rapport. « Les causes probables de l’accident sont le mauvais contrôle de l’avion, de la vitesse, de l’altitude (...) par le commandement de bord qui a de ce fait perdu le contrôle de l’appareil », selon le texte du rapport. Autre erreur, celle du pilotage automatique.
« Le commandant de bord a été entendu dire en amharique (langue officielle en Éthiopie) “OK, engagez l’autopilote”. Or les données (...) ne montrent aucun engagement d’autopilote » durant les cinq minutes qui ont précédé le crash.
Le vol ET-409 Beyrouth/Addis-Abeba, qui avait décollé en pleine tempête, est la pire catastrophe aérienne éthiopienne.
La tour de contrôle à l’aéroport de Beyrouth n’a cessé de donner des instructions au commandant d’aller dans une direction déterminée, mais celles-ci n’ont pas été suivies et l’appareil a disparu des écrans radar et s’est écrasé en mer cinq minutes après le décollage.
L’équipage s’était également plaint d’avoir pris un repas lourd, ce qui aurait troublé son sommeil avant le vol.
La version de la compagnie éthiopienne
Ethiopian Airlines a immédiatement rejeté ces accusations affirmant qu’un sabotage, la foudre ou des tirs pouvaient être à l’origine du crash.
« L’avion s’est désintégré en vol à cause d’une explosion, qui aurait pu être provoquée soit par des tirs, soit par un acte de sabotage, soit par la foudre », a estimé le vice-président des opérations de vol de la compagnie, Desta Zeru, dans un communiqué. Selon lui, un rapport d’enquête réalisé par Ethiopian Airlines révèle, sur la base de témoins visuels, qu’une explosion s’est produite dans le ciel juste avant que l’appareil ne tombe dans la mer, signe, selon la compagnie, « d’un dommage extérieur ». Le rapport libanais « est partial, il omet des faits, (il rajoute) des hypothèses », a poursuivi le responsable.
Cette thèse du sabotage a été totalement écartée par les enquêteurs libanais. « Aucun signe d’incendie ou d’explosion n’a été repéré sur les débris de l’appareil », selon le rapport.
De plus, d’après le ministre Aridi, les résultats de l’enquête libanaise recoupent ceux des enquêtes française (Bureau d’enquêtes et d’analyses, BEA) et américaine.
« Ce qui est clair, c’est qu’il y a eu des erreurs de la part du pilote et du copilote qui portent l’entière responsabilité de l’accident de l’avion », a indiqué hier à l’AFP le ministre Aridi.
« L’avion ne...

