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Nos lecteurs ont la parole

Anecdote et aberrations « à la libanaise »

Par Thierry LEVY-TADJINE
Beyrouth est connue pour ses difficultés de stationnement...
Ce mercredi, devant me rendre à l’école de mon fils pour un rendez-vous avec son institutrice et ne trouvant de place dans le quartier, je m’oriente vers le parking privé qui jouxte l’école. Il est vide (à 10 heures 45 du matin). Et pourtant le gérant imbécile me dit qu’il n’y a pas de places (même pour une heure trente, le temps de l’entretien et d’une visite chez le coiffeur) car il réserve la trentaine de places disponibles pour les abonnés (pour la plupart, des étudiants de la Lebanese American University jouxtant aussi le parking – il est vrai que je ne suis qu’un modeste professeur de l’Université Saint-Joseph et de l’Université libanaise...). Je continue donc ma route en quête de places de stationnement sur la voirie et je finis par trouver place dans une rue à horodateurs. La ville de Beyrouth a, en effet, intelligemment développé le système des parcmètres pour réguler le stationnement, sauf qu’il subsiste une double aberration.
Les automates de paiement n’acceptent que les pièces de 250 ou 500 livres libanaises, alors que la coupure la plus fréquente en vertu des transactions est le billet de 1 000 livres libanaises. De fait, n’ayant pas de pièces, je ne peux honorer mon paiement, et n’écrivant pas l’arabe, je prends le soin d’inscrire en français et en anglais ce regret de n’avoir pu m’affranchir de ma dette faute de l’intelligence de la ville de Beyrouth. C’est comme si, à New York, on installait des distributeurs de sodas ou de chips réservés uniquement aux centimes de dollars sans prévoir les paiements par billets de 1 dollar... À titre de contre-illustration, les machines à café de l’Université Saint-Joseph, rue Huvelin, prévoient des paiements en pièces ou en billets de 1 000 livres libanaises). C’est donc la première aberration du système de la ville de Beyrouth.
Cela dit, faute de posséder des pièces et de pouvoir honorer mon stationnement, je me suis donc mis en faute et j’ai pu découvrir une deuxième aberration. En retrouvant mon véhicule stationné sur une aire théoriquement payante, j’ai constaté qu’on m’avait (logiquement) verbalisé pour 10 000 livres libanaises, ce que je ne pourrais contester malgré mon message explicatif et ce qui précède s’il n’y avait une suite paradoxale. Le paradoxe, c’est que les deux voitures derrière moi, stationnées illicitement sur des places où le stationnement n’est pas autorisé (et donc non payant mais interdit) et présentes avant mon arrivée, n’étaient, pour leur part, pas verbalisées. Pour moi, cette aberration est la plus grave des deux et incombe à une mauvaise gestion de la voirie. Des agents privés (et non publics tels des policiers, comme il est d’usage en France par exemple) supervisent les stationnements sur zones gérées par horodateurs en tolérant de fait les stationnements anarchiques hors de ces zones. Il y a donc, de ce fait, deux poids et deux mesures et un encouragement fort au stationnement anarchique.

Thierry LEVY-TADJINE
Français résidant au Liban et professeur à l’USJ
Beyrouth est connue pour ses difficultés de stationnement...Ce mercredi, devant me rendre à l’école de mon fils pour un rendez-vous avec son institutrice et ne trouvant de place dans le quartier, je m’oriente vers le parking privé qui jouxte l’école. Il est vide (à 10 heures 45 du matin). Et pourtant le gérant imbécile me dit qu’il n’y a pas de places (même pour une heure trente, le temps de l’entretien et d’une visite chez le coiffeur) car il réserve la trentaine de places disponibles pour les abonnés (pour la plupart, des étudiants de la Lebanese American University jouxtant aussi le parking – il est vrai que je ne suis qu’un modeste professeur de l’Université Saint-Joseph et de l’Université libanaise...). Je continue donc ma route en quête de places de stationnement sur la voirie et je finis par...
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